
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a demandé lundi 19 octobre 2026 aux préfets d’instaurer des couvre-feux « très limités » et localisés dans plusieurs villes, pour prévenir de nouveaux pillages et violences. Il s’exprimait à l’issue d’une réunion de la cellule interministérielle de crise.
Les couvre-feux
« J’ai demandé aux préfets de déclencher un certain nombre de couvre-feux pour ce soir, couvre-feux partiels dans lesquels les préfets vont faire ce travail de discussion non seulement avec les maires, mais aussi avec les chambres de commerce et d’industrie », a déclaré Sébastien Lecornu. Il indique que la carte des zones concernées sera communiquée dans l’après-midi, après discussion avec les maires. L’état d’urgence pourra être instauré « si c’est utile », mais les couvre-feux lui paraissent davantage adaptés.
Il a défendu le travail des policiers face à des groupes violents : « Samedi, malgré des scènes de violence extrême et des dégâts matériels considérables, personne n’a été tué, et c’est un miracle ». À Denain, la maire de gauche a instauré dès dimanche un couvre-feu, chaque nuit de 21h à 6h, jusqu’au 25 octobre. À Marseille, le préfet a interdit tout rassemblement lundi de midi à 20h.
La démission de Laurent Nuñez refusée
Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a présenté dimanche sa démission au président Emmanuel Macron, qui l’a refusée « compte tenu de la nécessité de la continuité du commandement des forces de l’ordre dans le contexte actuel », indique l’Élysée. Le président lui demande de prendre « toutes les mesures nécessaires pour assurer la pleine transparence sur les défaillances de planification et de renseignement » qui ont mené aux violences, et d’introduire au plus vite « de nouvelles tactiques de maintien de l’ordre sur le terrain ».
« Je remets ma démission parce que je suis responsable de tout ce qui se passe », a déclaré Laurent Nuñez sur France Inter. « Maintenant, l’enjeu est de s’assurer que cela ne se reproduise pas », a-t-il ajouté, en reconnaissant qu’il faut mieux anticiper ce type de mobilisation. Il a attribué les violences à des « hordes de casseurs et de pillards » et à des militants d’ultragauche, et admis que la stratégie policière doit s’adapter à des groupes extrêmement mobiles.
Il a aussi reconnu que les autorités avaient perdu le contrôle dans certaines grandes villes samedi : on ne peut pas regarder les commerçants dans les yeux, dit-il, alors que des centaines de commerces ont été pillés, et prétendre qu’on n’a pas perdu le contrôle dans certaines de ces villes.
Une nuit de dimanche encore marquée par des violences
Dimanche soir, des groupes ont incendié des poubelles, des vélos et d’autres objets dans la rue et pillé des commerces à Paris, Lyon, Marseille et d’autres villes, un jour après les violences de samedi pendant la mobilisation contre la vie chère et la dégradation des conditions dans les écoles. Au moins 2.400 personnes ont été interpellées dans le pays. À Limoges, l’Hôtel de Ville du XIXe siècle a vu son toit s’effondrer dans l’incendie.



