Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane reçoit le vice-président émirati Mansour ben Zayed à Ryad
Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane s'est entretenu à Ryad avec le vice-président émirati Mansour ben Zayed, un premier entretien en tête à tête depuis l'apparition de divergences entre les deux pays sur le Yémen.

Le dirigeant de facto de l’Arabie saoudite, le prince héritier Mohammed ben Salmane, s’est entretenu mardi 29 septembre à Ryad avec le vice-président des Émirats arabes unis, cheikh Mansour ben Zayed Al Nahyane, de la situation au Moyen-Orient, a rapporté un média officiel saoudien. Cet entretien en tête à tête est le premier annoncé depuis l’apparition de divergences entre les deux alliés au sujet du Yémen, où ils soutiennent des camps rivaux au sein du gouvernement reconnu par la communauté internationale et soutenu par Ryad.
Une invitation lancée en pleine offensive houthie
L’invitation saoudienne, lancée lundi par le ministre de la Défense, le prince Khaled ben Salmane, a été formulée alors que le royaume essuie depuis plusieurs semaines des attaques des Houthis pro-iraniens, combattants antigouvernementaux yéménites, contre ses pétroliers, ses installations pétrolières, ses aéroports et même sa capitale. Les deux hommes se sont réunis pour « passer en revue les relations bilatérales fraternelles et les évolutions régionales », a indiqué l’agence de presse saoudienne SPA, ajoutant que le ministre saoudien de la Défense, Khaled ben Salmane, était présent.
Une brouille née en décembre autour du port de Mukalla
En décembre 2025, le royaume saoudien avait accusé son voisin émirati de porter atteinte à sa sécurité en soutenant des séparatistes yéménites ayant brièvement pris le contrôle de territoires proches de sa frontière, avant de bombarder le 30 décembre le port yéménite de Mukalla, visant selon Ryad une cargaison d’armes destinée à ces séparatistes et liée aux Émirats. Ces derniers s’étaient depuis retirés de la coalition militaire au Yémen. Un premier dégel s’était toutefois amorcé dès juillet, lorsque de hauts responsables des deux pays avaient publié sur les réseaux sociaux des messages d’amitié et d’unité.
Des politiques étrangères divergentes au-delà du Yémen
La politique étrangère des deux riches monarchies du Golfe diffère au Yémen, au Soudan mais aussi dans la Corne de l’Afrique, où ils ont chacun soutenu des camps rivaux. Alors que les Houthis tiennent désormais la capitale yéménite Sanaa et l’ensemble du littoral du pays sur la mer Rouge, Ryad a lancé plusieurs appels à l’aide à ses alliés internationaux, au premier rang duquel les États-Unis, sans succès jusqu’ici.
Une séquence diplomatique régionale plus large
Cette rencontre intervient au lendemain d’une visite à Abou Dhabi du chef de la diplomatie turque, Hakan Fidan, consacrée au renforcement du partenariat stratégique entre la Turquie et les Émirats arabes unis et aux développements régionaux. Les chefs d’état-major de la Turquie, de l’Arabie saoudite et du Pakistan, liés par un pacte de défense mutuelle, s’étaient par ailleurs entretenus vendredi de l’offensive des Houthis contre le royaume, premier exportateur mondial de brut.



