En directInternational

Les États-Unis durcissent encore les sanctions contre Cuba

Les États-Unis ont annoncé un nouveau durcissement des sanctions contre Cuba, restreignant les transactions financières indirectes et supprimant l'accès bancaire américain pour les entrepreneurs privés cubains, une mesure qui entre en vigueur mercredi.

Les États-Unis ont annoncé mardi 29 septembre un durcissement des sanctions contre Cuba, avec de nouvelles restrictions concernant les opérations financières liées à l’île communiste, y compris pour le secteur privé cubain en plein essor. Ces sanctions, mises à jour par le Bureau de contrôle des avoirs étrangers (OFAC), qui dépend du Département américain du Trésor, interdisent toute transaction financière « indirecte » avec les entités cubaines sanctionnées, notamment celles liées à l’appareil sécuritaire et à Gaesa, le consortium économique de l’armée cubaine. Ces mesures, qui entrent en vigueur mercredi 30 septembre, mettent en œuvre le décret présidentiel 14404, signé par Donald Trump le 1er mai 2026, et s’inscrivent dans la politique de « pression maximale » engagée par Washington depuis la déclaration d’état d’urgence nationale du 29 janvier 2026 sur les menaces liées au régime cubain.

La fin des transactions « U-Turn » et des comptes pour entrepreneurs privés

L’OFAC supprime aussi une autorisation connue sous le nom de « U-Turn transaction », qui permettait depuis 2024 à des banques américaines de traiter un paiement en dollars impliquant Cuba lorsque l’origine et la destination du paiement étaient hors des États-Unis et n’impliquaient aucun ressortissant américain. Le nouveau règlement supprime également l’autorisation qui permettait aux banques américaines d’ouvrir et de maintenir des comptes au nom d’un ressortissant cubain, entrepreneur indépendant du secteur privé. Cet accès au système bancaire américain pour les entrepreneurs privés avait été autorisé en 2024 sous la présidence du démocrate Joe Biden, dans le cadre de mesures destinées à soutenir le secteur privé naissant sur l’île.

« Des obstacles au secteur privé », dénonce La Havane

« Ces nouvelles mesures de blocus visent à entraver le processus de transformations économiques en cours », a réagi sur X le ministre cubain des Affaires étrangères, Bruno Rodriguez, en référence au vaste programme de réformes en faveur de l’économie de marché lancé en juin par La Havane. « Elles s’attaquent ouvertement tant au secteur public qu’au secteur privé, celui-là même dont certains responsables américains affirment vouloir favoriser le développement », a-t-il dénoncé. Pour Oniel Diaz, consultant pour le secteur privé à Cuba, cette mesure crée des obstacles supplémentaires pour la réussite du secteur privé, en fermant toute option de connexion bancaire, même minimale, avec les États-Unis. Il dit craindre que les banques non américaines durcissent à leur tour leurs procédures, ce qui pourrait générer de nouveaux obstacles pour le processus de paiement des achats internationaux effectués par le secteur privé, sur lequel repose l’importation de denrées alimentaires et de carburant.

Un durcissement qui coïncide avec un record d’importations privées

La politique de pression maximale appliquée par Washington contre Cuba coïncide avec une hausse sans précédent des importations en provenance des États-Unis par le secteur privé cubain, en croissance constante. Selon des données du Bureau américain du recensement, Cuba a importé en juillet pour 149 millions de dollars de marchandises, le montant mensuel le plus élevé enregistré depuis 1992. Entre janvier et juillet de cette année, les achats se sont élevés à 674 millions de dollars, soit presque la totalité des importations de 2025.

Des voyages également restreints

Le nouveau règlement de l’OFAC rendu public mardi réduit aussi certaines catégories de voyages autorisés sous la présidence de Barack Obama pour les ressortissants américains. Les voyages d’échanges culturels dits « people-to-people », et les conférences et réunions professionnelles sont désormais soumis à autorisation.

Une relation bilatérale sous tension

Depuis le retour au pouvoir de Donald Trump, les relations entre Cuba et les États-Unis se sont considérablement tendues. Le président américain affirme que Cuba, située à 150 kilomètres des côtes de la Floride, représente « une menace extraordinaire » pour la sécurité nationale des États-Unis et a menacé à plusieurs reprises de « prendre le contrôle » de l’île. Washington, qui ne cache pas sa volonté de voir un changement de régime chez son voisin et ennemi idéologique, impose depuis janvier un blocus pétrolier de facto à l’île de 9,4 millions d’habitants, ce qui a plongé le pays dans une très grave crise économique et énergétique.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page