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Les patrons de l’IA américains menacés de convocations et d’assignations par les démocrates

Après deux ans de proximité avec Donald Trump, les patrons de la Silicon Valley vont affronter un Congrès démocrate. Plusieurs élus leur réclament déjà des comptes sur les bouleversements provoqués par l’intelligence artificielle.

Aux États-Unis, les patrons de la Silicon Valley vont affronter un Congrès démocrate après deux ans de proximité affichée avec le président Donald Trump. Plusieurs élus démocrates leur réclament déjà des comptes sur les bouleversements provoqués par le boom de l’intelligence artificielle (IA).

Des convocations sous serment réclamées

Dès mardi, Greg Casar, chef de file de l’aile gauche démocrate à la Chambre des représentants, a réclamé : « Les patrons des entreprises d’IA devraient être convoqués pour témoigner sous serment. » Au Sénat, Ed Markey a prévenu ces dirigeants qu’ils allaient devoir « planter de nouvelles forêts pour toutes les assignations que nous allons imprimer ».

Majoritaires dans les deux chambres à partir du 3 janvier, les démocrates contrôleront les commissions qui peuvent obliger un patron à témoigner ou à livrer ses documents internes, sous peine de poursuites. En 2020, les dirigeants d’Amazon, d’Apple, de Facebook et de Google avaient dû s’expliquer sur leur position dominante. Elon Musk, Sam Altman (OpenAI) ou Jensen Huang (Nvidia) peuvent à leur tour affronter cette épreuve.

Un changement d’ambiance

Les patrons de la tech étaient nombreux aux premiers rangs de l’investiture de Donald Trump en janvier 2025. Ils ont dîné en grande pompe à la Maison-Blanche et signé devant lui, fin septembre, un code de conduite volontaire sur l’IA.

Ces élus démocrates devront toutefois rallier un parti divisé et surmonter le veto de Donald Trump jusqu’en janvier 2029 pour légiférer.

Le démocrate Abdul El-Sayed, élu sénateur du Michigan malgré plus de cinq millions de dollars dépensés contre lui par America PAC, le comité financé par Elon Musk, réclame une « pause complète » du développement des IA les plus puissantes. Il demande aussi un traité avec la Chine pour « interdire la superintelligence », une IA qui surpasserait l’humain.

Aucun grand patron ne s’est exprimé sur le scrutin, hormis Elon Musk, laconique : « les centres de données dans l’espace, ça paraît bien tentant en ce moment », a ironisé mardi le patron de Tesla et de SpaceX.

Une prise de distance qui précède le scrutin

Le principal fonds politique pro-IA, financé par le président d’OpenAI, Greg Brockman, et le fonds d’investissement Andreessen Horowitz, n’a reçu aucun don d’avril à fin septembre. L’un des cofondateurs d’Andreessen Horowitz s’était rallié à Donald Trump en 2024. Meta a aussi recruté ces derniers mois d’anciens collaborateurs démocrates pour porter sa voix au Congrès.

Une critique qui vient aussi des républicains

Daniel Cochrane, chercheur à l’Institute for Family Studies, un groupe de réflexion conservateur qui réclame notamment l’interdiction des compagnons virtuels, a déclaré : « Les électeurs sont prêts à récompenser le parti, quel qu’il soit, qui parviendra à demander des comptes aux géants de la tech. » Il estime que les inquiétudes liées à l’IA, des centres de données aux effets de la technologie sur l’emploi et les enfants, « ont fait basculer des voix ». Un sondage indique que le sujet a été un facteur « crucial » ou « majeur » pour 56 % des électeurs.

Adam Kovacevich, patron de Chamber of Progress, coalition centriste financée par des sociétés de la tech, a relativisé : « Ne confondons pas une vague anti-Trump avec un mandat anti-tech. »

L’économie liée à l’IA

L’investisseur Chamath Palihapitiya a rappelé dans un podcast que la santé de l’économie américaine est désormais liée à l’IA. Il juge que « le meilleur moyen de faire sombrer l’IA, c’est de faire sombrer les centres de données ». L’analyste Dan Ives, réputé pour son optimisme sur la croissance de la tech, estime désormais que 10 % des 800 à 1 000 nouveaux centres de données prévus aux États-Unis « ne se feront pas ».

Daniel Cochrane qualifie les « tech bros » de « caméléons ». Il anticipe un « nouveau mea culpa » insincère du patron de Meta, Mark Zuckerberg, devant un Congrès démocrate « agressif ».

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