À moins de trois semaines du vote sur la MINURSO, le Polisario multiplie les courriers et les menaces contre l’envoyé de l’ONU
Le Polisario accuse l’envoyé de l’ONU Staffan de Mistura d’avoir violé son devoir de neutralité en soutenant l’autonomie comme base de discussions. Il avertit qu’un nouvel écart l’obligerait à reconsidérer sa coopération.

Le Polisario a trouvé son nouveau bouc émissaire : Staffan de Mistura. L’envoyé personnel du Secrétaire général de l’ONU a commis une faute impardonnable aux yeux du mouvement : parler d’autonomie devant le Conseil de sécurité.
Pour le Polisario, la neutralité s’arrête là où commence le plan d’autonomie
Dans un communiqué daté du 12 octobre, signé par Sidi Mohamed Omar, son représentant auprès de l’ONU, le Polisario affirme que l’envoyé a sérieusement violé les exigences de son mandat fondé sur la stricte neutralité. Son crime : avoir soutenu l’autonomie comme base de discussions, en adoptant une position qui serait entièrement conforme à celle de la puissance occupante marocaine.
L’accusation de soutien public ne repose sur aucun compte rendu officiel
Les consultations du 8 octobre se sont tenues à huis clos, et aucun compte rendu officiel intégral n’a été publié. Le Polisario parle pourtant d’un soutien public. Dans ses propos rapportés, l’envoyé a dit que la neutralité ne doit pas être confondue avec la passivité. Il a espéré que la prochaine résolution du Conseil sur la MINURSO pousse les parties vers des négociations concertées et de bonne foi sur une véritable autonomie. Il a invité le Polisario à amender le plan marocain avant la fin de l’année, et rappelé que le Maroc doit lui aussi faire preuve de flexibilité. Rien de tout cela ne ressemble à une trahison. C’est la ligne que le Conseil de sécurité a placée au centre de la résolution d’octobre 2025.
La menace du Polisario reste conditionnelle et n’annonce aucune rupture
Le Polisario avertit que tout écart répété l’obligerait à reconsidérer son engagement et sa coopération avec l’envoyé personnel et les Nations Unies. Cette menace est conditionnelle, floue et repoussée à plus tard. Elle n’annonce aucune rupture. Le Polisario crie au scandale, hausse le ton, mais garde la porte ouverte : posture de qui n’a plus aucune carte à jouer.
Le Polisario avait déjà écrit au Secrétaire général de l’ONU les 4 mars et 21 septembre
Le communiqué accompagne une lettre du chef du Polisario, Brahim Ghali, adressée au Secrétaire général de l’ONU, António Guterres. Le mouvement indique avoir déjà écrit à ce dernier les 4 mars et 21 septembre 2026, pour demander que l’envoyé reste dans le cadre de la Charte des Nations unies, des résolutions pertinentes et du droit international sur la décolonisation.
Le mouvement s’accroche à un vocabulaire que le Conseil de sécurité a laissé derrière lui
Ce communiqué intervient à moins de trois semaines du vote sur le renouvellement du mandat de la MINURSO, après la résolution d’octobre 2025 qui place le plan d’autonomie sous souveraineté marocaine au cœur du processus. Le Polisario s’en prend à l’envoyé qui prend acte de ce changement, faute de pouvoir contester la réalité qui s’impose à lui.



