La candidate émiratie Lana Nusseibeh enchaine les soutiens d’États
La candidate, présentée par les Émirats le 21 octobre, a aussi reçu l’appui unanime des six pays du Golfe. Son dialogue avec les États membres est prévu mardi.

La diplomate émiratie Lana Nusseibeh, candidate à la succession du secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a recueilli en vingt-quatre heures six nouveaux soutiens officiels d’États et une centaine de recommandations formulées par des personnalités diplomatiques de premier plan. Aucune objection n’a été exprimée par les membres permanents du Conseil de sécurité.
Des soutiens venus de plusieurs continents
Le Bénin, Chypre, les Maldives et l’Albanie figurent parmi les États qui ont apporté leur appui à sa candidature. Le ministre chypriote des Affaires étrangères, Constantinos Kombos, a jugé vendredi 23 octobre qu’il est temps d’un leadership féminin dans les grandes organisations multilatérales. Il a ajouté qu’il devient urgent de faire avancer le processus de sélection. La ministre maldivienne des Affaires étrangères, Iruthisham Adam, a salué la nomination en écrivant : Le moment est venu pour une femme de diriger l’ONU. Le Premier ministre albanais, Edi Rama, a confirmé le 22 octobre l’appui de son pays, qui a siégé comme membre élu du Conseil de sécurité pendant que Lana Nusseibeh représentait les Émirats. Il y voit un nouveau départ que la communauté de l’ONU ne peut se permettre de manquer.
Le haut représentant pour Gaza du « Conseil de la paix », Nickolay Mladenov, a dit de la candidate qu’elle ne renonce pas quand la salle devient difficile.
Le Golfe unanime
Les six pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG), Bahreïn, Koweït, Oman, Qatar, Arabie saoudite et Émirats arabes unis, ont apporté leur soutien unanime à la candidature le 22 octobre, a annoncé le secrétaire général du CCG, Jasem Mohamed Albudaiwi, au lendemain de la nomination.
Une candidature tardive dans une course bloquée
Les Émirats ont présenté la candidature le 21 octobre, par une lettre de leur président, Mohammed ben Zayed Al Nahyan, aux présidents de l’Assemblée générale et du Conseil de sécurité. Elle intervient après des tours de scrutin informels infructueux au Conseil de sécurité : lors de celui du 16 octobre, les sept candidats ont tous reçu au moins deux votes défavorables de membres permanents. La favorite, Rebeca Grynspan, secrétaire générale de la CNUCED et ancienne vice-présidente du Costa Rica, avait obtenu neuf votes d’encouragement, mais aussi deux oppositions. Pour être recommandé, un candidat doit réunir au moins neuf voix sur 15 au Conseil, sans veto d’un des cinq membres permanents, avant la nomination par l’Assemblée générale. Le mandat d’António Guterres s’achève le 31 décembre.
Un parcours onusien
Née en 1978, Lana Nusseibeh a représenté les Émirats arabes unis auprès de l’ONU de 2013 à 2024. Elle a présidé deux fois le Conseil de sécurité pendant le mandat émirati de 2022-2023 et co-rédigé six résolutions. Elle a été vice-présidente de l’Assemblée générale et présidente du conseil d’administration d’ONU Femmes en 2017. Elle a quitté ses fonctions ministérielles pour se consacrer à sa candidature. Si elle est élue, elle sera la première femme et la deuxième personnalité arabe à diriger l’ONU, après l’Égyptien Boutros Boutros-Ghali. Cette candidature suscite aussi des interrogations sur la normalisation des relations des Émirats avec Israël et sur des accusations concernant leur rôle dans le conflit au Soudan. La règle de rotation géographique est par ailleurs invoquée par de nombreux États qui souhaitent voir un candidat d’Amérique latine et des Caraïbes.
Son dialogue interactif avec les États membres est prévu mardi 27 octobre.



