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Le ministre marocain des Finances présente un budget 2027 à cinq priorités

Le budget 2027 porte sur le pouvoir d’achat, l’emploi des jeunes, les régions, la souveraineté et l’investissement. C’est le premier grand texte du gouvernement nommé le 16 octobre.

Le ministre de l’Économie, des Finances et de la Performance publique, Fouzi Lekjaa, a présenté vendredi 23 octobre à la Chambre des représentants le projet de loi de finances (PLF) 2027. Le texte repose sur cinq priorités.

Fouzi Lekjaa a succédé à Nadia Fettah à la tête du ministère. Il a été nommé le 16 octobre par le Roi Mohammed VI, avec le gouvernement de la cheffe du gouvernement Fatima Ezzahra El Mansouri. Le PLF est le premier grand dossier de cette équipe. Le gouvernement vise un déficit public de 3 % du PIB en 2027.

Pouvoir d’achat et État social

La première priorité est de restaurer le pouvoir d’achat et de consolider l’État social. Elle prévoit des mesures de soutien au revenu des ménages. Elle prévoit aussi l’achèvement du chantier de la protection sociale lancé par le Roi, doté de 44,2 milliards de dirhams en 2027. Le texte inclut la mise à niveau du système de santé, l’amélioration de l’éducation, de l’enseignement supérieur et de la formation, et un meilleur accès à un logement décent.

Jeunes et régions

La deuxième priorité vise à intégrer les jeunes dans l’éducation, la formation et l’emploi décent. Elle cherche à réduire l’abandon scolaire et à favoriser l’insertion, par le retour à l’école, la formation, l’emploi ou l’entrepreneuriat, dans un parcours unifié.

La troisième priorité accélère la régionalisation avancée. Le gouvernement prévoit de mobiliser 210 milliards de dirhams sur huit ans pour l’emploi, les services de base et la mise à niveau des territoires. Il veut aussi institutionnaliser la contractualisation entre l’État et les régions et accélérer la mise en œuvre de la Charte nationale de la déconcentration administrative.

Souveraineté : eau, énergie, alimentation et numérique

La quatrième priorité renforce la souveraineté du Royaume dans l’eau, l’énergie, l’alimentation et le numérique.

Sur l’eau, le projet vise une capacité de stockage des barrages de plus de 24 milliards de mètres cubes fin 2027. Il vise aussi 1,8 milliard de mètres cubes de dessalement d’eau de mer à l’horizon 2031 et la réutilisation des eaux usées traitées. Sur l’énergie, il fixe à 52 % la part des énergies renouvelables dans la puissance électrique installée à l’horizon 2030. Il prévoit aussi la mise en œuvre de la feuille de route du gaz naturel et le développement de l’hydrogène vert. Sur l’alimentation, il prévoit de sécuriser les besoins du marché intérieur en denrées de base, de développer la production nationale de semences et d’engrais et de soutenir la reconstitution du cheptel.

Une économie plus forte

La dernière priorité vise à bâtir une économie capable de financer l’ambition sociale et souveraine, avec des équilibres macroéconomiques et financiers stables. Elle renforce l’investissement dans les routes, le rail et les ports. Elle consolide l’industrie nationale et la substitution des importations.

Le projet veut aussi accroître la part de l’investissement privé. Il prévoit d’accélérer les projets conventionnés avec l’État dans le cadre de la Charte de l’investissement, de simplifier le parcours de l’investisseur et de mieux accompagner les très petites, petites et moyennes entreprises. Il prévoit enfin la restructuration du portefeuille public pour renforcer sa capacité d’investissement et attirer le secteur privé.

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