Benyamin Netanyahou reconnaît pour la première fois avoir parlé avec Ahmed Al Sharaa, président syrien, lors des violences contre les druzes en 2025
Benyamin Netanyahou a reconnu avoir appelé Ahmed Al Sharaa, président syrien, lors des violences de 2025 contre les druzes. C’est la première fois qu’il admet un contact direct.

Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a annoncé jeudi 15 octobre avoir parlé en 2025 avec le président syrien Ahmed Al Sharaa, pour faire cesser des violences contre les druzes. C’est la première fois qu’il reconnaît un contact direct avec le dirigeant syrien.
Un appel présenté comme décisif
«J’ai appelé (Ahmed) Al Sharaa. C’était une conversation très courte, très franche, et le massacre a cessé», a affirmé le Premier ministre lors d’un meeting électoral avec la communauté druze d’Israël. Il n’a pas précisé la date de l’appel, mais a laissé entendre qu’il avait eu lieu en juillet 2025, pendant les violences entre druzes et Bédouins dans le sud de la Syrie. La présidence syrienne n’a pas réagi à cette déclaration.
Contexte électoral
Benyamin Netanyahou est en campagne pour sa réélection. Ahmed Al Sharaa dirige la Syrie depuis qu’il a chassé en décembre 2024 le président de longue date Bachar al-Assad.
Soueida, une semaine de combats en juillet 2025
La province à majorité druze de Soueida, dans le sud de la Syrie, avait été le théâtre en juillet 2025 d’une semaine d’affrontements sanglants entre druzes et Bédouins sunnites, que les autorités étaient venues renforcer. L’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH) a recensé plus de 2.000 morts, dont 789 civils druzes. Un comité mis en place par le gouvernement syrien en a dénombré 1.760. Les forces gouvernementales et leurs alliés avaient été accusés d’exécutions de civils et d’autres exactions.
Israël intervient au nom des druzes
Israël, où vivent plus de 150.000 druzes, était intervenu en 2025 en bombardant les forces gouvernementales au nom de la défense de cette communauté. Les troupes syriennes se sont ensuite retirées de la ville de Soueida et d’une partie de la province, laissant en place un cessez-le-feu fragile. Damas indique avoir commencé à juger des suspects.
Présence israélienne dans le sud de la Syrie
Depuis la chute de Bachar al-Assad, allié de l’Iran et du Hezbollah libanais, Israël a mené des centaines de frappes en Syrie et envoyé des troupes dans la zone tampon placée sous contrôle de l’Organisation des Nations unies (ONU), qui séparait les forces israéliennes et syriennes sur le plateau du Golan depuis 1974. L’armée israélienne a aussi mené des incursions plus profondes en territoire syrien, capturant parfois des résidents, et a juré de maintenir des troupes dans le sud du pays, où elle demande la mise en place d’une zone démilitarisée.



