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L’ONCF et l’UIC plaident pour des modèles de financement durables, adaptés à chaque pays

Le responsable de l’opérateur marocain a ouvert mercredi un forum de deux jours consacré au financement du train sur le continent. La croissance démographique et l’urbanisation accélérée imposent, a-t-il dit, de transformer les systèmes de transport.

La modernisation du secteur ferroviaire s’impose en Afrique comme une priorité stratégique, face aux défis de croissance et d’urbanisation du continent. C’est ce qu’a souligné, mercredi 14 octobre 2026 à Rabat, Mohamed Rabie Khlie, directeur général de l’Office national des chemins de fer (ONCF) du Maroc et président de l’Union internationale des chemins de fer (UIC) pour la région Afrique.

Forum consacré aux solutions de financement

Il s’exprimait à l’ouverture du Forum sur le financement des projets ferroviaires en Afrique, organisé par l’ONCF et l’UIC sous le thème « Solutions d’investissement et de financement pour l’avenir ferroviaire de l’Afrique ». La rencontre réunit plus de 200 participants issus de 20 pays.

Mobilité durable au service de l’Agenda 2063

Mohamed Rabie Khlie a affirmé que la mobilité durable constitue en Afrique un levier essentiel du développement inclusif, conformément aux ambitions de l’Agenda 2063 de l’Union africaine. Il a expliqué que la croissance démographique, la jeunesse de la population, l’urbanisation accélérée, le potentiel des ressources naturelles et les impératifs climatiques renforcent la nécessité de transformer les systèmes de transport du continent.

Il a relevé que le financement demeure un défi majeur. Il juge important de renforcer les partenariats et de développer des mécanismes innovants pour bâtir des modèles de financement durables, adaptés aux réalités de chaque pays.

L’expérience marocaine : Al Boraq et un programme historique

Le dirigeant a mis en avant la transformation du secteur ferroviaire au Maroc. Elle est illustrée par Al Boraq, premier train à grande vitesse d’Afrique, et par la modernisation du réseau conventionnel, qui accueille plus de 55 millions de voyageurs par an. Un programme d’investissement historique, supérieur à 10 milliards d’euros à l’horizon 2030, accompagne cette transformation.

Le rail, outil de lutte contre le dérèglement climatique

François Davenne, directeur général de l’UIC, a indiqué que le transport ferroviaire et les transports publics constituent un moyen très efficace de lutter contre le dérèglement climatique. Ils permettent un report de la route vers des modes de transport peu émetteurs de carbone, pour les voyageurs comme pour les marchandises. Il a cité une étude publiée en 2023 par l’UIC avec l’Université de Birmingham, en partenariat avec Alstom, qui conclut que le développement du rail dans les pays en développement permet d’éviter jusqu’à 1,8 gigatonne d’émissions de carbone d’ici 2050.

Coalition pour revoir les crédits carbone

François Davenne a annoncé que le forum de deux jours se clôturera par le lancement officiel d’une coalition fondée par l’UIC, l’Union internationale des transports publics (UITP) et Alstom. Elle réunit opérateurs de transport, institutions financières, banques de développement, experts techniques et décideurs publics. Son objectif est de revoir et de mettre à jour les méthodes de calcul des crédits carbone, afin que les émissions évitées grâce au transport ferroviaire et aux transports publics soient reconnues dans le cadre de l’article 6 de l’Accord de Paris.

Le Maroc cité en exemple par l’Union africaine

Asmae Boureddaya, coordinatrice régionale de l’Agence de développement de l’Union africaine-NEPAD (AUDA-NEPAD), a souligné que le Maroc, qui possède le seul TGV du continent, est l’un des pays les plus avancés dans la mise en œuvre de l’Agenda 2063. Elle a ajouté que l’expérience du Royaume offre des enseignements importants sur la mobilisation des ressources autour d’une vision nationale claire.

Elle a cité l’émission obligataire verte de l’ONCF en 2022, qui a réuni des investisseurs marocains, la Banque européenne pour la reconstruction et le développement, CDG Capital et Tamwilcom, et qui a permis d’aligner le financement sur la longue durée de vie des actifs ferroviaires. L’AUDA-NEPAD souhaite partager cette expérience dans le cadre de la coopération Sud-Sud.

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