Mounir Laymouri, maire de Tanger, écroué à Assilah dans l’enquête sur des bulletins falsifiés
Le maire de Tanger, Mounir Laymouri, a été placé en détention provisoire et transféré à la prison d'Assilah, à l'issue de son audition par le juge d'instruction dans l'enquête sur des bulletins de vote saisis le jour du scrutin.

Le maire de Tanger, Mounir Laymouri, a été transféré à la prison d’Assilah, à l’issue de l’audition menée jeudi 1er octobre par le juge d’instruction près la Cour d’appel de la ville. Le magistrat a décidé de le poursuivre en état de détention provisoire, à la suite d’un réquisitoire du parquet demandant sa poursuite en détention.
Un mode opératoire détaillé par le parquet
Selon le parquet de Tanger, les suspects auraient utilisé un appartement d’hôtel pour cocher systématiquement le symbole d’une formation politique sur l’ensemble de bulletins soustraits. Deux valises de bulletins avaient été récupérées aux bureaux de vote de l’école Al-Qods, dans le quartier de Casabarata, constituant la pièce centrale du dossier. Dans un communiqué daté du 1er octobre, le parquet de Tanger a précisé que deux nouvelles personnes avaient été déférées, un chef d’entreprise et son comptable, ce dernier étant soupçonné d’avoir participé activement au marquage des bulletins. Sans le nommer explicitement, le communiqué décrit l’employeur du comptable comme le présumé commanditaire de l’opération, un profil correspondant à celui de Mounir Laymouri selon des sources concordantes.
Un retour au Maroc suivi d’une arrestation
Mounir Laymouri avait été interpellé lundi 28 septembre à l’aéroport Ibn Battouta, à sa descente d’un vol en provenance de Málaga, en exécution d’un mandat de recherche national, puis placé en garde à vue sur décision du procureur général du Roi. Il avait lui-même annoncé, avant son interpellation, son intention de rentrer à Tanger après ce qu’il avait présenté comme un déplacement professionnel en Espagne, contestant alors toute volonté de fuite. Sa garde à vue avait ensuite été prolongée pour approfondir certains éléments du dossier, avant sa comparution devant le procureur général du Roi puis devant le juge d’instruction.
Une affaire qui remonte au jour du scrutin
L’affaire avait éclaté après la découverte de documents électoraux irréguliers dans un bureau de vote de la circonscription de Tanger-Assilah, le jour du scrutin législatif du 23 septembre. Les investigations avaient conduit à l’interpellation de cinq premiers suspects, parmi lesquels les présidents de deux bureaux de vote et leurs suppléants, avant que le nom de Mounir Laymouri, également responsable de la campagne électorale du PAM à Tanger et secrétaire provincial du parti pour Tanger-Assilah, n’apparaisse dans le dossier.
Une présomption d’innocence rappelée
Le PAM avait dénoncé, dans un communiqué, une « campagne malveillante et fabriquée » et un « complot politique », estimant que les faits rapportés dans certains bureaux de vote relevaient d’un scénario mis en scène pour nuire à son image. L’instruction se poursuit, et il appartient désormais au juge d’instruction de confronter les déclarations des suspects aux éléments matériels recueillis et de déterminer la responsabilité éventuelle de chacun. Aucune juridiction ne s’est à ce stade prononcée sur le fond, et les personnes poursuivies bénéficient de la présomption d’innocence.



