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L’ambassadeur marocain Omar Zniber plaide à Genève pour les femmes francophones

L’ambassadeur marocain préside le Groupe des ambassadeurs francophones de Genève. Il a cité la nomination d’une femme à la tête du gouvernement du Maroc.

L’ambassadeur représentant permanent du Maroc auprès de l’ONU à Genève, Omar Zniber, a plaidé lundi 26 octobre au siège de l’Organisation internationale du travail (OIT) pour le renforcement de l’autonomisation économique des femmes francophones. Il s’exprimait en sa qualité de président du Groupe des ambassadeurs francophones (GAF), pour qui l’égalité de genre est un levier essentiel du développement durable, de la justice et de la cohésion sociales dans l’espace francophone.

Une table ronde de haut niveau

Omar Zniber a ouvert les travaux d’une table ronde sur le thème « Renforcer l’autonomisation économique des femmes francophones dans le monde du travail ». Elle est initiée par l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), en partenariat avec l’OIT, l’Institut de recherche des Nations Unies pour le développement social (UNRISD) et le Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes (CEDAW).

Y participent le directeur général de l’OIT, Gilbert Houngbo, la directrice de l’UNRISD, Magdalena Sepúlveda, le représentant permanent de l’OIF à Genève et à Vienne, Henri Monceau, la secrétaire générale du département marocain de la Formation professionnelle, Wafae Asri, et plusieurs ambassadeurs francophones.

Une première pour une femme au Maroc

Omar Zniber a mis en avant l’évolution majeure de la vie politique marocaine : une femme dirige pour la première fois le gouvernement. Fatima Ezzahra El Mansouri a été nommée par le Roi Mohammed VI le 29 septembre, après la victoire de son parti, le Parti authenticité et modernité, aux élections législatives du 23 septembre. C’est une source de fierté pour lui et pour toutes les Marocaines et tous les Marocains, a-t-il dit. Il y voit la volonté du Roi de consacrer l’égalité de genre comme un objectif majeur pour l’ensemble de la société marocaine, dans le prolongement d’autres initiatives introduites au cours des deux dernières années.

Les panélistes ont salué cette dynamique. L’ambassadrice du Rwanda l’a qualifiée de réalisation qui fait rêver toutes les filles et femmes africaines. Les ambassadeurs d’Arménie, de France et du Canada ont apporté des témoignages dans le même sens.

Les obstacles à l’emploi des femmes

Omar Zniber a relevé plusieurs défis dans l’espace francophone : l’accès à un emploi formel et décent, à la protection sociale, à la formation, aux ressources productives et financières, à l’entrepreneuriat et aux postes de décision. Les travailleuses de l’économie informelle, les jeunes femmes, les femmes rurales, celles en situation de handicap, les migrantes et les femmes exposées à la précarité et au veuvage sont particulièrement concernées. Les écarts de rémunération, la discrimination professionnelle, les stéréotypes, les traditions, la répartition inégale du travail de soin non rémunéré, ainsi que les violences et le harcèlement au travail freinent aussi leur participation à la vie économique.

Une feuille de route et des financements

Le GAF de Genève a adopté début 2026 une feuille de route pour promouvoir l’égalité entre les femmes et les hommes dans le monde du travail, valoriser les avancées nationales et renforcer la coopération régionale, interrégionale et internationale. Elle s’appuie sur les recommandations de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement d’Erevan en 2018, sur l’Appel de Kigali et sur les conventions et recommandations de l’OIT. Omar Zniber a aussi mis en avant le rôle des mécanismes de financement dédiés à la formation et aux activités génératrices de revenus, comme le Fonds « La Francophonie avec Elles ».

La rencontre vise à renforcer la coopération, l’échange de bonnes pratiques et le plaidoyer pour un engagement politique accru, y compris par la ratification et la mise en œuvre des conventions pertinentes de l’OIT. Elle sera suivie d’une rencontre technique, pour identifier des solutions concrètes et explorer des partenariats entre l’OIF, l’OIT, le CEDAW, ONU Femmes et les autres acteurs concernés.

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