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Le Sénat algérien approuve l’envoi d’une unité de l’armée au Niger

L’Assemblée populaire nationale doit à son tour se prononcer. Le président Abdelmadjid Tebboune décidera ensuite.

Le Conseil de la nation, chambre haute du Parlement algérien, a approuvé à l’unanimité dimanche 25 octobre, lors d’une séance extraordinaire, une motion autorisant l’envoi d’une unité militaire algérienne au Niger. Les convocations, envoyées par SMS aux parlementaires, ne précisaient ni l’objet ni l’ordre du jour, comme rapporté par Atlasinfo.

Ce que prévoit l’article 91

Le vote applique l’alinéa 2 de l’article 91 de la Constitution de 2020. Il habilite le président de la République, chef suprême des forces armées, à envoyer des unités de l’Armée nationale populaire (ANP) à l’étranger après approbation des deux tiers des membres de chaque chambre. Cette disposition n’avait jamais été appliquée. Si le déploiement a lieu, ce sera le premier engagement de l’armée algérienne hors de ses frontières depuis la guerre d’octobre 1973.

L’Assemblée populaire nationale (APN) doit à son tour se prononcer dimanche. Le président Abdelmadjid Tebboune décidera ensuite de l’envoi. Les débats sont limités à des interventions de vingt minutes des présidents de groupes parlementaires. Des sources parlementaires ont indiqué que les réunions portent sur la coopération militaire avec le Niger et sur un décret présidentiel relatif à la défense nationale. L’effectif, la durée et la mission exacte de l’unité n’ont pas été précisés.

Un engagement militaire progressif au Niger

Le 9 août, l’Algérie a remis quatre hélicoptères militaires à l’armée nigérienne. Le 30 août, elle a envoyé à Niamey quatre chasseurs Su-30, un avion ravitailleur Il-78 et un avion de transport Il-76, au lendemain d’une tentative de putsch contre le général Abdourahamane Tiani, chef de l’État nigérien. Le ministère algérien de la Défense a présenté cet envoi comme un soutien à l’armée nigérienne, à la demande de ses autorités, face à une tentative de déstabilisation. Aucun vote du Parlement n’avait été organisé.

Début octobre, le président Abdelmadjid Tebboune a indiqué que cet envoi ne change pas la doctrine de défense de l’Algérie. Le 10 octobre, le chef d’état-major de l’ANP, le général d’armée Saïd Chengriha, a déclaré que l’Algérie n’aborde pas les crises du Sahel en tant qu’acteur externe.

Le 21 octobre, Saïd Chengriha a signé à Alger avec le ministre d’État nigérien chargé de la Défense nationale, le général Salifou Mody, un protocole de coopération militaire dont le contenu n’a pas été rendu public. Il prévoit notamment la lutte contre le terrorisme, l’échange d’expertises et la réponse aux demandes des autorités nigériennes pour renforcer les capacités de leur armée. Salifou Mody a été reçu par le président Abdelmadjid Tebboune.

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