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Israël n’a pas pu « briser la résistance » du Hezbollah, affirme son chef Naïm Qassem

Deux ans après l'assassinat de Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah a affirmé devant une foule immense qu'Israël n'était pas parvenu à briser son mouvement, alors qu'un ministre israélien a réclamé l'annexion du Sud-Liban jusqu'au fleuve Litani.

Le chef du Hezbollah libanais, Naïm Qassem, a affirmé qu’Israël n’avait pas réussi à « briser » la résistance du groupe, lors d’un discours dimanche 27 septembre commémorant l’assassinat du chef charismatique de la formation pro-iranienne, affaiblie par deux guerres avec l’armée israélienne. « Ils n’ont pas réussi à atteindre leurs objectifs, à briser la résistance et mettre un terme à son existence, à consacrer l’occupation israélienne et à instaurer des colonies » dans le Sud du Liban, a assuré le chef du Hezbollah. Son discours était retransmis sur des écrans géants à l’énorme foule, estimée à des dizaines de milliers de personnes par des journalistes de l’AFP, rassemblée dans et autour du mausolée de Hassan Nasrallah.

Un mouvement affaibli par deux guerres

Le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, avait été tué lors d’une frappe israélienne en septembre 2024 sur la banlieue sud de Beyrouth, bastion du mouvement pro-iranien où se trouve son mausolée. Le Hezbollah est sorti affaibli de deux guerres avec Israël. Il est sorti de la première, menée pour soutenir le Hamas palestinien à Gaza, décapité et avec une partie de son arsenal détruit. Il a pourtant entraîné de nouveau le Liban dans la guerre en mars dernier, pour soutenir l’Iran dans son conflit avec les États-Unis et Israël. Israël a riposté par d’intenses bombardements au Liban, dont il a occupé une partie du sud. Ces hostilités en 2026 ont fait plus de 4 300 morts, selon Beyrouth, et des centaines de milliers de personnes sont toujours déplacées.

« Nasrallah nous a montré la voie »

Dans la foule, des femmes en noir pleuraient, des hommes répétaient « Mort à l’Amérique, mort à Israël », d’autres brandissaient des fanions jaunes du Hezbollah, ainsi que des drapeaux libanais et iraniens. Hassan Nasrallah, qui a dirigé le Hezbollah de 1992 jusqu’à son assassinat en 2024, avait fait évoluer le parti en une force politique et militaire incontournable.

Un désarmement réclamé, un dialogue conditionné

Sous la pression internationale, en particulier américaine, le Liban a élaboré un plan pour désarmer le Hezbollah, mais le parti s’y oppose et rejette les négociations entamées entre Israël et le Liban pour mettre fin à des décennies de conflit. « Toute la pression aujourd’hui sur le Liban vise à accomplir ce qu’Israël n’a pas réussi à faire en deux ans (…) ils veulent que l’armée désarme le Hezbollah », a dit Naïm Qassem, jugeant que l’institution militaire libanaise n’allait pas entrer en confrontation avec son parti car il s’agit d’une « armée nationale ». Il a assuré être prêt « au dialogue » avec le pouvoir libanais au sujet du désarmement. « Mais qu’ils libèrent le sud d’abord, et que les habitants y retournent », a-t-il lancé.

Un accord-cadre à la mise en œuvre bloquée

Le Liban et Israël ont conclu en juin un accord-cadre sous les auspices des États-Unis, qui prévoit le retrait progressif des forces israéliennes sous réserve d’un désarmement du Hezbollah. Mais sa mise en œuvre piétine, et Israël a prévenu qu’il resterait dans le Sud du Liban tant que perdureraient les menaces sur sa sécurité. Début septembre, l’armée israélienne avait mené d’importantes démolitions sur la crête d’Ali al-Taher pour détruire des infrastructures attribuées au Hezbollah.

Une annexion prônée par un ministre israélien

Le ministre israélien d’extrême droite Bezalel Smotrich a prôné dimanche une annexion du Sud-Liban « jusqu’au fleuve Litani », à une trentaine de kilomètres au nord de la frontière, y voyant un moyen pour Israël de mieux dissuader ses ennemis. La violence a diminué après un protocole d’accord américano-iranien en juin, puis l’accord-cadre. Israël continue cependant de mener des attaques, disant viser des infrastructures du Hezbollah dans le sud. Le mouvement n’a plus revendiqué d’attaque depuis l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu avec Israël le 20 juin.

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