Deux pilotes saoudiens tués dans un crash d’hélicoptère près du Yémen
La coalition évoque une défaillance technique, les Houthis un tir. Le royaume vit au ralenti : aéroport de Ryad fermé, télétravail et écoles à distance.

La coalition menée par l’Arabie saoudite a annoncé dimanche 18 octobre 2026 la mort de deux pilotes dans un crash d’hélicoptère près de la frontière yéménite. Ce sont les premiers décès de militaires depuis la reprise des hostilités avec les Houthis en juillet.
Le crash de Najran
« Un hélicoptère de reconnaissance AH-6i appartenant à la garde nationale s’est écrasé (…) sur le territoire saoudien dans la région de Najran après une défaillance technique, causant la mort des deux officiers qui composaient son équipage », a déclaré le porte-parole de la coalition, Turki al-Malki, rapporte l’agence officielle SPA. Samedi, le porte-parole des Houthis, Yahya Saree, avait affirmé que ses forces avaient « abattu un hélicoptère apache de l’ennemi saoudien » dans la même région.
Des interceptions quotidiennes
Dans la nuit de samedi à dimanche, la coalition a intercepté deux drones au-dessus de la région de Ryad et un troisième au-dessus de la province orientale, riche en pétrole, après des alertes de « menace aérienne » à Ryad. Elle a aussi intercepté deux missiles balistiques lancés par les Houthis en direction de Khamis Mushait, dans le sud du royaume.
Un quotidien bousculé
L’aéroport de Ryad, visé le 10 octobre par une attaque qui a fait 13 morts et des centaines de blessés, la plus meurtrière sur le sol saoudien en plus d’une décennie, reste fermé sans date de réouverture. Le Kingdom Centre, tour de 99 étages qui abrite le bureau régional du FMI, impose le télétravail « avec effet immédiat et jusqu’à nouvel ordre ». Les écoles de Ryad et de sa périphérie prolongent l’enseignement à distance.
Octobre ouvre généralement la saison des grands événements, qui attirent hauts dirigeants et grands patrons. Les attaques ont mis en évidence des lacunes dans la défense du royaume, malgré ses investissements en équipements de pointe. Ses appels à une aide internationale, notamment américaine, sont restés largement infructueux.
Au Yémen
Les Houthis font état de 12 morts, dont trois enfants, et de dizaines de blessés dans des frappes saoudiennes depuis vendredi dans le sud-ouest du pays. Leur agence Saba accuse l’armée saoudienne d’avoir utilisé des bombes à sous-munitions. Après des années d’accalmie, le conflit entre le gouvernement yéménite soutenu par Ryad et les Houthis a repris en juillet. Les hostilités se sont intensifiées en septembre, avec la prise du littoral yéménite de la mer Rouge par les Houthis et des attaques d’une ampleur inédite contre les infrastructures pétrolières et les aéroports du royaume.
L’Égypte et l’Iran
Le Parlement égyptien se réunit dimanche en séance extraordinaire pour valider l’aide que le président Abdel Fattah al-Sissi se dit prêt à apporter à Ryad. « Je ne parle pas d’affronter ou d’attaquer qui que ce soit. Nous parlons uniquement de défense », a-t-il souligné. L’Égypte ne fait pas partie du pacte de défense de La Mecque, conclu en août entre l’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan. L’Iran, accusé par l’Arabie saoudite et le Yémen d’avoir encouragé l’escalade, dément toute implication et a renouvelé samedi son offre de médiation, restée sans réponse de Ryad et rejetée par Aden.



