Le Qatar va investir pour moderniser la production d’électricité au Liban
Doha financera entièrement le projet, a indiqué le Premier ministre libanais ; ni le montant ni la nature exacte de l’aide n’ont été précisés. L’État ne fournit que quelques heures d’électricité au Liban par jour depuis l’effondrement économique de 2019.

Le Qatar va investir pour moderniser des infrastructures énergétiques en déshérence et renforcer l’approvisionnement en électricité au Liban, que l’État peine à fournir depuis des décennies. Les Premiers ministres des deux pays, Mohammed ben Abdelrahmane al-Thani, également ministre des Affaires étrangères du Qatar, et Nawaf Salam, l’ont annoncé vendredi 16 octobre 2026 à Beyrouth.
Un cadre global de coopération, sans montant précisé
Mohammed ben Abdelrahmane al-Thani, en visite au Liban, a indiqué que les deux pays sont convenus de mettre en place un cadre global de coopération dans le domaine de l’énergie et de présenter des solutions viables. Il a évoqué un « vaste projet d’investissement bénéfique à l’économie libanaise ».
Aucune précision n’a été apportée sur le montant de l’investissement ni sur la nature exacte de l’aide. Le chef de la diplomatie qatarie a décrit un ancien projet que le Qatar avait discuté avec le Liban pendant des années et qui est sur le point de voir le jour. QatarEnergy a déjà conclu un accord avec TotalEnergies sur un projet préliminaire de centrale solaire au Liban, a-t-il indiqué.
Doha financera et exécutera le projet, annonce Nawaf Salam
Nawaf Salam, Premier ministre libanais, a déclaré que les deux gouvernements sont proches de parvenir à un projet visant à réhabiliter, développer et moderniser l’infrastructure de production de l’électricité. Il a précisé que ce projet serait exécuté et entièrement financé par Doha, sans coût pour l’État libanais. Selon lui, il doit fournir l’électricité de manière plus stable et à moindre coût.
Nawaf Salam a ajouté qu’il soumettra prochainement les plans du secteur au Conseil des ministres.
Quelques heures d’électricité par jour depuis 2019
Depuis l’effondrement économique de 2019, après des décennies de corruption et de mauvaise gestion, l’État libanais est incapable de fournir de l’électricité plus de quelques heures par jour. La population recourt massivement à des générateurs privés. Le secteur est miné par le sous-investissement. Il a coûté plus de 40 milliards de dollars depuis la fin de la guerre civile (1975-1990), et les gouvernements successifs n’ont réduit ni les pertes ni réparé des infrastructures en déliquescence.
Le 26 janvier, le Qatar avait déjà annoncé plus de 430 millions de dollars (434,2 millions) au bénéfice de plus de 1,5 million de Libanais. L’aide comprenait jusqu’à 400 millions de dollars pour développer le secteur de l’énergie.
Soutien à l’armée et reconstruction dans le sud en coordination avec Washington
Le Premier ministre qatari a aussi rencontré le président Joseph Aoun et le chef de l’armée, Rodolphe Haykal. Le Qatar contribue au financement de l’armée libanaise, dont il verse les salaires du personnel depuis quatre ans.
Mohammed ben Abdelrahmane al-Thani a annoncé que son pays travaille en coordination avec les États-Unis pour mener à l’avenir une action de reconstruction dans le sud du Liban, où il a dénoncé la poursuite de « violations » israéliennes. Le Liban tente de lancer ce chantier après deux guerres dévastatrices entre le Hezbollah et Israël, la première en 2023-2024, la seconde déclenchée le 2 mars 2026, sans avoir les moyens d’y parvenir seul.



