Plus de 30 ambassadeurs de la CELAC réclament un secrétaire général de l’ONU latino-américain
Les 33 États de la communauté invoquent l’équilibre géographique et la rotation entre régions. La Costaricienne Rebeca Grynspan arrive en tête des votes indicatifs du Conseil, sans consensus.

Plus de 30 ambassadeurs de la Communauté des États latino-américains et caribéens (CELAC) se sont réunis mardi 27 octobre devant la presse, au siège de l’ONU, pour porter un message unique : le prochain secrétaire général doit être un ressortissant d’Amérique latine et des Caraïbes. La déclaration, lue par la représentante permanente de l’Uruguay, Laura Dupuy Lasserre, invoque l’équité entre les régions du monde et la rotation géographique.
Un message commun aux 33 États
Les 33 États de la CELAC, dont le Brésil, le Mexique, l’Argentine et la Colombie, estiment que le moment est venu pour un ressortissant de la région d’assumer le poste, en cohérence avec le principe d’équilibre géographique équitable. Ils demandent au Conseil de sécurité de respecter cette aspiration régionale. La nomination d’une personne de la région, soutiennent-ils, renforcera la capacité de l’ONU à répondre aux défis mondiaux et fera du système international un système plus inclusif et plus représentatif. Ils notent que, dans le processus de sélection au Conseil de sécurité, les candidats de la région ont constamment recueilli le soutien le plus fort. L’Uruguay exerce la présidence tournante de la communauté en 2026, et la CELAC avait déjà adressé le 13 octobre une lettre en ce sens au Conseil et à l’Assemblée générale.
Une course sans consensus
La Costaricienne Rebeca Grynspan, secrétaire générale de la CNUCED, est en tête du sixième vote indicatif du Conseil, le 16 octobre, avec neuf voix favorables. Elle a aussi reçu des voix défavorables, dont celles de deux membres permanents. L’Argentin Rafael Grossi et la Guyanienne Carolyn Rodrigues-Birkett ont eux aussi reçu deux voix négatives des cinq membres permanents. Aucun candidat n’a réuni le soutien des cinq membres permanents, alors que le mandat d’António Guterres s’achève le 31 décembre. Selon la Charte, le Conseil de sécurité recommande un candidat et l’Assemblée générale le nomme. Le prochain secrétaire général prend ses fonctions le 1er janvier 2027.
Une candidature venue d’ailleurs
Les Émirats arabes unis ont présenté le 21 octobre la candidature de Lana Nusseibeh, qui a recueilli le soutien de plusieurs États, dont les pays du Golfe et le Maroc. La course compte désormais huit candidats, dont cinq femmes et cinq originaires d’Amérique latine ou des Caraïbes. L’ambassadeur américain Mike Waltz a indiqué que Washington cherche avant tout la personne la plus qualifiée, plutôt que de s’en tenir strictement à la rotation régionale. Celle-ci reste une convention informelle : le seul secrétaire général latino-américain à ce jour est le Péruvien Javier Pérez de Cuéllar, de 1982 à 1991.



