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L’avion de Sergueï Lavrov fait à nouveau escale à Casablanca au retour des États-Unis

L’Iliouchine-96 de l’escadron spécial russe s’est posé à Casablanca à l’aller et au retour du G20 d’Atlanta. Le Maroc est une étape connue des escales techniques de Sergueï Lavrov depuis 2023.

L’avion du ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, un Iliouchine-96 de l’escadron spécial « Rossiya » (immatriculé RA-96018), s’est posé à Casablanca, au Maroc, dans la nuit de samedi 31 octobre à dimanche 1er novembre, en provenance d’Atlanta, aux États-Unis. La réunion des ministres des Affaires étrangères du G20, à laquelle participait Sergueï Lavrov, s’y tenait les 30 et 31 octobre. C’était la deuxième escale marocaine de l’appareil en trois jours.

Deux escales de deux heures

Les données de vol de l’appareil montrent un premier arrêt à Casablanca le 29 octobre. Parti de Moscou en milieu de journée, l’avion s’y est posé vers 16h GMT après plus de huit heures de vol. Il en est reparti environ deux heures plus tard vers Atlanta, où il a atterri dans la soirée.

Au retour, l’appareil a quitté Atlanta le 31 octobre à 12h39 (heure locale). Il s’est posé à Casablanca à 00h31 GMT, puis est reparti à 02h39 GMT vers Moscou, où il a atterri à 13h15 (heure de Moscou). Chaque escale a duré environ deux heures, une durée compatible avec un ravitaillement.

Une étape régulière pour les avions russes

C’est loin d’être la première fois que l’avion du chef de la diplomatie russe passe par le Maroc. Il est d’ailleurs très habituel que des avions du gouvernement ou de l’armée russe se posent à Casablanca avant de traverser l’Atlantique, que ce soit en direction de l’Amérique du Nord ou du Sud.

Pourquoi les vols russes doivent faire escale

Depuis 2022, l’espace aérien de l’Union européenne est fermé aux avions russes. Pour rejoindre l’Amérique du Nord ou l’Amérique latine, les appareils russes doivent contourner l’Europe, ce qui allonge sensiblement les trajets. Les trois vols de cette mission ont duré entre 7 h 36 et 8 h 37, soit près de dix-huit heures de vol cumulées entre Moscou et Atlanta. À titre de comparaison, un vol de la Royal Air Maroc entre Casablanca et Moscou s’opère en 5 h 30 environ, soit près de 3 heures de moins, en raison de l’absence de restrictions liées aux compagnies marocaines.

Les limites de l’Il-96

Le quadriréacteur Ilyushin Il-96-300, équipé de moteurs PS-90A, a une autonomie nominale de 10 000 à 11 000 km, pour une vitesse de croisière de 850 à 870 km/h. Cela correspond à une durée de vol maximale d’environ 12 à 13 heures dans des conditions favorables. L’autonomie réelle dépend de la charge, des vents et de la route empruntée. Son poids maximal au décollage est de 250 tonnes. La version Il-96-300PU est l’appareil principal de la flotte présidentielle russe, et l’escadron spécial compte onze Il-96-300 en service. Un détour par le sud de l’Europe, sur le trajet transatlantique, rend une escale nécessaire.

Un déplacement entre deux rendez-vous diplomatiques

Sergueï Lavrov avait présidé à Moscou la réunion des ministres africains des Affaires étrangères, en marge du troisième sommet Russie-Afrique, tenu les 28 et 29 octobre. Le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, y a participé et s’est entretenu en tête-à-tête avec lui le 28 octobre. Les sujets abordés n’ont pas été rendus publics.

Moscou avait annoncé le 28 octobre que Sergueï Lavrov mènerait la délégation russe à la réunion du G20 à Atlanta. Il y a rencontré le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, le 30 octobre, et a décrit l’entretien comme plutôt agréable et bref.

Entre-temps, le veto russe au Conseil de sécurité

Le 30 octobre, jour de l’ouverture de la réunion d’Atlanta, la Russie a opposé son veto au projet de résolution américain sur le Sahara marocain, qui avait recueilli 11 voix pour. Le projet russe, qui proposait un simple renouvellement technique d’un an, n’a obtenu que 3 voix. Le mandat de la MINURSO n’a donc pas été reconduit. Sergueï Lavrov n’était pas à New York pour ce vote.

Lors d’un entretien télévisé, Nasser Bourita a déclaré que le Maroc n’avait pas été surpris par ce veto. Il a indiqué que le Maroc connaissait la position de Moscou avant le vote et qu’il ne lui avait pas demandé de la modifier.

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