
L’ONU a confirmé dimanche 1er novembre « le début de la période de liquidation » de la MINURSO, la mission des Nations unies chargée depuis 1991 du dossier du Sahara marocain. Le Conseil de sécurité n’a pas renouvelé son mandat, qui expirait à la fin de la journée de samedi.
Une équipe réduite pour la liquidation
Pendant cette période, « une équipe réduite relevant du Département de l’appui opérationnel des Nations unies supervisera le transfert ordonné vers leurs pays respectifs des biens appartenant aux pays fournisseurs de contingents, ainsi que la cession ou l’élimination appropriée du matériel appartenant à l’Organisation des Nations unies », a précisé le porte-parole du secrétaire général, Stéphane Dujarric, dans un communiqué.
La MINURSO, dont le nom officiel est « Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental », comptait 359 personnels civils et militaires en juin 2026, d’après son site internet.
Les appels d’Antonio Guterres
Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, exhorte dans ce texte « à respecter et à promouvoir les droits du peuple du Sahara occidental », notamment son « droit inaliénable à l’autodétermination ». Il se dit préoccupé « par le risque d’une escalade des hostilités » et appelle les parties à « faire preuve de la plus grande retenue ».
Le communiqué conclut : « Les Nations unies demeurent prêtes à poursuivre leur soutien aux efforts visant à faire progresser le dialogue et à parvenir à un règlement pacifique du conflit par l’intermédiaire de l’Envoyé personnel du Secrétaire général, Staffan de Mistura. »
Le veto russe, à l’origine du non-renouvellement
Le mandat n’a pas été renouvelé vendredi, après que la Russie a opposé son veto à un projet de résolution américain. Ce texte, soutenu par onze membres du Conseil sur quinze, prolongeait la mission pour un an et plaçait le plan d’autonomie marocain au centre du règlement du différend, qui oppose depuis 50 ans le Maroc aux séparatistes du Front Polisario, soutenus par l’Algérie. Présenté par le Maroc en 2007, ce plan prévoit une autonomie sous souveraineté marocaine pour ce vaste territoire désertique, riche en phosphate et aux eaux poissonneuses.
La Russie a bloqué ce projet en critiquant une « approche unilatérale ». Elle a proposé de reconduire le mandat de la mission dans les mêmes termes que précédemment. Les États-Unis ont voté contre ce texte russe, et les pays qui soutenaient la résolution américaine se sont abstenus. Le mandat de la MINURSO n’a donc pas été reconduit.
Le territoire a été une colonie espagnole jusqu’en 1975. Il est contrôlé en majeure partie par le Maroc, et les Nations unies le considèrent comme un territoire non autonome.



