La mise en œuvre du plan de communication « Tasdid Al-Tabligh » au centre d’une rencontre à Rabat
Tasdid Al-Tabligh » (تسديد التبليغ) est une initiative nationale majeure lancée au Maroc par le Conseil Supérieur des Oulémas. Elle vise à réformer le discours religieux pour orienter la société vers « la Vie Bonne » (Al-Hayat Al-Tayyiba - الحياة الطيبة), alliant foi, valeurs éthiques et épanouissement social.

Le Conseil local des Oulémas de Rabat a organisé jeudi une rencontre sur « Tasdid Al-Tabligh: état des lieux et perspectives », sous la supervision du Conseil régional des oulémas de Rabat-Salé-Kénitra.
Cette rencontre a été l’occasion de mettre en lumière les rôles joués par les prêcheurs, prédicateurs, Morchidines et Morchidates dans la mise en œuvre du plan de communication (Tabligh) et de souligner la nécessité d’unifier le discours religieux et de promouvoir la modération et le juste milieu, en plus de discuter du rôle des Alimate dans l’encadrement religieux et le renforcement du plan de communication.
Le président du Conseil local des Oulémas de Rabat, Laarbi El Moudden, a affirmé que la mise en œuvre du plan de communication « Tabligh » est basée sur un travail de terrain bien organisé, ajoutant que les équipes de communication, composées de prêcheurs, prédicateurs, Morchidines et Morchidates, sont réparties sur les grandes mosquées de Rabat et travaillent en étroite coordination pour assurer le bon déroulement de la mission de prédication.
Après avoir mis en lumière les objectifs du plan de communication « Tabligh », M. El Moudden a indiqué que cette rencontre est une occasion de renouveler la mobilisation collective en faveur du plan et de faire valoir son importance dans la promotion d’un discours religieux constructif basé sur les valeurs islamiques et prônant l’engagement et la bonne conduite.
De son côté, Abdelkamel Boulaamane, membre du Conseil local des Oulémas de Rabat, s’est arrêté sur le concept du « bon prêche », considéré comme « le prolongement pratique du plan de communication ‘Tabligh’ qui vise à unifier le discours religieux, tant sur le fond que sur la forme ».
M. Boulaamane a également exposé les dimensions religieuses, éducatives et sociales du bon prêche et son impact dans l’unification de la pensée religieuse, en tant que mécanisme permettant de guider la vie religieuse des Hommes, notant que ce type de prêche adopte une approche pédagogique qui rapproche les individus des textes religieux, grâce à un langage simple et convaincant.
Intervenant à cette occasion, le professeur Laarbi El Kettani, a affirmé que le succès d’un prêche repose en premier lieu sur une bonne préparation, soulignant que le prêcheur se doit de maîtriser son sujet et d’éviter la récitation machinale afin de s’assurer une plus grande interactivité avec l’audience et un plus grand impact sur les âmes.
Selon lui, la prédication n’est pas une fin en soi mais un moyen permettant d’avoir un impact tangible sur le comportement des individus et de renforcer les valeurs sociétales.
La professeure Hanane Benchekroun est revenue, quant à elle, sur le rôle fondamental des Alimate dans l’appui au plan de communication « Tabligh », la consolidation des valeurs religieuses et de l’identité nationale et la diffusion des préceptes de l’Islam à travers les réseaux sociaux et les programmes de formation et d’encadrement religieux destinés aux familles et à la société.
Au-delà de l’encadrement éducatif et religieux, les Alimate sont appelées à s’impliquer dans l’animation des cours religieux et à participer aux plateformes médiatiques visant à renouveler le discours religieux, a-t-elle insisté.
- Un discours axé sur le quotidien : Rompre avec les prêches purement théoriques ou déconnectés des réalités. Le but est de lier la pratique religieuse aux comportements civiques, à la solidarité et à la responsabilité sociale.
- Le concept de « La Vie Bonne » : Promouvoir une existence digne, sereine et équilibrée, où la piété spirituelle se traduit par le respect des autres, la protection de l’environnement, le travail honnête et la paix sociale.
- L’implication des acteurs de terrain : Mobiliser les Oulémas (savants), les Morchidines et Morchidates (guides spirituels, hommes et femmes) pour diffuser ce message de manière moderne et inclusive.
- La préservation des constantes religieuses : Ancrer les actions dans le cadre du modèle religieux marocain du juste milieu (le rite malikite, la doctrine ach’arite et le soufisme sunnite), tout en l’adaptant aux défis contemporains.




