Benjamin Netanyahou salue le transfert à Jérusalem de l’ambassade de Colombie, geste rare en Amérique latine
La cérémonie s’est tenue en présence du dirigeant israélien, qui y voit un atout croissant de la région. Les Palestiniens et Riyad dénoncent la décision.

L’ambassade de Colombie a ouvert ses portes à Jérusalem mercredi 14 octobre 2026, en présence du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, qui y a vu une avancée de son pays en Amérique latine.
Geste exceptionnel dans le paysage diplomatique
À l’exception notable des États-Unis, la grande majorité des pays qui reconnaissent Israël maintiennent leur ambassade à Tel-Aviv. Ils estiment que le statut de Jérusalem doit être déterminé dans le cadre d’un règlement définitif du conflit israélo-palestinien. Israël considère Jérusalem comme sa capitale indivisible, une position que la communauté internationale ne reconnaît pas, à l’exception d’une poignée de pays. Israël a pris Jérusalem-Est à la Jordanie lors de la guerre de 1967 et l’a annexée, ce que l’ONU ne reconnaît pas.
Benjamin Netanyahou évoque une défaite du wokisme
Benjamin Netanyahou a jugé que l’Amérique latine représentait un atout croissant pour Israël, confronté à une vive réaction internationale en raison de la guerre à Gaza, y compris de la part de ses alliés occidentaux traditionnels. La coalition mondiale du wokisme vient de subir une défaite, a-t-il affirmé, en référence aux revers électoraux de dirigeants de gauche dans la région, très critiques à l’égard d’Israël. Il a ajouté : Nous sommes prêts à combattre les barbares. Et nous apprécions ceux qui se tiennent à nos côtés, et la Colombie est à nos côtés. Et encore : Vous n’aurez pas de meilleur ami qu’Israël.
Rupture avec Gustavo Petro
Arrivé au pouvoir en août, le président colombien de droite dure, Abelardo de la Espriella, allié de Donald Trump, a rapidement tenu sa promesse de transférer l’ambassade. Il marque ainsi une rupture nette avec son prédécesseur de gauche, Gustavo Petro, qui avait rompu les relations diplomatiques avec Israël en 2024 en raison de la guerre à Gaza. Israël était jusque-là l’un des principaux partenaires de la Colombie dans le domaine de la sécurité.
Dans un message vidéo, Abelardo de la Espriella a évoqué d’« immenses possibilités de coopération », notamment en matière de partage de renseignements et de lutte contre la criminalité organisée. Nous ouvrons une nouvelle porte permettant à la Colombie et à Israël de se rapprocher, a-t-il déclaré, citant la coopération économique, scientifique et universitaire. Sous sa présidence, la Colombie a aussi reconnu la souveraineté revendiquée par Israël sur le plateau du Golan, jusque-là reconnue seulement par Washington.
Condamnations du monde arabe
L’Autorité palestinienne a condamné la décision, estimant qu’elle porte atteinte au consensus international sur le statut juridique de la ville sainte et viole les droits inaliénables du peuple palestinien. L’Arabie saoudite a dénoncé une violation flagrante du droit international.
Pays dotés d’une ambassade à Jérusalem
Hormis la Colombie, les pays qui disposent d’une ambassade à Jérusalem sont :
- les États-Unis ;
- le Guatemala ;
- le Honduras ;
- le Kosovo ;
- la Papouasie-Nouvelle-Guinée ;
- le Paraguay ;
- les îles Fidji ;
- Nauru ;
- le Somaliland, dont l’indépendance n’est pas reconnue internationalement.
Le président argentin, Javier Milei, avait annoncé en juin 2025 le transfert de l’ambassade de son pays à Jérusalem dans le courant de 2026. La semaine dernière, le chef de la diplomatie israélienne a annoncé le transfert prochain de l’ambassade de la République démocratique du Congo.
Enjeu de politique intérieure à quelques jours du scrutin
À l’approche d’un scrutin législatif serré le 27 octobre, l’opposition israélienne impute à Benjamin Netanyahou l’isolement diplomatique du pays.



