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Le Polisario menace de se retirer du processus onusien sur le Sahara

Le Polisario menace de quitter le processus de paix si le projet américain sur la MINURSO passe sans changement. Il a participé aux trois cycles de discussions du premier trimestre.

Le Front Polisario menace de se retirer du processus de paix onusien sur le Sahara si le projet de résolution américain sur la MINURSO, distribué jeudi 22 octobre 2026 aux membres du Conseil de sécurité, était adopté « sans changements substantiels ». Son représentant à New York, Sidi Mohamed Omar, l’a écrit dans une lettre adressée à la présidente du Conseil, l’ambassadrice de Grèce Aglaia Balta.

Un représentant sans statut d’État

Le Polisario, mouvement séparatiste, n’est ni membre ni observateur de l’ONU. Son représentant à New York n’est donc pas l’ambassadeur d’un État. Le Maroc a contesté en 2021 son accréditation auprès de l’ONU, le Polisario affirmant qu’il est « dûment accrédité » selon les procédures de l’Organisation.

Ce que dit la lettre

Rédigée « avec un sentiment d’urgence », elle qualifie le projet de « dangereuse rupture sans précédent » avec le droit international, et affirme qu’il reflète la position du porte-plume américain « ainsi que celle du Maroc, l’État occupant ». Le Polisario soutient que le cadre du Conseil ne se limite pas à la résolution 2797 de 2025, mais repose sur l’ensemble de ses résolutions, et que la MINURSO a été créée en 1991 sur la base d’un accord mutuel des deux parties. Toute approche qui fixe d’avance le cadre ou l’issue des négociations est, écrit-il, « totalement inacceptable ». Il conclut que le projet ne peut constituer une base de délibération.

Un projet qui prolonge la mission d’un an

Selon Amar Belani, qui rapporte des informations de New York, le texte américain prolonge d’un an le mandat de la MINURSO, laisse ouverte une révision de ses missions et fait du plan d’autonomie marocain le pivot du processus politique, seule base « réaliste » d’une solution. Le texte est fortement appuyé par la France et peut se heurter à l’opposition de la Chine et de la Russie, ajoute le diplomate algérien. Le mandat actuel expire le 31 octobre.

Ce que la lettre ne dit pas

La résolution 2797, adoptée le 31 octobre 2025 par 11 voix pour, 3 abstentions (Chine, Russie, Pakistan) et sans le vote de l’Algérie, prend la proposition d’autonomie du Maroc comme base des négociations. Elle affirme qu’une autonomie véritable sous souveraineté marocaine « pourrait constituer une solution des plus réalisables ». Elle demandait déjà au Secrétaire général un examen stratégique sur l’avenir du mandat de la MINURSO, à la lumière des négociations. Le « cadre du Conseil » que le Polisario invoque inclut donc cette résolution, et le projet de cette année en prolonge la logique.

Le Polisario menace en outre de quitter un processus auquel il a participé. Il a siégé aux trois cycles de négociations du premier trimestre 2026, sous l’égide de l’envoyé personnel de l’ONU Staffan de Mistura avec l’appui américain, qui ont engagé pour la première fois les quatre parties dans des discussions substantielles sur la proposition marocaine, relève le rapport du Secrétaire général du 1er octobre. C’est le même mouvement qui avait proclamé la fin du cessez-le-feu en novembre 2020.

La Cour internationale de justice, mal citée

La lettre affirme que la Cour internationale de justice a confirmé que la souveraineté sur le territoire appartient exclusivement au peuple sahraoui. L’avis consultatif de 1975 ne dit pas cela : il relevait l’existence de liens juridiques d’allégeance entre le Sultan du Maroc et certaines tribus du territoire, tout en écartant un lien de souveraineté territoriale, et rappelait le principe d’autodétermination. Il n’attribue pas la souveraineté « exclusivement » à un peuple ou à un mouvement.

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