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Eisenkot cible l’électorat marocain avec la campagne « Premier ministre Dialna »

À cinq jours des législatives israéliennes, le parti Yashar de Gadi Eisenkot affiche « Premier ministre Dialna » dans les villes périphériques. Le mot signifie « à nous » en darija marocaine.

À cinq jours des législatives du 27 octobre, le parti Yashar du général Gadi Eisenkot, d’origine marocaine, mise sur son identité pour séduire l’électorat marocain et oriental du Likoud. Il a couvert des villes périphériques de panneaux « Premier ministre Dialna », mot en darija marocaine qui signifie « à nous ».

Les slogans de la campagne

  • « Premier ministre Dialna » : le slogan principal des panneaux, qui signifie « un Premier ministre à nous », en darija marocaine.
  • « Un Premier ministre à nous » : la formule hébraïque, que le quartier général de Yashar juge efficace, d’après Israel Hayom.
  • « Eisenkot fort dans les villes du Likoud » : un volet de la campagne visant les bastions de Benjamin Netanyahou.
  • Une chanson : Yashar a diffusé un titre qui demande pourquoi Netanyahou cache les ministres orientaux du Likoud, indique Haaretz.

À son passage, le mot « dyalna » (« l’un des nôtres ») se fait entendre dans plusieurs endroits du pays, relève Le Devoir.

Les villes visées

Yashar concentre ses moyens sur les villes périphériques, qu’il appelle « les 40 villes d’or ». Parmi elles figurent Eilat, Dimona, Beer-Sheva, Netanya, Hadera, Afula et Holon. Eilat, où Gadi Eisenkot a grandi, a reçu l’un des budgets de campagne les plus élevés. Fils de Marocains, né à Tibériade, il serait le premier Premier ministre d’origine marocaine (et non-ashkénaze) d’Israël.

L’insulte qui a relancé la campagne

Samedi 17 octobre, le présentateur de Channel 14 Yinon Magal a qualifié Gadi Eisenkot de « singe », en le présentant comme un Marocain manipulé par des élites ashkénazes. Benjamin Netanyahou a condamné la formule. Yashar la compare au discours de 1981 qui traitait les électeurs du Likoud de « chah’chahim », terme péjoratif pour les Orientaux. Gadi Eisenkot a répondu : « Le problème n’est pas Yinon Magal, mais celui qui se tient derrière lui. » Selon Ynet, cette insulte a servi la campagne du « candidat marocain », et Haaretz estime qu’elle l’a relancée après une période de somnolence.

Un électorat que se disputent Shas et Yashar

Gadi Eisenkot n’est pas le seul Marocain en lice. Le chef de Shas, Aryeh Deri, est né à Meknès et parle la darija marocaine. Son parti, traditionnellement implanté chez les électeurs séfarades, voit une partie de sa base se tourner vers Yashar, le Likoud et Otzma Yehudit, rapporte le Times of Israel. Gadi Eisenkot a approché des électeurs de Shas et proposé à l’un de ses cadres, Tzuriel Krispel, une place sur sa liste, qu’il a déclinée.

Un pari sur le vote du Likoud

La base électorale du Likoud est composée de beaucoup plus d’Orientaux que d’Ashkénazes. Pour un responsable du bloc du changement cité par Ynet, c’est la première fois que les électeurs du Likoud voient un candidat marocain qu’ils ne parviennent pas à détester. Le taux de participation dans les villes périphériques dira si ce pari tient. Mais les partisans de Netanyahou ne cèdent pas : à Dimona, un électeur d’origine marocaine accuse Gadi Eisenkot d’être l’homme de paille de l’ancien Premier ministre Ehud Barak.

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