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Affaire des 61 Marocains : l’Algérie met en scène un « réseau criminel » dont elle ne peut produire ni cible, ni arme, ni commanditaire

La DGSN algérienne accuse 61 Marocains arrêtés à Oran de préparer des sabotages et exhibe des passeports comme preuve. Elle ne publie ni identités, ni cibles, ni commanditaire. L’hypothèse d’une mise en scène s’impose, à quelques semaines de la résolution du Conseil de sécurité.

Alger a trouvé son nouveau récit. La Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) algérienne a annoncé dimanche l’arrestation à Oran de 61 Marocains, dont un ancien militaire, accusés de préparer des actes de sabotage. Son unique élément de preuve : des passeports marocains et des sommes en dirhams et en euros.

Des passeports exhibés ne prouvent ni la nationalité réelle des détenus ni un projet criminel

Un document d’identité ne démontre aucune intention. Surtout, l’authenticité des passeports, comme l’identité réelle de ceux qui les portent, ne repose que sur la parole de l’autorité qui les exhibe. Aucun nom, aucune photo et aucune identité vérifiable des 61 personnes n’ont été publiés, et Rabat n’a confirmé la nationalité d’aucune d’elles.

L’hypothèse d’une mise en scène est la seule qui explique l’absence de détails

La DGSN ne précise ni les cibles, ni les moyens, ni le calendrier du prétendu sabotage. Elle ne mentionne aucune arme saisie et ne désigne aucun commanditaire. Elle ne dit pas qui a organisé et financé le voyage de 61 personnes depuis Tunis jusqu’à l’ouest algérien. L’hypothèse la plus cohérente est celle d’une mise en scène : des Algériens présentés comme des Marocains, munis de passeports fabriqués pour l’occasion.

L’itinéraire décrit ne répond à aucune logique

Selon le récit de la DGSN, les suspects auraient pris l’avion pour Tunis, franchi clandestinement des sentiers forestiers à la frontière, puis traversé le pays jusqu’à Oran, avec leurs vrais papiers et de l’argent liquide. La frontière terrestre entre le Maroc et l’Algérie est fermée depuis des décennies, et rien n’explique pourquoi un groupe de 61 personnes choisirait un tel parcours pour une opération supposée discrète. Le scénario a surtout l’avantage de fournir la matière d’un communiqué.

Le recours à l’accusation de sabotage n’est pas une nouveauté

Ce n’est pas la première fois que la presse et les autorités algériennes présentent des Marocains comme des espions, des trafiquants ou des saboteurs. La méthode est connue : un fait divers, une accusation spectaculaire, aucun détail vérifiable, et un récit qui nourrit l’hostilité envers le Maroc.

Un calendrier qui sert l’agenda d’Alger à l’approche du Conseil de sécurité

L’annonce intervient à quelques semaines de la prochaine résolution du Conseil de sécurité sur le dossier des provinces du sud, attendue fin octobre. Elle fait suite à la résolution de 2025, qui consacre le plan d’autonomie sous souveraineté marocaine et a écarté la thèse défendue par Alger. Le régime algérien, en position de faiblesse sur le fond, cherche un autre terrain : celui de la victimisation et de la désignation d’un ennemi extérieur.

Le régime algérien s’enferme dans sa propre fable

À mesure que le dossier avance dans le sens du Maroc, Alger multiplie les récits qui ne s’appuient sur aucun fait établi. Cette fuite en avant ne change rien aux réalités diplomatiques. Elle isole davantage un régime qui semble préférer inventer des ennemis plutôt que d’admettre l’évolution du dossier.

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