Élections au Québec : les indépendantistes du Parti québécois l’emportent avec près de 60 sièges, sur 64 nécessaires pour la majorité
De retour au pouvoir après plus de dix ans mais sans majorité, le parti devra s'appuyer sur l'opposition, alors que le soutien à l'indépendance plafonne autour de 30 %.

Le Parti québécois (PQ), formation indépendantiste dirigée par Paul St-Pierre Plamondon, a remporté lundi 5 octobre les élections provinciales au Québec, sans obtenir la majorité à l’Assemblée nationale. Il s’engage à organiser un nouveau référendum sur l’indépendance, en précisant qu’il attendra la fin du mandat du président américain Donald Trump.
Un gouvernement minoritaire
Au fil du dépouillement, le PQ semble en passe de décrocher près de 60 sièges, sur les 127 de l’Assemblée nationale, soit moins que les 64 nécessaires pour gouverner seul. Il recueille environ 28 % des voix. Il revient au pouvoir pour la première fois depuis 2014 et devra s’appuyer sur les partis d’opposition pour faire adopter ses lois et survivre aux votes de confiance. Paul St-Pierre Plamondon a reconnu que les électeurs avaient refusé la majorité à son parti.
Un référendum promis, mais pas immédiat
Le chef du PQ présente l’indépendance comme essentielle pour préserver l’identité francophone du Québec. Ce serait le troisième référendum organisé dans la province, après ceux de 1980 et de 1995, tous deux perdus par le camp indépendantiste. Dans son discours de victoire, il a déclaré : « Ce rêve se réalisera un jour ». Il a assuré que le projet d’indépendance n’a pas pour objectif d’exclure les Canadiens hors du Québec.
La défaite de la CAQ
La cheffe de la Coalition avenir Québec (CAQ), Christine Fréchette, a reconnu sa défaite. La CAQ, au pouvoir depuis 2018, détenait 79 sièges avant le scrutin. Charles Milliard, chef du Parti libéral du Québec, Éric Duhaime, chef du Parti conservateur du Québec, et Ruba Ghazal, co-porte-parole de Québec solidaire, sont élus dans leurs circonscriptions. Charles Milliard s’est dit prêt à « préparer le futur du Québec ».
Un vote contre la CAQ plus que pour l’indépendance
Daniel Béland, professeur de science politique à l’université McGill, estime que le scrutin portait sur le rejet de la CAQ plus que sur l’indépendance. Le soutien à la souveraineté reste d’environ 30 %, un niveau faible au regard de l’histoire. Un sondage récent le situe à 31 %. Il juge que le résultat minoritaire complique la préparation d’un référendum et constitue probablement une bonne nouvelle pour Ottawa.
Ottawa et le contexte
Le Premier ministre canadien Mark Carney a félicité Paul St-Pierre Plamondon et indiqué qu’Ottawa travaillera avec le nouveau gouvernement, notamment face aux tarifs américains, pour créer des emplois et des logements. Le scrutin intervient en plein conflit commercial avec Washington et avant un vote en Alberta, prévu le 19 octobre, lié à la question de la séparation du Canada.




