À Rabat, un atelier met l’accent sur la coopération consulaire pour protéger les migrants

La coopération diplomatique et consulaire en matière d’identification légale des migrants est essentielle pour garantir leur protection et faciliter leur retour volontaire dans leur pays d’origine. C’est le message porté mercredi à Rabat, lors d’un atelier organisé par l’Organisation internationale pour les migrations au Maroc (OIM-Maroc), en partenariat avec la Fondation Diplomatique.
L’identité légale, une garantie de dignité et de droits
Les participants ont rappelé que l’accès à une identité légale dépasse le cadre des formalités administratives. Il constitue une garantie fondamentale de la dignité et des droits des personnes migrantes, notamment lorsqu’elles entreprennent un retour volontaire.
Le président de la Fondation Diplomatique, Abdelati Habek, a souligné que le Maroc, sous la conduite de SM le Roi Mohammed VI, a développé une approche migratoire conciliant souveraineté, dignité humaine et solidarité africaine. Le Royaume étant également devenu un pays d’accueil et de résidence, il doit adapter ses réponses à des réalités migratoires complexes, a-t-il indiqué.
M. Habek a notamment évoqué les difficultés liées aux délais d’identification légale, qui peuvent prolonger l’incertitude et accroître la vulnérabilité des migrants. La coopération diplomatique peut contribuer à améliorer les procédures, le suivi des dossiers et les délais de traitement, a-t-il estimé.
Il a également plaidé pour une meilleure coordination entre les institutions concernées, notamment par la désignation d’interlocuteurs clairement identifiés, l’harmonisation des informations et l’examen conjoint des dossiers complexes.
Des obstacles administratifs aux conséquences humaines
La cheffe de mission de l’OIM-Maroc, Laura Palatini, a rappelé que l’identité légale facilite l’exercice des droits et l’accès aux services, tout en contribuant à prévenir les situations de vulnérabilité et d’exclusion.
L’absence de documents constitue aussi un obstacle majeur pour les personnes souhaitant rentrer volontairement dans leur pays. Elle peut prolonger les délais et l’incertitude, a-t-elle relevé, soulignant que ces difficultés touchent particulièrement les personnes ayant des besoins spécifiques en matière de protection, comme les enfants non accompagnés ou séparés de leur famille et les victimes de la traite des êtres humains.
Un accord entre l’OIM-Maroc et la Fondation Diplomatique
L’atelier doit permettre aux participants d’échanger leurs expériences et de dégager des solutions concrètes. Parmi les pistes évoquées figurent le renforcement de la coordination consulaire, la simplification de la vérification de la nationalité et de la délivrance des documents de voyage, ainsi qu’une meilleure prise en charge des situations individuelles complexes.
Le représentant de la délégation de l’Union européenne au Maroc, Rocco Busco, a insisté sur la dimension humaine du retour volontaire. Au-delà des démarches administratives, a-t-il souligné, il s’agit du parcours d’une personne qui a pris la difficile décision de rentrer dans son pays et qui peut attendre plusieurs semaines avant que son identité soit confirmée.
La séance inaugurale a également été marquée par la signature d’un accord de coopération entre l’OIM-Maroc et la Fondation Diplomatique. Signé par Laura Palatini et Abdelati Habek, il vise notamment à renforcer le dialogue diplomatique et la coordination consulaire en matière d’identification, de documentation et de protection des migrants vulnérables. Il prévoit également des échanges d’expertise et le développement d’initiatives de formation, d’études et de sensibilisation.
Deux jours d’échanges sur les procédures consulaires
Consacré à l’identité juridique et à la coopération consulaire dans le cadre de l’assistance au retour volontaire et à la réintégration (ARVR), l’atelier réunit des ambassadeurs, des représentants diplomatiques et consulaires, des institutions nationales, des partenaires internationaux ainsi que des experts de l’OIM. Les échanges portent notamment sur la vérification de la nationalité, les entretiens consulaires et la délivrance des documents de voyage.
Cette rencontre constitue le deuxième volet du processus de concertation diplomatique et consulaire engagé par les deux parties en mars dernier. L’objectif est de mettre en place des mécanismes durables de communication et de répondre aux difficultés administratives et documentaires rencontrées par les bénéficiaires du programme d’aide au retour volontaire et à la réintégration.




