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Au Royaume-Uni, le retour dans l’UE revient au cœur du débat politique

Dix ans après le référendum sur le Brexit, le Premier ministre britannique, Andy Burnham, a rouvert le dossier du retour du Royaume-Uni dans l’Union européenne (UE), une question que son prédécesseur, Keir Starmer, avait soigneusement écartée.

Ce développement intervient au moment où une majorité des Britanniques se dit désormais favorable à une relation plus étroite avec Bruxelles. Selon une récente enquête de YouGov, 59% des Britanniques en âge de voter soutiennent même une réadhésion. Mais les conditions d’un tel retour, son calendrier et ses conséquences politiques restent largement ouverts.

Le débat sur le Brexit connaît ainsi un spectaculaire retour au premier plan. Lors du congrès travailliste, organisé le week-end dernier à Liverpool, M. Burnham a annoncé une révision des différentes options pour les relations futures avec l’UE. Interrogé par la BBC au lendemain du congrès, il a évoqué plusieurs scénarios, notamment un maintien de l’accord actuel, un rapprochement avec l’union douanière, un retour dans le marché unique ou une réintégration dans le bloc européen.

Le Premier ministre affirme vouloir examiner « ce qui est faisable », ainsi que les avantages et les inconvénients de chaque option. Il estime également que le Brexit a « fait plus de mal que de bien », notamment sur le plan économique. Il ne propose toutefois, à ce stade, ni procédure immédiate de réadhésion ni nouveau référendum.

Sous M. Starmer, le Labour avait exclu un retour dans l’union douanière ou le marché unique et écarté explicitement toute perspective de réadhésion. Le manifeste travailliste de 2024 avait fixé ces « lignes rouges ». M. Burnham accepte désormais que ces options soient examinées.

Selon le quotidien The Guardian, des responsables de Downing Street ont pris contact avec des instituts de sondage et des think-tanks afin de mesurer l’opinion sur une éventuelle promesse de réadhésion dans le prochain programme électoral travailliste.

Le changement de discours britannique a reçu un accueil favorable en Europe. Le président français Emmanuel Macron a déclaré qu’un éventuel retour britannique serait une « très bonne nouvelle » pour le Royaume-Uni comme pour les Européens. La Commission européenne se montre plus prudente, soulignant que Londres doit d’abord définir ses ambitions.

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