
En France, l’ancien Premier ministre Dominique de Villepin a assuré mardi 3 novembre qu’il sera bien candidat à l’élection présidentielle de 2027, malgré des sondages défavorables. Il a appelé à « être patient » avant l’annonce officielle de sa déclaration.
« Je vous rassure, soyez patient »
Dominique de Villepin, 72 ans, homme de droite et ancien ministre des Affaires étrangères de Jacques Chirac, qui incarna le « non » français à la guerre en Irak en 2003, a déclaré : « Je ne pense pas qu’au milieu d’une situation de colère générale dans notre pays, ajouter une candidature apporte quelque chose. Mais, je vous rassure, soyez patient (…) Il n’y en a pas (de doutes) en ce qui me concerne. »
La France est secouée depuis plusieurs semaines par des manifestations massives contre la vie chère et des protestations de lycéens et d’étudiants. Ce mouvement a donné lieu à des heurts entre manifestants et forces de l’ordre, ainsi qu’à des pillages de commerces. Le premier tour de l’élection présidentielle aura lieu le 18 avril 2027, et le second le 2 mai.
Un candidat de fait, à 3 % dans les sondages
En campagne de fait depuis plusieurs mois, Dominique de Villepin plafonne pour l’heure à 3 % des intentions de vote. Il a plaidé : « Aujourd’hui, nous avons deux extrêmes qui écrasent l’ensemble du débat. Quant aux autres candidats, ceux qui sont sur l’espace du bloc central ne cessent de descendre. Donc il faut bien des voix alternatives. »
Il a exclu toute alliance avec « les grandes figures aujourd’hui du bloc central qui sont des héritiers du macronisme ». Malgré une popularité désormais plus forte à gauche qu’à droite, il a aussi écarté tout rapprochement avec Jean-Luc Mélenchon (gauche radicale).
Édouard Philippe en difficulté
Ces déclarations interviennent alors qu’Édouard Philippe, candidat de droite le mieux placé face à Marine Le Pen (extrême droite), en tête des sondages, peine à faire décoller sa campagne. L’ancien Premier ministre d’Emmanuel Macron « n’est pas tout à fait capable de se qualifier au second tour », a admis mardi le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, qui le soutient. Dans un sondage Cluster 17 publié le 26 octobre, Édouard Philippe est donné troisième, derrière Jean-Luc Mélenchon, le mieux placé pour se qualifier au second tour avec Marine Le Pen.
Des critiques sur ses activités à l’étranger
Les détracteurs de Dominique de Villepin lui reprochent ses activités et conférences lucratives à l’étranger depuis deux décennies, notamment en Chine. Il a réfuté tout conflit d’intérêts, comme dans l’affaire des statuettes reçues lorsqu’il était ministre des Affaires étrangères, qu’il a depuis données au Quai d’Orsay. En 2012, il avait renoncé après avoir échoué à obtenir les 500 parrainages d’élus locaux nécessaires pour candidater.



