Les Houthis revendiquent une nouvelle attaque contre l’aéroport de Riyad après l’interception d’un missile
Les rebelles yéménites ont annoncé mercredi un nouveau tir visant l’aéroport de la capitale saoudienne. Riyad confirme une frappe contre Aramco, et le conflit touche désormais le sport, l’économie et l’aide humanitaire.

Les Houthis pro-iraniens du Yémen ont revendiqué mercredi 14 octobre 2026 une nouvelle attaque contre l’aéroport de Riyad, quelques heures après l’annonce par l’Arabie saoudite de l’interception d’un missile tiré en direction de la capitale. Plus tôt dans la journée, ils avaient revendiqué des attaques contre un site d’Aramco à Dhahran et déjà contre l’aéroport de Riyad.
Explosions dans la capitale saoudienne
De puissantes explosions ont encore secoué mercredi Riyad, déjà visée par des attaques quotidiennes sans précédent depuis plus d’une semaine, dans une escalade de la guerre entre les combattants yéménites et la coalition militaire menée par l’Arabie saoudite. La plus grave de ces attaques contre l’aéroport, samedi, a fait 13 morts et des centaines de blessés. Un habitant a été blessé mercredi par la chute de débris après l’interception d’un missile balistique par la coalition, a annoncé la défense civile saoudienne. Des habitants ont garé leur voiture sur le bas-côté pour observer le ciel. Les frappes visaient ces dernières semaines surtout la périphérie de la ville, mais elles semblent désormais se rapprocher du centre, à en juger par les traînées de missile.
Yahya Saree, porte-parole militaire des Houthis, a déclaré dans la soirée que les forces yéménites avaient ciblé l’aéroport international King Khalid avec un missile balistique, et que le tir a été précis.
Aramco confirme une frappe à Dhahran
Le ministère saoudien de l’Énergie a confirmé qu’un bâtiment d’Aramco à Dhahran, dans l’est du royaume, avait été touché mardi soir par une frappe qui a provoqué un incendie limité. La ville abrite le siège d’Aramco, un vaste complexe de plusieurs bâtiments et lotissements. Deux employés, sous couvert d’anonymat, affirment qu’une tour du siège a été touchée dans la nuit et que les trois derniers étages ont été détruits. L’accès au site n’a pas été accordé pour vérifier l’étendue des dégâts.
Sport, culture et investissement perturbés
Le conflit commence à affecter la vie du royaume, premier exportateur mondial de brut. Octobre marque généralement, avec la fin des chaleurs estivales, le début de la haute saison du pèlerinage à La Mecque et d’autres grands événements.
- Des sources diplomatiques indiquent que le royaume veut maintenir son « Davos du désert », prévu à la fin du mois, mais dans un format mêlant présentiel et distanciel.
- La Ligue saoudienne de football a reporté trois matchs prévus cette semaine, en invoquant « des raisons logistiques ».
- La troisième édition du tournoi exhibition de tennis Six Kings Slam, initialement prévue du 21 au 24 octobre, est reportée à fin décembre.
- La Fashion Week d’octobre est annulée, avec rendez-vous en 2027.
L’alerte du FMI
Le Fonds monétaire international s’est alarmé mercredi du fait que les attaques contre l’Arabie saoudite peuvent avoir des répercussions partout dans le monde en renchérissant davantage les cours des hydrocarbures. Ces attaques sont sans précédent depuis l’entrée en guerre, en 2015, de la coalition dirigée par Riyad en soutien au gouvernement yéménite.
Sur le terrain yéménite, situation humanitaire critique
Après une accalmie à partir de 2022, le conflit a repris en juillet, ouvrant un nouveau front de la guerre au Moyen-Orient. En septembre, les Houthis ont pris le littoral yéménite sur la mer Rouge, renforçant leur emprise sur le détroit de Bab el-Mandeb. Mardi soir, la coalition a dit avoir frappé des installations pétrolières de Sanaa, aux mains des Houthis, et d’autres infrastructures. Les forces gouvernementales peinent malgré tout à reprendre les territoires conquis, et les Houthis ont resserré leur étau sur Taëz, troisième ville du pays.
Le Programme alimentaire mondial a averti que les combats avaient coupé son accès à quelque 800 000 personnes. Le Comité international de la Croix-Rouge s’alarme de son côté d’une augmentation « sans précédent » de blessés de guerre et d’hôpitaux débordés.




