Washington affirme avoir perdu confiance dans le maintien de la paix, à six semaines de la décision sur la MINURSO
Les États-Unis demandent au Conseil de sécurité de resserrer les mandats des opérations de paix, à six semaines de la décision sur la MINURSO.

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Le représentant américain pour la gestion et la réforme de l’ONU, Jeff Bartos, a affirmé le 18 septembre devant le Conseil de sécurité que Washington ne croit plus à l’efficacité du maintien de la paix onusien. « Nous avons perdu confiance dans la capacité du maintien de la paix, tel qu’il est actuellement conçu et financé, à produire des résultats proportionnés à son coût et à son ampleur », a-t-il déclaré lors du débat consacré à l’examen sur l’avenir de toutes les formes d’opérations de paix des Nations unies.
Cinq principes de réforme
Jeff Bartos a structuré la position américaine autour de cinq principes. Le Secrétariat et la direction des missions doivent fournir au Conseil des évaluations sans fard, assorties de recommandations précises pour reconfigurer ou supprimer les missions insuffisamment performantes. Le Secrétariat doit ensuite mettre en place une planification intégrée au niveau de chaque mission, avec des objectifs réalistes et une vision claire de la fin de mission. Les mandats doivent rester centrés sur les fonctions de sécurité au service d’un projet politique, et le Conseil doit cesser d’y ajouter des formulations superflues. Le quatrième principe porte sur la responsabilité en matière de performance et de conduite, avec une application rigoureuse de la tolérance zéro pour les exploitations et abus sexuels. Le cinquième réclame la poursuite d’économies stratégiques : les économies de l’initiative UN80 sont, a-t-il dit, un point de départ et non une ligne d’arrivée.
Un maintien de la paix « trop vaste »
Le diplomate américain a jugé que le maintien de la paix « est devenu trop vaste et cherche à accomplir trop de choses ». Il a qualifié les missions actuelles d’« instruments imparfaits qui nécessitent une réforme fondamentale » et a appelé à des mandats clairs, non à des « renouvellements de mandat indéfinis qui tiennent lieu de stratégie ». Selon lui, quand les missions sont sous tension, c’est en général le résultat d’une mauvaise priorisation et non d’un manque de ressources. Il n’a cité aucune mission nommément. Pour 2026-2027, le Secrétaire général de l’ONU a proposé un budget de maintien de la paix de 5,23 milliards de dollars, en baisse de près de 7,5 %.
Le parallèle avec la MINURSO
Aucune mission n’étant désignée, la lecture de ces principes à la lumière de la MINURSO relève de l’analyse. Créée en 1991 pour organiser un référendum d’autodétermination qui n’a jamais eu lieu, la mission voit son mandat renouvelé chaque année. Son mandat actuel expire le 31 octobre 2026. La résolution 2797, rédigée par les États-Unis et adoptée le 31 octobre 2025, a demandé au Secrétaire général une revue stratégique de la mission, lancée le 23 avril devant le Conseil de sécurité. L’ambassadeur des États-Unis auprès de l’ONU, Michael Waltz, avait déjà indiqué en mars que Washington envisageait cette revue stratégique. Le texte de 2025 appelle en outre les parties à négocier sur la base du plan d’autonomie proposé par le Maroc. Des négociations directes entre le Maroc, le Front Polisario, l’Algérie et la Mauritanie ont repris début 2026 à Madrid puis à Washington, une première depuis près de sept ans. L’Algérie et le Front Polisario continuent de réclamer un référendum d’autodétermination. Le 15 septembre, le conseiller du président américain pour les affaires arabes et africaines, Massad Boulos, a appelé à progresser vers une résolution durable et mutuellement acceptable, conforme à la résolution 2797.
Un mois d’octobre plus dense qu’en 2025
Pour la diplomatie marocaine, octobre 2026 s’annonce plus dense encore qu’octobre 2025. Le Conseil de sécurité devra se prononcer sur la MINURSO au moment où trois dossiers se croisent : les conclusions de la revue stratégique, la reprise des négociations directes et l’offensive américaine pour réformer l’ensemble du maintien de la paix. En octobre 2025, la résolution 2797 avait été adoptée par 11 voix pour et 3 abstentions (Chine, Russie, Pakistan), l’Algérie n’ayant pas pris part au vote. Le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita, s’est entretenu la semaine dernière à New York avec le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres.




