Les Houthis accusent Ryad de pilonner Sanaa, incendie sur un site saoudien d’Aramco
Les Houthis ont accusé samedi l'armée saoudienne d'avoir mené 26 raids sur Sanaa, tandis qu'un incendie s'est déclaré sur un site du groupe pétrolier Aramco près de Ryad, dans un conflit qui aggrave une crise humanitaire que l'ONU juge proche de devenir « absolument dévastatrice ».

Les Houthis pro-iraniens ont affirmé que l’armée saoudienne avait mené samedi 3 octobre 26 raids aériens sur Sanaa, la capitale yéménite qu’ils contrôlent, tandis qu’un journaliste de l’AFP a vu flammes et fumée s’élever d’un site du géant pétrolier Aramco près de Ryad. Si les Houthis n’ont jusque-là pas émis de revendication pour cet incendie, ils ont déjà affirmé avoir ciblé à deux reprises des installations d’Aramco : le mois dernier dans la ville portuaire de Yanbu, principal terminal pétrolier du royaume, et en août dans le sud de l’Arabie saoudite. Les autorités saoudiennes n’ont pas communiqué dans l’immédiat sur l’incendie, dont les causes et circonstances demeurent floues.
Des hostilités sans répit depuis juillet
Les hostilités entre les Houthis et l’Arabie saoudite, frontalière du Yémen, dont elle soutient le gouvernement internationalement reconnu, ne connaissent pas de répit depuis leur reprise en juillet, qui a ouvert un nouveau front dans la guerre au Moyen-Orient. La chaîne Almasirah, affiliée aux combattants antigouvernementaux, a indiqué que des « avions ennemis » du royaume avaient mené 26 frappes dans la journée sur Sanaa, ciblée pour la première fois depuis des années jeudi selon les Houthis, sans fournir de détails sur d’éventuelles victimes. Dans la capitale yéménite, un correspondant de l’AFP a entendu au moins cinq explosions dans différents secteurs, tandis qu’un autre a vu deux avions de combat lancer des missiles. Almasirah avait auparavant rapporté samedi que « l’ennemi saoudien visait avec des missiles le réseau de télécommunications dans la région de Saada », fief des Houthis dans le nord du Yémen.
Un contrôle renforcé sur le détroit de Bab el-Mandeb
Les combats au Yémen se sont intensifiés en septembre, avec une offensive éclair des Houthis. Ils se sont emparés du littoral sur la mer Rouge, renforçant leur emprise sur le détroit de Bab el-Mandeb, après avoir décrété un blocus de la flotte saoudienne. Ce détroit a gagné en importance depuis que la navigation sur le détroit d’Ormuz, passage stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures de l’autre côté de la péninsule arabique, connaît de fortes restrictions imposées par l’Iran fin février après le déclenchement de la guerre par des frappes israélo-américaines.
Une crise alimentaire jugée « absolument dévastatrice »
La dernière offensive terrestre menée par les Houthis a fait des centaines de morts et aggrave la crise humanitaire que traverse le pays. La crise de la faim au Yémen, pays le plus pauvre de la péninsule arabique, menace de devenir « absolument dévastatrice », a averti vendredi le Programme alimentaire mondial (PAM) de l’ONU. Près de 75 % des foyers yéménites dans les zones accessibles à l’agence ne parviennent plus à couvrir leurs besoins alimentaires de base, selon le PAM, qui réclame 109 millions de dollars pour une aide d’urgence et 158 millions de dollars pour maintenir ses opérations régulières sur les six prochains mois. L’agence a par ailleurs indiqué venir en aide à plus de 70 000 personnes récemment déplacées et apporter son soutien à plus de 3 700 Yéménites ayant fui vers Djibouti en traversant la mer Rouge. L’ONU a également réitéré ses appels à la libération immédiate de 73 membres de son personnel, dont des agents du PAM, toujours détenus par les Houthis.
Une réunion de l’administration Trump à Camp David
Alors que les tractations diplomatiques pour un règlement du conflit régional marquent le pas, le site d’information américain Axios, citant trois responsables américains, a fait état d’une réunion vendredi à Camp David des principaux membres du cabinet de Donald Trump pour discuter des prochaines étapes envers l’Iran et la situation au Yémen. Les appels de Ryad à une aide internationale, notamment de la part de son allié américain, ont pour l’instant été infructueux.



