Législatives Marocaines 2026: le PJD choisit l’opposition, avant même la nomination d’un chef de gouvernement
Réuni à Bouznika, le Conseil national du PJD a approuvé à l'unanimité le choix de l'opposition, refusant par avance un gouvernement dont ni le chef ni la composition ne sont encore arrêtés.

Le Conseil national du Parti de la justice et du développement (PJD) a décidé, lors de sa session extraordinaire tenue samedi 26 septembre à Bouznika, et par consensus, de ne pas participer au prochain gouvernement, et par conséquent de rejoindre l’opposition. Par cette démarche, le Conseil national a suivi la décision déjà prise par le secrétariat général du parti lors de sa réunion deux jours plus tôt, qui avait annoncé que « la place naturelle du parti est de poursuivre l’exercice de ses rôles constitutionnels, politiques et militants depuis la position de l’opposition nationale responsable et forte ».
Un refus qui précède la nomination d’un chef de gouvernement
Les quelque 200 membres du Conseil national ont approuvé à main levée cette orientation, écartant ainsi toute participation à un gouvernement que le Parti authenticité et modernité (PAM) est censé former et diriger, sur la base des résultats des élections du 23 septembre. Ce gouvernement reste, à ce stade, une hypothèse institutionnelle plus qu’un objet politique concret : le Roi Mohammed VI n’a pas encore désigné de chef de gouvernement, et aucune consultation officielle entre partis pour la formation d’une coalition n’a formellement débuté.
Une porte que le PAM affirmait pourtant ne pas avoir fermée
Cette décision intervient alors que le PAM, par la voix de la coordinatrice de sa direction collégiale, Fatima Ezzahra El Mansouri, avait affirmé ne se fixer « aucune ligne rouge » quant à ses futures alliances, évoquant même la possibilité de discuter avec le PJD, dont elle a salué l’expérience de deux mandats consécutifs à la tête du gouvernement. Le secrétaire général du PJD, Abdelilah Benkirane, avait de son côté qualifié dès le lendemain du scrutin toute hypothèse d’alliance avec le PAM de non-sujet, avant de livrer à l’ouverture du Conseil national une charge contre le RNI et le PAM, qu’il a accusés d’être « à l’origine de la crise ».
Une progression qui redonne au PJD son statut de première force d’opposition
Le PJD avait connu une lourde défaite aux législatives de 2021, tombant à 13 sièges. Il en obtient désormais 54, selon les résultats provisoires, se classant quatrième derrière le PAM (97 sièges), le RNI (66 sièges) et l’Istiqlal (65 sièges) — ce qui en fait la première force de l’opposition s’il y demeure. Le vice-secrétaire général du parti, Driss El Azami El Idrissi, avait dès l’ouverture de la session estimé que le Conseil recommanderait vraisemblablement cette orientation, tandis que Jamaa Mouaatassim, membre du secrétariat général, a justifié ce positionnement par un impératif de lisibilité politique.
Le RNI, autre inconnue de l’opposition à venir
Le PJD n’est pas nécessairement voué à rester seul dans l’opposition. Plusieurs analyses parues depuis l’annonce des résultats posent explicitement la question d’un Rassemblement national des indépendants (RNI) écarté de la prochaine majorité : reconduit au gouvernement, il donnerait à l’exécutif une tonalité de continuité ; relégué dans l’opposition, aux côtés du PJD, il contribuerait au contraire à donner au prochain gouvernement une physionomie renouvelée. Le président du RNI, Mohamed Chouki, a pour l’heure indiqué que son parti ne prendrait position sur les futures alliances qu’après la réunion de ses instances dirigeantes.



