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Lula et Flávio Bolsonaro s’affrontent une dernière fois avant le second tour

Les deux candidats se sont affrontés plus de deux heures sur TV Globo. La dernière enquête Datafolha les donne à égalité, avec 50 % des votes valides chacun.

Le président sortant Luiz Inácio Lula da Silva et le sénateur conservateur Flávio Bolsonaro se sont affrontés vendredi 23 octobre au soir lors de leur ultime débat télévisé, à deux jours du second tour de la présidentielle brésilienne, prévu dimanche 25 octobre. Plus mesuré dans la forme que lors du débat du 18 octobre sur la chaîne Band, l’échange est resté aussi âpre sur le fond. Il a duré plus de deux heures sur TV Globo, la principale chaîne du pays, autour de blocs thématiques allant de l’économie à la sécurité.

Une course à égalité

Flávio Bolsonaro, 45 ans, fils de l’ancien président Jair Bolsonaro, avait devancé Lula au premier tour du 4 octobre avec 47 % des voix contre 45 %. Il avait recueilli 56,1 millions de voix, contre 53,9 millions pour Lula. La dernière enquête Datafolha, publiée le 22 octobre, donne les deux candidats à égalité, avec 50 % des votes valides chacun. Elle montre un recul de Flávio Bolsonaro et une progression de Lula par rapport aux sondages précédents.

Économie : pouvoir d’achat et austérité

Flávio Bolsonaro a dénoncé la perte de pouvoir d’achat : « Le Brésilien, avant, achetait à crédit un réfrigérateur ; maintenant, il achète à crédit ce qu’il y a dedans. » Il a promis de réduire les dépenses publiques en prenant pour référence la politique d’austérité du président argentin Javier Milei. Les coupes envisagées viseraient, a-t-il assuré, la « corruption du gouvernement ». Il a présenté Lula comme un candidat du passé qui laisse « un pays ruiné ».

Lula, qui brigue à 80 ans un quatrième mandat, a défendu la revalorisation du salaire minimum. Il a raillé son rival : « Comment peut-on vouloir être président de la République si on ne connaît même pas le salaire minimum ? » Flávio Bolsonaro a promis des ajustements supérieurs à l’inflation et lié le coût de la vie actuel aux dépenses excessives du gouvernement.

Sécurité publique : les échanges les plus vifs

La tension est montée lors de la séquence sur la sécurité, grande priorité dans un pays miné par le crime organisé. Flávio Bolsonaro a reproché à l’exécutif de maintenir des impôts élevés : « Ça ne sert à rien de donner d’une main et de reprendre avec neuf doigts », en référence au doigt perdu par Lula à l’usine quand il était ouvrier métallurgiste. Lula a répliqué qu’il ne permettrait pas qu’un « milicien » s’adresse à lui ainsi. Sommé de présenter des excuses, le sénateur s’est exécuté, puis a demandé à Lula de s’excuser auprès du peuple brésilien « qui souffre de l’insécurité ».

Corruption et secrets bancaires

Le dernier bloc, de thème libre, a ravivé les accusations de corruption et les interrogations sur les patrimoines des deux camps. Les deux candidats ont de nouveau dit accepter d’ouvrir leurs secrets bancaires.

Lula a exhorté les électeurs à choisir la continuité démocratique et à éviter l’entrée d’un « milicien » au palais du Planalto. Flávio Bolsonaro a promis un retour à l’ordre et à la prospérité. Son père, Jair Bolsonaro, purge une peine de 27 ans de prison pour tentative de coup d’État et avait soutenu sa candidature en décembre.

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