Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov accuse l’Europe de s’opposer à la paix en Ukraine
Le chef de la diplomatie russe a accusé l'Europe de faire obstacle aux efforts de paix américains en Ukraine, au lendemain de frappes ayant fait au moins seize morts dans les deux pays.

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a accusé samedi 26 septembre l’Europe de s’opposer systématiquement aux projets de paix en Ukraine, contrairement selon lui à la position des États-Unis, après de nouvelles frappes meurtrières entre la Russie et l’Ukraine. « L’Europe fait tout ce qui est en son pouvoir pour contrecarrer les discussions de paix souhaitées par le gouvernement Trump », a-t-il déclaré à la tribune de l’Assemblée générale des Nations unies.
Des objectifs militaires maintenus « peu importe les circonstances »
Dans un discours au ton véhément, Sergueï Lavrov a assuré que Moscou atteindrait ses objectifs militaires en Ukraine « peu importe les circonstances ». « Les objectifs de l’opération militaire spéciale seront atteints, la menace à la sécurité russe sera éliminée, et la vie paisible reviendra », a-t-il déclaré.
Seize morts dans de nouvelles frappes
Ce discours survient après des frappes russes et ukrainiennes ayant tué au moins seize personnes dans les deux pays, selon les autorités locales, Moscou et Kiev ayant intensifié leurs attaques ces derniers mois, au prix d’un nombre croissant de victimes civiles. Kiev a fait état d’au moins six morts causés par des frappes russes dans le nord-est, à Soumy, à Zaporijia et dans la région de Dnipropetrovsk, où figurait parmi les victimes une adolescente de 17 ans. Les autorités russes ont pour leur part recensé dix morts dans des frappes et attaques de drones ukrainiennes.
Une rencontre inédite avec l’Allemagne depuis 2022
Avant son discours à l’ONU, Sergueï Lavrov avait rencontré son homologue allemand, Johann Wadephul, pour le premier entretien de ce genre depuis le début de l’invasion russe de l’Ukraine en février 2022, Berlin étant un soutien majeur de Kiev. Cette rencontre, demandée par la partie allemande selon le ministère russe des Affaires étrangères, s’est tenue dans un climat de vives tensions, après que Berlin a accusé Moscou d’avoir envoyé un drone chargé d’explosifs sur l’aéroport de Leipzig début août. L’Allemagne et la Russie ont depuis fermé leurs consulats respectifs.
Berlin dénonce une « agression persistante »
Johann Wadephul a enjoint Moscou « à renoncer à la dangereuse voie de l’escalade à l’égard de l’Allemagne, de l’Europe et de l’OTAN », selon des sources au sein de la délégation allemande. Au cours de l’entretien, il a condamné, toujours selon sa délégation, « l’agression persistante et toujours plus ciblée de la Russie contre la population civile ukrainienne ». La diplomatie allemande a ajouté : « Cette tentative de faire monter la pression ne change rien à la situation intenable de la Russie : chaque mois, des dizaines de milliers de soldats russes meurent dans une guerre de positions sans issue, tandis que l’économie russe s’effondre toujours davantage ». Pour Berlin, soutien essentiel de l’Ukraine, la solution « évidente » au conflit est « la fin de l’agression russe, le retrait des troupes russes et un cessez-le-feu durable ». Sergueï Lavrov avait rencontré pour la dernière fois un ministre des Affaires étrangères allemand en janvier 2022, lorsqu’il avait échangé avec Annalena Baerbock, moins d’un mois avant le début de l’invasion de l’Ukraine.
Une charge contre une réforme du Conseil de sécurité
Dans son discours à la tribune de l’ONU, le ministre russe s’en est pris notamment à Berlin, estimant qu’une réforme du Conseil de sécurité de l’ONU ne peut pas comprendre de sièges supplémentaires alloués aux pays occidentaux, particulièrement l’Allemagne et le Japon, qu’il a qualifiés d’être désormais sur la voie du militarisme.



