Sénégal : le siège de la rébellion casamançaise démantelé, une trentaine d’arrestations
Les forces de sécurité ont mené mardi une opération au siège de l’aile politique du Mouvement des forces démocratiques de Casamance, à Ziguinchor. Une trentaine de personnes ont été interpellées.

L’armée et la gendarmerie sénégalaises ont « démantelé » mardi 27 octobre 2026 le siège de l’aile politique du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC), à la périphérie de Ziguinchor, dans le sud du Sénégal. Une trentaine de personnes qui s’y trouvaient ont été interpellées par la gendarmerie. Un premier décompte faisait état de 28 personnes, dont neuf femmes.
Une opération conjointe de l’armée et de la gendarmerie
Le site, situé à Lyndiane Coboda et connu sous le nom de « Mangoukouro », était le quartier général du MFDC. Il abritait souvent des rencontres et des manifestations liées à la mémoire de responsables et de combattants disparus du mouvement, et des photos de responsables et des symboles de la rébellion étaient affichés sur ses murs.
Des téléphones portables, des documents, des drapeaux du MFDC et d’autres objets ont été saisis. Les personnes interpellées et le matériel saisi ont été remis à la Section de recherches de la gendarmerie de Ziguinchor, dans le cadre d’une enquête judiciaire. Les autorités ont qualifié l’affichage d’un drapeau du MFDC d’« acte de provocation ».
L’opération a coïncidé avec l’anniversaire de la mort, le 27 octobre 2019, d’Abdou Elinkine Diatta, figure de la rébellion tuée par des hommes armés près de Ziguinchor.
L’un des plus vieux conflits d’Afrique
Le MFDC lutte depuis décembre 1982 pour l’indépendance de la Casamance, région séparée d’une partie du Sénégal par la Gambie. Les indépendantistes y ont pris le maquis, avec un armement rudimentaire, après la répression d’une marche du mouvement. Le conflit a fait des milliers de victimes et ravagé l’économie de la région. Il persiste aujourd’hui avec une moindre intensité et de façon sporadique.
Divisé en plusieurs factions, le mouvement est affaibli depuis quelques années. Ses combattants, accusés de trafic de bois et de chanvre, se sont souvent réfugiés en Gambie ou en Guinée-Bissau voisines.




