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En Israël, Ben Gvir réclame l’arrestation des chefs des partis arabes

Le Shin Bet enquête sur des soupçons d’ingérence étrangère après une demande de la Commission électorale. Aucune preuve n’a été présentée publiquement.

En Israël, le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, a appelé jeudi à arrêter les chefs des partis arabes, que des ministres accusent d’avoir reçu de l’argent du Qatar. Ces partis, la Liste unifiée et Raam, viennent d’obtenir un nombre record de 19 sièges aux législatives du 27 octobre. « Le Shin Bet doit ordonner dès ce matin l’arrestation des chefs des partis arabes soupçonnés d’implication dans de l’argent qatari », a écrit sur X Itamar Ben Gvir, chef du parti d’extrême droite Otzma Yehudit. Aucune preuve n’a été présentée publiquement.

Le Shin Bet à la manœuvre

Le Shin Bet, le service de sécurité intérieure israélien, mène une enquête sur des soupçons d’ingérence étrangère dans le scrutin. Elle a été ouverte sur instruction du président de la Commission électorale centrale, le juge Noam Sohlberg, qui évoque de « graves soupçons ». Itamar Ben Gvir demande l’arrestation des dirigeants arabes soupçonnés de liens avec des fonds qataris, ainsi que d’autres suspects, dont des membres des Frères musulmans et de leurs organisations affiliées, « pourvu qu’il y ait des bases légales ». Il ajoute qu’il s’agit d’« un 27 octobre politique ». Le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, demande lui aussi que les chefs des partis arabes soient interrogés par le Shin Bet dès jeudi : ces soupçons sont, dit-il, « un test pour l’État d’Israël ».

Des accusations sans preuve publique

Le Likoud du Premier ministre Benjamin Netanyahou accuse depuis mercredi les partis arabes d’avoir « volé » l’élection, avec des allégations de corruption, de menaces, de violence, de falsification et d’utilisation d’un logiciel interdit. La police indique que ni ses enquêtes ni ses renseignements n’apportent d’éléments qui soutiennent ces accusations. Elle a toutefois arrêté plusieurs personnes pour achat de votes, avec des enveloppes de bulletins, en faveur de Raam, le parti islamiste de Mansour Abbas : quatre arrestations jeudi, après trois mardi.

Les réactions

Le chef de l’opposition, Gadi Eisenkot, indique être en contact avec les responsables concernés. Il avertit qu’on ne doit pas permettre à des acteurs politiques d’exploiter la situation pour influencer la date de l’entrée en fonction de la 26e Knesset. Le chef des Démocrates, Yaïr Golan, accuse Netanyahou de chercher à délégitimer les résultats et les électeurs arabes. Des centaines de personnes ont manifesté dans le pays pour réclamer un gouvernement judéo-arabe.

Les enjeux du décompte

Avec 93 % des votes comptés, le bloc de Netanyahou a 53 sièges, celui d’Eisenkot 48 et les partis arabes 19, et la répartition ne change plus. Ces partis, qui n’appartiennent à aucun bloc, peuvent décider de la formation du gouvernement : ils se disent prêts à soutenir un gouvernement Eisenkot, mais pas Netanyahou. Les résultats définitifs sont attendus la semaine prochaine.

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