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Le candidat à la présidentielle française, Edouard Philippe, persiste dans une rhétorique stigmatisante sur l’immigration

Ces derniers jours, le candidat de droite à l’élection présidentielle de 2027, Edouard Philippe, multiplie les déclarations pour faire de de la question migratoire un enjeu central de la campagne électorale.

Dans Le Point et sur TF1, Edouard Philippe a estimé que les images de pillages de la mobilisation du 17 octobre  montraient un nombre important de jeunes Français issus de l’immigration, considérant que cette situation devait, selon lui, être examinée « les yeux dans les yeux ».

Et au chef de file du parti Horizons d’affirmer que « la surreprésentation de jeunes issus de l’immigration était patente », avant de conclure à « l’échec de l’intégration » en France.

Prononcés une semaine après l’attentat raciste et islamophobe de Trappes, ces propos font écho aux discours de l’extrême droite sur les « Français de papiers ». Ils soulèvent une question : au bout de combien de générations une personne est-elle considérée comme pleinement intégrée, assimilée ou française ?

« On est Français ou on n’est pas Français, qu’on soit issue de l’immigration ou pas », s’est insurgé sur France Info le ministre des Relations avec le Parlement Laurent Panifous.

« Alors de combien de générations? Est-ce que c’était papa ? Est-ce que c’était grand-papa qui était issu de l’immigration? On est Français ou on n’est pas Français », s’est-il agacé, affirmant refuser de « faire le lien entre immigration et délinquance ».

Le maire du Havre dit considérer ces jeunes issus de l’immigration comme Français. Mais le fait de souligner leur origine nourrit la haine et une suspicion collective envers les Français issus de l’immigration. C’est ce que dénoncent ses critiques, qui y voient une rhétorique racialisante, qui épouse les discours d’extrême droite sur les « Français de papiers ».

En reliant l’origine immigrée de jeunes Français aux pillages, le maire du Havre reprend le thème d’une immigration associée à la délinquance, chère à l’extrême droite.

Un constat avancé pour justifier un durcissement migratoire

Dans Le Point, Édouard Philippe relie ce diagnostic à son programme. S’il est élu, il entend « diviser l’immigration légale par deux », limiter la délivrance des titres de séjour aux motifs professionnels et aux études, restreindre le regroupement familial, réformer l’instruction de l’asile et dénoncer le traité franco-algérien de 1968.

Aux jeunes qui manifestent, il propose de « réinvestir l’école », de mieux transmettre les valeurs républicaines et de rétablir un service national obligatoire. Son approche droitière veut ainsi diviser les immigrés jugés utiles à l’économie — étudiants et travailleurs — de ceux qu’il souhaite davantage restreindre.

Cette conception utilitariste n’est pas nouvelle. En novembre 2019, alors qu’il était Premier ministre, Edouard Philippe défendait déjà la fixation d’objectifs quantitatifs ou de quotas pour l’immigration professionnelle.

« Voir un candidat comme Édouard Philippe courir après le Rassemblement national, c’est misérable, et c’est pour moi un véritable naufrage, et moral, et politique » , a pour sa part déclaré l’ancien Premier ministre, Dominique de Villepin,  rappelant la  « responsabilité »  des politiques.

Les partisans du candidat à la présidentielle présentent cette politique comme une réponse aux besoins économiques et aux pénuries de main-d’œuvre. Ses opposants y voient une immigration subordonnée aux besoins du marché du travail, tandis que les droits des personnes et les parcours familiaux sont relégués au second plan.

Reste une question centrale : peut-on dénoncer des pillages sans faire dans le racisme ? Pour étayer une affirmation de « surreprésentation », il faudrait des données précises et comparables que le candidat Philippe ne donne pas. Sans elles, la formule risque moins d’éclairer les causes des violences que de pointer du doigt une population comme suspecte.

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