Sahara marocain: le projet américain prévoit de transformer la MINURSO en mission politique spéciale, l’autonomie comme seule base
Le projet de résolution américain, daté du 20 octobre, rebaptise la MINURSO en MINUSO et met fin à sa mission de maintien de la paix le 30 avril 2027. Il fait de l’autonomie sous souveraineté marocaine « la seule solution réalisable ».

Le projet de résolution américain sur le Sahara, daté du 20 octobre 2026, rebaptise la MINURSO en Mission des Nations unies pour le Sahara occidental (MINUSO) et met fin à sa mission de maintien de la paix le 30 avril 2027, avant de la poursuivre comme mission politique spéciale jusqu’au 31 octobre 2027. Le mot référendum disparaît.
Il fait aussi de l’autonomie sous souveraineté marocaine « la seule solution réalisable ». Il s’agit d’un « zero draft », première version du porte-plume américain, soumise à négociation au Conseil de sécurité.
De la mission de paix à la mission politique
Le texte décide que la mission de maintien de la paix prend fin le 30 avril 2027, et que la mission se poursuit à partir du 1er mai 2027 comme mission politique spéciale jusqu’au 31 octobre 2027. Il demande au Secrétaire général de présenter avant le 15 décembre 2026 des propositions détaillées sur son mandat, sa structure, ses effectifs et ses ressources, y compris le soutien au processus politique et le déminage.
Il ordonne le début sans délai d’un retrait progressif de la composante en uniforme, avec une réduction d’au moins 50 % des effectifs autorisés d’ici au 31 janvier 2027 et la fermeture et le regroupement de sites. Le texte relève que le mandat de la mission reflète des tâches qui n’ont pas été mises en œuvre depuis plus de vingt ans, en référence à l’examen stratégique prévu par la résolution 2797.
L’autonomie, « seule » base et « seule » solution
Le projet va plus loin que la résolution 2797 de 2025, qui prenait l’autonomie comme base des négociations et affirmait qu’elle « pourrait constituer une solution des plus réalisables ». Il affirme que l’autonomie véritable sous souveraineté marocaine est « la seule solution réalisable à la question du Sahara occidental », et retient la proposition d’autonomie du Maroc, élargie et actualisée, comme « la seule base » des négociations. Il salue le « leadership » du président Trump et note la reconnaissance de la souveraineté marocaine par un nombre croissant d’États membres. Il se félicite de trois cycles de négociations directes à Washington et à Madrid entre le Maroc, le Polisario, l’Algérie et la Mauritanie.
Un parti pointé du doigt
Le texte condamne l’attaque du 5 mai 2026 contre la ville de Smara et déplore que l’une des parties ne se soit pas engagée de façon substantielle dans les négociations. Il souligne l’importance d’un engagement clair, explicite et inconditionnel des parties à cesser les hostilités. Il annonce l’intention du Conseil d’envisager d’autres mesures si les parties ne s’engagent pas de manière constructive.
Les camps de Tindouf
Le projet s’inquiète du caractère prolongé du déplacement et de la détérioration des conditions humanitaires dans les camps de Tindouf, et estime que la situation ne peut être maintenue de façon responsable. Il demande au Haut-Commissariat pour les réfugiés de mener à bien dans un délai de six mois le recensement de la population réfugiée de la zone de Tindouf, sans ingérence d’aucune entité, avec un accès sans entrave. Le financement international doit selon lui aller à des solutions individuelles, volontaires et durables.
Une consultation élargie des Sahraouis
Le draft demande à l’envoyé personnel Staffan de Mistura de consulter un large éventail d’interlocuteurs sahraouis, y compris ceux qui ne font pas partie des parties aux négociations, dans le territoire, dans les camps et dans la diaspora, et d’en rendre compte dans les rapports du Secrétaire général.



