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Le Conseil de sécurité vote vendredi sur l’avenir de la MINURSO

Les États-Unis, rédacteurs du texte, veulent rebaptiser la mission et faire de l’autonomie sous souveraineté marocaine l’unique base des négociations. Le vote a lieu vendredi 30 octobre.

Le Conseil de sécurité de l’ONU vote vendredi 30 octobre sur un projet de résolution rédigé par les États-Unis, qui renouvelle le mandat de la MINURSO avant son expiration le 31 octobre. Des sources diplomatiques citées par le journal Assahifa estiment que l’enjeu dépasse la simple prorogation de la mission : il s’agit de poser les bases d’une transition vers la mise en œuvre de la solution dans les provinces du sud, après des années de négociations sans percée.

Deux points qui ne bougeront pas

La version finale conservera deux points, assurent les sources d’Assahifa. Le premier est le changement de nom de la MINURSO en MINUSO, qui supprime le « R » de référendum. Le second consacre l’autonomie sous souveraineté marocaine comme base exclusive des négociations, ce qui constitue le cœur de l’orientation américaine.

Les autres dispositions du premier projet restent négociables entre les membres du Conseil, en particulier les membres permanents. Le compromis peut porter sur les délais de la transition ou la restructuration de la mission, sans abandonner la référence politique proposée. Le texte initial prévoit la fin du maintien de la paix au 30 avril 2027 et une mission politique spéciale jusqu’au 31 octobre 2027, comme rapporté par Atlasinfo.

Le recensement des camps de Tindouf

Une partie des discussions porte sur le recensement obligatoire de la population des camps de Tindouf. Le projet demande au Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) d’achever l’enregistrement individuel dans un délai de six mois, sans ingérence d’aucune entité, avec un accès garanti et la liberté de circulation. Il relie le traitement humanitaire à la recherche de solutions volontaires et durables, afin de fonder les arrangements futurs sur des données démographiques claires.

Des consultations élargies

Les sources d’Assahifa évoquent aussi la possibilité d’élargir les consultations à des composantes sahraouies extérieures au cercle traditionnel des participants, dont le mouvement « Sahraouis pour la paix ». Cette ouverture peut leur donner un rôle futur dans la mise en œuvre de l’autonomie, si le Polisario continue de la refuser.

Russie et Chine

À quelques jours du vote, ces sources estiment que ni la Russie ni la Chine n’utiliseront leur droit de veto. Les deux pays, avec le Pakistan, s’étaient abstenus lors du vote de la résolution 2797 l’an dernier sans empêcher son adoption, malgré leurs réserves sur son contenu.

Les positions au Conseil

Au sein du Conseil actuel, le Maroc bénéficie du soutien des États-Unis, de la France et du Royaume-Uni, ainsi que de Bahreïn, du Libéria, de la République démocratique du Congo et de la Somalie. Le Panama, le Danemark, la Grèce et la Colombie se montrent favorables à l’initiative à des degrés divers. La Chine, la Russie, le Pakistan et la Lettonie complètent la composition du Conseil, avec des positions différentes, sans s’opposer ouvertement à la proposition marocaine.

Le rôle de l’Algérie

Les sources d’Assahifa imputent à l’Algérie la responsabilité de la poursuite du blocage, en raison de son intransigeance, et la décrivent comme décisive dans les choix du Polisario. La position du Front sur le règlement dépend des calculs d’Alger, expliquent-elles, qui veut maintenir le dossier dans une approche réduisant l’autodétermination à l’option de la séparation. L’Algérie intensifie ses contacts, notamment avec Moscou, pour amender au maximum le premier projet avant la fixation de sa version finale et sa mise au vote.

Les sources d’Assahifa concluent que la résolution attendue peut faire passer le dossier des appels répétés à la négociation à la définition d’étapes concrètes pour sortir d’une impasse vieille de plus d’un demi-siècle.

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