Ebola : le Kenya annonce son premier décès, un Kényan revenu de RDC mort dans un hôpital de Nairobi

Un Kényan vivant en République démocratique du Congo (RDC) est mort du virus Ebola lundi 5 octobre à 23h30 dans un hôpital de Nairobi, ont annoncé mardi les autorités kényanes. Il s’agit de la première infection et du premier décès liés à cette maladie jamais recensés au Kenya.
Le parcours du patient
Le ministre kényan de la Santé, Aden Duale, a indiqué que la victime, un homme d’affaires de 40 ans installé depuis sept ans en RDC, était tombée malade environ un mois plus tôt et avait été traitée dans plusieurs hôpitaux de ce pays. Il a ensuite traversé la frontière avec l’Ouganda par la route, puis pris un avion le 3 octobre de Kampala à Nairobi.
À son atterrissage, un parent et un ami l’ont emmené dans un hôpital public de la capitale kényane, où il a été placé à l’isolement. Il présentait de la fièvre, des frissons, une fatigue intense, une faiblesse, des douleurs musculaires, une déglutition douloureuse, un mal de gorge et des saignements sous la peau aux sites d’injection, symptômes de la fièvre hémorragique à virus Ebola. Des tests ont confirmé l’infection.
55 personnes en contact identifiées
La priorité est désormais de localiser les personnes en contact avec le malade, a indiqué Patrick Amoth, directeur de la Santé au ministère kényan de la Santé. 55 personnes ont été identifiées : 27 passagers et membres d’équipage du vol Kampala-Nairobi, et 28 proches ou membres du personnel médical qui s’étaient occupés de lui. Une fois localisées, elles seront placées à l’isolement pendant 21 jours, la durée d’incubation maximale du virus.
Un contrôle pris en défaut
Patrick Amoth a reconnu une faille : « Le raté, c’est que le système n’a pas fonctionné », malgré l’état d’alerte lié à l’épidémie. Il s’est demandé comment le patient avait pu voyager autant et estime que celui-ci se savait déjà malade en arrivant. Il juge possible que des médicaments aient masqué certains symptômes, notamment la fièvre. Il a toutefois estimé que l’heure n’était pas à désigner des responsables.
Aden Duale a invité la population à « ne pas paniquer », assurant que tous les dispositifs sont en place pour limiter la propagation de la maladie.
Une épidémie sans vaccin homologué
La RDC est confrontée à la 17ᵉ épidémie d’Ebola de son histoire, devenue en quelques mois la plus meurtrière jamais connue dans le pays. Les autorités congolaises recensent 8.300 cas, dont plus de 4.000 mortels. Le Kenya est le troisième pays à enregistrer un cas lié à cette flambée, après l’Ouganda, où 20 contaminations dont deux mortelles ont été confirmées. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) y a déclaré l’épidémie terminée fin août.
Aucun vaccin ni traitement homologué n’existe à ce jour contre la souche Bundibugyo à l’origine de la flambée. Environ 70.000 doses du vaccin Ervebo, homologué contre la souche Zaïre, ont été envoyées en RDC pour évaluer son impact sur Bundibugyo.
Lundi, Médecins sans frontières (MSF) a alerté sur une flambée inquiétante des cas dans le Nord-Kivu, où sont désormais recensés près de 40 % des nouveaux cas. L’ONG juge que l’épidémie ne recule pas mais « se déplace ». Mi-septembre, l’OMS alertait déjà sur une progression exponentielle du virus dans cette province.




