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Le Soudan accuse l’Éthiopie de laisser des drones frapper depuis son territoire

Le Soudan accuse l’Éthiopie de servir de base à des attaques de drones depuis février 2026. Addis-Abeba rejette ces accusations, et Khartoum veut saisir l’ONU et l’Union africaine.

Le Soudan a accusé dimanche 1er novembre l’Éthiopie de laisser son territoire servir de base au lancement d’attaques de drones, qui ont fait des centaines de morts et de blessés civils et militaires depuis la mi-février. Khartoum affirme s’appuyer notamment sur « l’examen d’appareils abattus, des données de vol et des documents militaires ».

Un rapport officiel : 70 attaques en huit mois

Dans un rapport, le Conseil souverain de transition, dirigé par l’armée soudanaise, affirme avoir recensé 70 attaques entre le 15 février et le 27 octobre. Elles ont impliqué 187 drones kamikazes et 82 munitions tirées depuis des drones. Le bilan est de 484 civils tués ou blessés. Ces attaques ont aussi tué 176 soldats soudanais et en ont blessé 200 autres.

Le document indique : « Depuis février 2026, des drones armés décollent du territoire éthiopien (…) pour frapper des villes et des civils soudanais. » Il cite plusieurs sites de lancement : l’aéroport d’Asosa, dans l’ouest de l’Éthiopie, la zone frontalière de Kurmuk-Gizen, et la base aérienne de Bahir Dar, au nord-ouest.

Les attaques se sont intensifiées ces derniers mois, précise le rapport : le seul mois d’octobre compte 28 frappes et 97 drones kamikazes.

Des frappes meurtrières en octobre

Le rapport cite l’attaque du 9 octobre contre des familles déplacées à Wad el-Mahi, dans l’État du Nil-Bleu, près de la frontière éthiopienne. Elle a fait 30 morts, dont 26 femmes et quatre enfants, ainsi que 100 blessés. Il mentionne aussi une frappe du 19 octobre à Khartoum, qui a tué trois enfants, et des attaques les 26 et 27 octobre qui ont mis hors service six centrales électriques.

Khartoum veut saisir l’ONU et l’Union africaine

Le Soudan a annoncé son intention de saisir le Conseil de sécurité de l’ONU et le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine. Il se réserve aussi le droit de légitime défense en vertu du droit international.

Un conflit où les drones se multiplient

L’armée soudanaise combat depuis avril 2023 les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR). Elle accuse régulièrement l’Éthiopie de soutenir ces derniers, notamment en permettant le lancement de frappes de drones depuis son territoire. L’Éthiopie rejette ces accusations. Elle accuse à son tour l’armée soudanaise de soutenir des rebelles liés au Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), ce que Khartoum dément.

Ces derniers mois, l’armée et les FSR ont accentué leur recours aux drones. L’ONU a recensé plus de 1 100 personnes tuées dans des attaques de drones à travers le Soudan au premier semestre 2026.

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