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Edi Rama, Premier ministre, accuse l’étranger d’attiser les manifestations en Albanie

Les manifestations en Albanie réclament depuis mardi la démission du chef du gouvernement et dénoncent les conditions d’enseignement et les frais universitaires ; 160 personnes ont été arrêtées jeudi soir après des violences, a indiqué la police.

Le Premier ministre albanais, Edi Rama, a dénoncé vendredi 16 octobre 2026 la présence de « mains étrangères » derrière les manifestations en Albanie, qu’il présente comme destinées à entraver le projet d’adhésion du pays à l’Union européenne (UE).

Appel au calme après une nouvelle nuit d’affrontements

Edi Rama a lancé un appel au calme après de nouveaux affrontements, jeudi 15 octobre, entre la police et des groupes d’individus masqués. Ils se sont poursuivis jusqu’aux premières heures de vendredi. Des centaines de manifestants ont marché vendredi matin vers le ministère de l’Éducation, l’un des points névralgiques de la contestation. En milieu de matinée, la capitale semblait plus calme que les jours précédents.

Edi Rama accuse des mains étrangères sans les identifier

Le chef du gouvernement a affirmé que la protestation n’a rien à voir avec les difficultés, les problèmes ou les aspirations légitimes de toute personne désirant une vie meilleure. Il a décrit une même main qui, a-t-il dit, a saisi l’opposition albanaise à la gorge et a brûlé et détruit l’Albanie plus d’une fois.

Sans les identifier, il a accusé des mains étrangères d’attiser les troubles et de vouloir entraver la candidature de son pays à l’UE. « Ce sont des mains étrangères qui ne souhaitent pas que l’Albanie soit en paix », a-t-il déclaré dans une vidéo publiée sur son compte officiel.

Jeudi 15 octobre, en visitant un campus incendié à Tirana, il avait déjà affirmé que les ruines n’étaient pas l’œuvre d’étudiants et mis en cause des figures de l’opposition. Le ministre de l’Intérieur, Ervin Demo, avait lui aussi dénoncé, mercredi 14 octobre, des mains malveillantes venues de l’extérieur, tout en reconnaissant les préoccupations des étudiants.

160 arrestations jeudi soir, bâtiments publics endommagés

La police a indiqué que 160 manifestants ont été arrêtés jeudi soir pour des actes de violence. Jeudi, l’entrée du ministère des Finances a été incendiée et les vitres d’un complexe universitaire ont été brisées.

Les manifestants ont entassé et incendié des poubelles pour bloquer les rues et jeté des pierres sur la police. Celle-ci a répliqué avec des gaz lacrymogènes et des canons à eau. Des groupes masqués ont été vus brisant des vitrines et pillant des magasins.

Depuis mardi, des dizaines de personnes, principalement des membres des forces de l’ordre, ont été blessées, ont indiqué les autorités. Plusieurs dizaines d’autres ont été arrêtées et des bâtiments officiels ont été endommagés.

Les étudiants réclament la démission du Premier ministre

Depuis mardi, des milliers de manifestants demandent la démission d’Edi Rama. Ils dénoncent les conditions d’enseignement et les droits d’inscription universitaires. Les manifestations se sont étendues à plusieurs autres villes, avec des boycotts d’universités.

« Nous ne voulons pas quitter l’Albanie », a déclaré Ledia, étudiante de 18 ans qui manifestait. Elle a jugé insupportables l’indifférence et l’arrogance du gouvernement depuis le début du mouvement. La délégation de l’UE à Tirana a appelé à la désescalade et condamné fermement la violence et la destruction de biens publics et privés.

Plus de quatre mois de contestation autour d’un projet lié à la famille Trump

Cette escalade marque un tournant dans la contestation antigouvernementale qui dure depuis plusieurs mois dans ce pays des Balkans. Elle avait été déclenchée par un projet controversé de complexe touristique lié à la famille du président américain Donald Trump, sur la côte adriatique. Des manifestations ont été organisées tous les soirs à partir du 30 mai devant le bureau du chef du gouvernement, pour demander l’annulation du projet et la démission d’Edi Rama.

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