La présidentielle bulgare ira au second tour sur fond d’abstention record
Les sondages à la sortie des urnes donnent trois à quatre points d’avance à la présidente sortante. La participation, d’environ 20%, est la plus faible jamais enregistrée.

Le premier tour de l’élection présidentielle en Bulgarie, dimanche 25 octobre, n’a désigné aucun vainqueur. La présidente sortante de gauche, Iliana Iotova, affrontera le 1er novembre l’ancien Premier ministre par intérim Andrey Gyurov, soutenu par l’opposition pro-occidentale, dans un scrutin très polarisé.
Une avance plus faible que prévu
Les sondages à la sortie des urnes donnent à Iliana Iotova entre 35% et 36,5% des voix, contre 32,2% à 32,5% à Andrey Gyurov. Elle devance son rival de trois à quatre points, alors que les instituts de sondage prévoyaient avant le scrutin une avance de 13 à 18 points. La participation, d’environ 20%, est un record de faiblesse que les observateurs attribuent à la défiance envers la classe politique et à l’apathie des électeurs. Le scrutin intervient dans un contexte de difficultés économiques croissantes et d’attaques de drones contre la navigation en mer Noire.
Deux visions du pays
Iliana Iotova, 62 ans, journaliste et ancienne eurodéputée, a pris la présidence en janvier 2026, lorsque Rumen Radev a démissionné pour se présenter aux législatives. Candidate indépendante, elle est soutenue par le parti Bulgarie progressiste de Rumen Radev, aujourd’hui Premier ministre, et par le Parti socialiste, où elle a commencé sa carrière. Elle défend la paix par la négociation plutôt que par la force. Sans contester l’ancrage de la Bulgarie dans l’Union européenne et l’Otan, elle critique la poursuite de l’aide militaire à l’Ukraine et appelle à de meilleures relations avec la Russie et à la levée des sanctions. Si elle l’emporte, elle sera la première femme élue présidente du pays.
Andrey Gyurov, 50 ans, économiste, ancien vice-gouverneur de la banque centrale et Premier ministre par intérim au début de 2026, est soutenu par l’opposition pro-occidentale. Fervent soutien de l’Ukraine, il a signé un accord de coopération en matière de sécurité avec Kiev pendant son mandat. Il a dit voter pour une Bulgarie tournée vers l’avenir, pays européen, libre et fier.
Une campagne marquée par la guerre en Ukraine
La campagne a porté sur l’invasion russe de l’Ukraine et sur l’extension des hostilités en mer Noire, où des attaques de drones contre des navires commerciaux au large des côtes bulgares ont nourri les inquiétudes sécuritaires dans ce pays membre de l’Union européenne et de l’Otan. Le gouvernement a demandé l’aide de ses partenaires pour renforcer la sécurité maritime. Les candidats ont aussi cherché à répondre à l’anxiété des ménages face à la hausse des prix de l’énergie et à l’inflation. Ce scrutin est le premier test majeur pour le parti Bulgarie progressiste, vainqueur des législatives d’avril.
Les pouvoirs du président
Le président bulgare est élu directement pour cinq ans et ne peut exercer plus de deux mandats. La fonction est surtout protocolaire, mais l’élection au suffrage direct lui donne une autorité politique plus forte. Il dirige les forces armées, peut opposer son veto aux lois, signe les traités internationaux et nomme les ambassadeurs. Des observateurs relèvent qu’une victoire d’Iliana Iotova laisserait la présidence entre les mains de la majorité au pouvoir, une concentration des pouvoirs qui pourrait affaiblir les contrepoids institutionnels.



