Crash aérien en RDC : le bilan s’alourdit à 17 morts, dont les deux plus hauts responsables de la justice militaire
Dix-sept personnes, dont les deux plus hauts responsables de la justice militaire congolaise, ont péri dans le crash d'un petit avion près de Kenge, dans le sud-ouest de la RDC.

Dix-sept personnes, dont les deux plus hauts responsables de la justice militaire en République démocratique du Congo (RDC), ont péri dans le crash d’un petit avion survenu vendredi 25 septembre dans le sud-ouest du pays, selon un dernier bilan communiqué samedi par le ministère des Transports. Un précédent bilan communiqué dans la nuit de vendredi à samedi par l’armée avait fait état d’au moins 14 décès.
Une descente d’urgence sans piste disponible
L’appareil, un Let 410 UVP immatriculé 9S-GUC et exploité par la compagnie Tracep Congo Aviation, avait décollé de Kikwit à destination de Kinshasa vendredi vers 13h50 locales, avant de s’écraser une quinzaine de minutes plus tard près de Kenge, chef-lieu de la province du Kwango, situé à plus de 200 km à l’est de la capitale congolaise. Selon le vice-gouverneur du Kwango, Rémy Saki, l’absence de piste d’atterrissage fonctionnelle à Kenge a conduit l’appareil à s’écraser dans une parcelle résidentielle, prenant feu à l’impact. Les circonstances précises de l’accident restent à déterminer.
Un bilan revu à la hausse après l’extinction de l’incendie
Le crash a causé la mort de 17 personnes, dont 13 passagers et 4 membres d’équipage, a précisé le ministère des Transports dans un communiqué. Ce bilan a été revu à la hausse par rapport à un premier décompte de 13 victimes, une fois l’incendie de la carcasse maîtrisé.
Deux hauts magistrats militaires parmi les victimes
Les deux plus hauts responsables de la justice militaire figurent parmi les victimes : les lieutenants-généraux Joseph Mutombo Katalayi, président de la Haute Cour militaire, et Lucien-René Likulia Bakumi, auditeur général des FARDC. Tous deux revenaient d’une mission de service effectuée à Kikwit, dans la province voisine du Kwilu. Le lieutenant-général Likulia, en poste depuis mars 2021, avait notamment porté le réquisitoire lors du procès de l’ex-président Joseph Kabila, condamné par contumace en septembre 2025 à la peine de mort pour trahison et crimes de guerre, la justice militaire ayant jugé que ce dernier était l’un des initiateurs de l’Alliance fleuve Congo, branche politique du groupe armé M23.
Une enquête ordonnée par la présidence
Le président Félix Tshisekedi a exprimé sa profonde douleur dans un message publié dans la nuit par la présidence et a instruit les services compétents de diligenter une enquête approfondie pour établir les circonstances et les causes exactes de l’accident. Le ministre de la Justice, Guillaume Ngefa, a salué la mémoire des deux magistrats militaires, tandis que le président burundais Evariste Ndayishimiye a exprimé sa pleine solidarité.
La compagnie aérienne suspendue
Le ministère des Transports a annoncé la suspension, jusqu’aux résultats de l’enquête, de la compagnie Tracep Congo Aviation. Au lendemain de la catastrophe, certaines voix, notamment au sein de l’opposition, ont dénoncé l’absence d’une piste d’atterrissage fonctionnelle à Kenge et un abandon des infrastructures du pays faisant du transport aérien, selon ces mêmes voix, une « véritable loterie ».
Un secteur aérien fragilisé par l’état des infrastructures
Dans ce vaste pays d’Afrique centrale, où le réseau routier est largement insuffisant, le transport aérien joue un rôle central pour les déplacements vers les provinces. Des incidents y sont régulièrement signalés, le mauvais état de certaines infrastructures aéroportuaires et des équipements de navigation étant souvent mis en cause. La flotte aérienne congolaise figure sur la liste noire de l’Union européenne. Dans un rapport publié en 2023, la Banque mondiale estimait que le réseau de transport de la RDC est l’un des moins denses et des plus délabrés au monde.



