L’Université marocaine Al Akhawayn pilote une initiative africaine d’IA responsable pour la santé mentale des étudiants
L’Université Al Akhawayn d’Ifrane, au Maroc, a accueilli les 3 et 4 novembre un atelier panafricain sur le soutien à la santé mentale des étudiants. Le projet combine accompagnement humain et un outil d’IA sans diagnostic.

Au Maroc, l’Université Al Akhawayn à Ifrane (AUI) a accueilli les 3 et 4 novembre un atelier panafricain consacré à la mise en place d’écosystèmes inclusifs de soutien à la santé mentale des étudiants. Ces écosystèmes reposent sur une intelligence artificielle (IA) responsable et un accompagnement humain. L’atelier s’inscrit dans le réseau « African Engineering and Technology Network » (AFRETEC).
Un projet pilote au sein du réseau AFRETEC
L’initiative, intitulée « Building Inclusive, AI-Enabled Mental Health Support Ecosystems in African Universities », relève du pilier Inclusion d’AFRETEC. Al Akhawayn est la première université d’Afrique du Nord membre du réseau et l’institution cheffe de file de ce projet pilote.
Dans un communiqué, l’AUI indique que le projet vise à développer un modèle de soutien au bien-être et à la santé mentale des étudiants. Ce modèle combine des dispositifs d’accompagnement humain et un outil d’IA conçu par l’AUI en collaboration avec AFRETEC. Il est destiné à être adapté et déployé dans d’autres campus africains.
Des universités de sept pays réunies
Les travaux ont réuni des coordinateurs du réseau, des responsables universitaires, des spécialistes des affaires étudiantes, de l’inclusion et du soutien entre pairs, ainsi que des experts en IA et en données. Ils représentaient notamment :
- l’Université du Witwatersrand (Afrique du Sud) ;
- l’American University in Cairo (Égypte) ;
- l’Université de Nairobi (Kenya) ;
- l’Université Agostinho Neto (Angola) ;
- l’Université Cheikh Anta Diop (Sénégal) ;
- l’Université de Lagos (Nigeria) ;
- l’Université du Rwanda.
Les échanges ont porté sur la stigmatisation de la santé mentale, l’accès limité aux ressources d’accompagnement et les besoins des étudiants sous-représentés ou en situation de vulnérabilité. Les participants ont élaboré une feuille de route autour d’un écosystème de soutien qui relie les dimensions académique, sociale, physique et numérique, ainsi que l’orientation vers des professionnels de santé.
Le modèle repose sur la confidentialité, la supervision humaine, l’accessibilité, des procédures d’orientation clairement définies et une collecte de données limitée au strict nécessaire. Il intègre le multilinguisme, l’accessibilité pour les personnes en situation de handicap, la sensibilité culturelle et les contraintes de connectivité, avec des solutions adaptées aux connexions limitées ou hors ligne.
Un outil d’IA sous supervision humaine
L’outil développé par Al Akhawayn est conçu pour faciliter l’accès des étudiants aux services appropriés, favoriser un premier contact et fournir des informations utiles. Il ne se substitue pas aux professionnels de santé, ne pose aucun diagnostic et fonctionne sous supervision humaine. Testé et évalué par les universités partenaires, il a permis d’étendre la démarche, initialement développée à l’AUI, à l’ensemble du réseau AFRETEC. Au sein de l’université, le projet est piloté avec l’appui de l’Office of Academic Research (OAR).
Les prochaines étapes
Elles prévoient :
- la cartographie des parcours d’accès aux services de soutien ;
- le renforcement de la Wellness Room comme porte d’entrée d’un dispositif élargi ;
- la formation des enseignants, des personnels et des étudiants engagés dans le soutien entre pairs ;
- l’amélioration de l’outil d’IA, avec une supervision humaine renforcée et des protocoles de crise clairement définis.
Un suivi de l’accès et de l’orientation des étudiants sera mis en place, sans logique de surveillance, avant le déploiement complet du dispositif, qui sera testé auprès des étudiants et des membres du personnel.
L’AUI et AFRETEC
Cette initiative s’inscrit dans la philosophie éducative d’Al Akhawayn, fondée sur le modèle des « liberal arts ». Fondée en 1993, l’université est publique, autonome et à but non lucratif. Elle dispense un enseignement en anglais, accueille 39 nationalités sur son campus et compte plus de 400 universités partenaires dans le monde. Elle est la première université africaine accréditée par la commission américaine NECHE. AFRETEC est un réseau panafricain d’universités technologiques qui promeut une transformation numérique inclusive du continent.



