L’Iran accentue la menace sur le trafic du détroit d’Ormuz, tandis que les frappes se poursuivent à Sanaa
Trois navires ont été frappés par des projectiles dimanche dans le détroit, et Téhéran revendique des tirs contre des « navires de contrebande ». Au Yémen, les Houthis menacent l’Arabie saoudite.

L’Iran semble viser les navires commerciaux qui effectuent des transferts de pétrole de navire à navire dans le détroit d’Ormuz et à proximité, afin de réduire la capacité à acheminer l’énergie par cette voie. C’est l’analyse publiée mardi 13 octobre 2026 par l’Institute for the Study of War, un institut américain, qui ajoute que Téhéran développe peut-être ses capacités de missiles antinavires.
Trois navires touchés par des projectiles non identifiés
Le Centre britannique des opérations commerciales maritimes a indiqué lundi qu’au moins trois navires avaient été frappés dimanche par des projectiles non identifiés dans le détroit. Personne n’a revendiqué ces attaques. Samedi, Mohsen Rezaei, secrétaire du plus haut organe de sécurité iranien, a déclaré à la télévision d’État que les forces iraniennes frappaient en moyenne cinq « navires de contrebande » chaque nuit. Il semble évoquer les efforts américains pour faire passer des cargaisons de pétrole par le détroit, avant leur transfert vers de plus gros pétroliers qui attendent dans le golfe d’Oman.
Nouvelles frappes de la coalition à Sanaa
La coalition dirigée par l’Arabie saoudite a mené mardi de nouvelles frappes sur Sanaa, tenue par les Houthis, d’après la chaîne des rebelles et des habitants. Elles ont suivi l’appel d’un porte-parole de la coalition à évacuer le secteur. Des témoins ont entendu des explosions, mais ce qui a été touché n’a pas été établi. Yahya Saree, porte-parole militaire des Houthis, a averti que toute attaque contre Sanaa entraînerait une riposte « ferme et douloureuse » contre la capitale saoudienne.
Les échanges de menaces interviennent alors que l’Arabie saoudite enquête sur l’échec de sa défense aérienne face aux missiles et drones houthis. L’attaque de samedi contre l’aéroport international de Riyad a fait au moins 13 morts et plus de 300 blessés.
Les Houthis visent les compagnies aériennes et Aramco
Le ministère des Affaires étrangères contrôlé par les Houthis a averti mardi les compagnies internationales que les vols vers les aéroports saoudiens étaient « dangereux », à l’exception de ceux desservant La Mecque et Médine. Les rebelles ont aussi déclaré que les installations du géant pétrolier saoudien Aramco étaient des cibles légitimes, et demandé aux personnes, dont les employés, de s’en tenir à l’écart.
Taëz sous le feu, Kamaran touchée
Des frappes ont visé plusieurs zones tenues par les Houthis, dont l’île de Kamaran en mer Rouge, ont indiqué leurs médias, qui accusent l’Arabie saoudite sans autre précision. Le ministère yéménite de l’Intérieur affirme de son côté que des tirs houthis sur Taëz ont fait six morts et 18 blessés, alors que les rebelles progressent vers cette grande ville du sud-ouest. Lundi soir, des sirènes ont retenti à Riyad et des explosions ont été entendues. Les Houthis disent avoir tiré un missile balistique vers l’aéroport international du Roi Khalid.
Un mort dans une frappe israélienne à Gaza
Une frappe israélienne a tué une personne mardi dans la bande de Gaza. L’armée israélienne dit avoir visé un militant dans le quartier de Tuffah, à Gaza-ville. Près de 1 500 Palestiniens ont été tués depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, il y a un peu plus d’un an, d’après le ministère de la Santé du territoire, qui ne distingue pas combattants et civils.
Ankara et Islamabad évoquent un soutien militaire à Riyad
Le chef d’état-major de l’armée turque, le général Selçuk Bayraktaroğlu, s’est entretenu par téléphone avec le chef de l’armée pakistanaise, le général Asim Munir, a indiqué le ministère turc de la Défense. Les deux pays envisagent d’apporter un soutien militaire à l’Arabie saoudite dans le cadre d’un accord de défense trilatéral. Le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, avait exclu la semaine dernière l’envoi de troupes de combat.




