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Le Mexique persiste à commémorer ses liens avec la pseudo-RASD

Le message mexicain promet de renforcer le dialogue avec l’entité du Polisario, allant à l'encontre de la résolution 2797 de l’ONU qui prend pourtant le plan d’autonomie comme base des négociations.

La diplomatie mexicaine a commémoré samedi 24 octobre le 47e anniversaire de l’établissement de ses relations diplomatiques avec la pseudo-RASD, entité proclamée par le Polisario en 1976 et non membre de l’ONU. Nous continuerons à renforcer le dialogue et la coopération dans les espaces multilatéraux, affirme le message.

Un lien figé depuis 1979

Le Mexique a reconnu la pseudo-RASD le 8 septembre 1979, lors de la conférence des pays non alignés, par la voix de son ministre des Affaires étrangères de l’époque, Jorge Castañeda. Il a établi des relations diplomatiques le 24 octobre de la même année. Il est accrédité auprès de cette entité par l’intermédiaire de sa mission permanente à l’ONU à New York. En janvier, la présidente du Sénat mexicain, Laura Itzel Castillo, a invoqué le principe d’autodétermination des peuples pour justifier cette position.

Une position à contre-courant

La résolution 2797 du Conseil de sécurité, adoptée le 31 octobre 2025 par 11 voix pour et 3 abstentions, l’Algérie ne prenant pas part au vote, prend le plan marocain d’autonomie comme base des négociations. Les 27 États membres de l’Union européenne soutiennent ce plan, comme les États-Unis, la France, l’Espagne et le Royaume-Uni. Ce mois-ci, la Quatrième Commission de l’Assemblée générale de l’ONU a adopté sa résolution annuelle sur le dossier par 152 voix pour, 2 contre et 7 abstentions.

En Amérique latine, les retraits se multiplient. La Colombie a annoncé le 7 août le retrait de sa reconnaissance de la pseudo-RASD, une décision que le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, a qualifiée d’historique. Le 10 août, son ministère des Relations extérieures a confirmé le gel de cette reconnaissance : aucun contact politique ou diplomatique, aucun échange de missions et aucun soutien à l’entité dans les enceintes multilatérales, y compris au Conseil de sécurité, où la Colombie siège comme membre non permanent. Bogota reconnaît la souveraineté du Maroc sur l’ensemble de son territoire, y compris ses provinces du sud.

La Bolivie a suspendu en février ses relations avec la pseudo-RASD et rétabli les siennes avec Rabat. Le Pérou avait suspendu les siennes le 8 septembre 2023. Le Chili et le Paraguay ont exprimé leur appui à la position marocaine. En Afrique, le Mali a retiré sa reconnaissance en avril.

Un paradoxe historique

Le Mexique est lui-même issu de l’émancipation de la tutelle coloniale espagnole, en 1821. L’entité qu’il continue de reconnaître a été proclamée le 27 février 1976, au lendemain de la notification à l’ONU par l’Espagne, ancienne puissance coloniale, de la fin de sa présence dans le territoire.

Des relations bridées par cette reconnaissance

Le Maroc et le Mexique entretiennent des relations depuis plus de soixante ans. Le 19 octobre, l’ambassadeur du Maroc au Mexique, Abdelfattah Lebbar, a rencontré le président du Sénat mexicain, Higinio Martínez Miranda, et placé le dossier au premier plan de l’entretien. Le Parti révolutionnaire institutionnel (PRI), formation historique mexicaine, a exprimé sa solidarité avec le Maroc dans la défense de sa souveraineté sur ses provinces du sud. La reconnaissance de la pseudo-RASD continue de peser sur la perspective d’un partenariat stratégique entre Rabat et Mexico.

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