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	<title>Ceuta &#8211; Atlasinfo</title>
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	<title>Ceuta &#8211; Atlasinfo</title>
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		<title>Kylian Mbappé violemment attaqué pour avoir refusé d&#8217;afficher un message de soutien à Ceuta occupée</title>
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		<dc:creator><![CDATA[infoatlas]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Sep 2026 09:45:12 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Contrairement à l’international marocain du Betis Abdessamad Ezzalzouli qui s&#8217;est affiché avec un maillot portant un message politique affirmant que Ceuta (Sebta), ville marocaine occupée, est bien espagnole et fait face à une vague migratoire en provenance du Maroc, trois joueurs stars du real Madrid, Kylian Mbappé, Vinivius Junior et Ibrahima Konaté, ont refusé d&#8217;afficher &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Contrairement à l’international marocain du Betis Abdessamad Ezzalzouli qui s&rsquo;est affiché avec un maillot portant un message politique affirmant que Ceuta (Sebta), ville marocaine occupée, est bien espagnole et fait face à une vague migratoire en provenance du Maroc, trois joueurs stars du real Madrid, Kylian Mbappé, Vinivius Junior et Ibrahima Konaté, ont refusé d&rsquo;afficher le message avant le coup d’envoi du match opposant leur équipe à Elche.</p>
<p>Les joueurs madrilènes sont apparus sur la pelouse vêtus d’un maillot portant cette phrase : <em>« Todos somos Caballas »</em>, signifiant <em>« Nous sommes tous des Ceutiens » </em>en français. Mais les trois joueurs enfilé leur maillot seulement à moitié, cachant de facto le slogan politique que la Fédération espagnole du football a validé.</p>
<blockquote class="twitter-tweet">
<p dir="ltr" lang="es"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/261d.png" alt="☝" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /> Mbappé, Vinícius y Konaté rechazan la politización del deporte y se niegan a vestir la camiseta de solidaridad política con Ceuta.<br />
La FIFA y la UEFA deben intervenir. <a href="https://x.com/FIFAcom?ref_src=twsrc%5Etfw">@FIFAcom</a> <a href="https://x.com/UEFA?ref_src=twsrc%5Etfw">@UEFA</a><br />
<a href="https://x.com/hashtag/Mbapp%C3%A9?src=hash&amp;ref_src=twsrc%5Etfw">#Mbappé</a> <a href="https://x.com/hashtag/Madrid?src=hash&amp;ref_src=twsrc%5Etfw">#Madrid</a> <a href="https://x.com/hashtag/Vin%C3%ADcius?src=hash&amp;ref_src=twsrc%5Etfw">#Vinícius</a> <a href="https://x.com/hashtag/Ceuta?src=hash&amp;ref_src=twsrc%5Etfw">#Ceuta</a> <a href="https://t.co/xS3G2p4kqL">pic.twitter.com/xS3G2p4kqL</a></p>
<p>— Hatim el mourabit (@HatimelMourabit) <a href="https://x.com/HatimelMourabit/status/2099973270913049003?ref_src=twsrc%5Etfw">September 15, 2026</a></p></blockquote>
<p><script async src="https://platform.x.com/widgets.js" charset="utf-8"></script>Les mieux de l&rsquo;extrême droite en France ont violemment attaqué les trois joueurs mais tout particulièrement Mbappé, capitaine de l&rsquo;équipe de France, demandant à ce qu&rsquo;il soit démis de cette fonction.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>« Le comportement de Kylian Mbappé est lamentable et irrespectueux », a lancé mercredi sur CNEWS le député Rassemblement National (RN) Julien Odoul.</p>
<p>Quant à la petite-fille de Jean-Marie Le Pen, Marion Maréchal, elle a tweeté: « Honteux », accusant les joueurs de manque de solidarité quand il s&rsquo;agit de soutenir l&rsquo;Europe.</p>
<blockquote class="twitter-tweet">
<p dir="ltr" lang="fr">Honteux.</p>
<p>Alors que le Real Madrid affiche son soutien aux habitants de Ceuta, <a href="https://x.com/KMbappe?ref_src=twsrc%5Etfw">@KMbappe</a> et <a href="https://x.com/IbrahimaKonate_?ref_src=twsrc%5Etfw">@IbrahimaKonate_</a> refusent de s’associer et cachent le message sur leurs t-shirts.</p>
<p>Pourquoi ce mépris ? Pourquoi se sentent-ils solidaires de toutes les souffrances du monde mais jamais… <a href="https://t.co/l3XJCzSf9c">pic.twitter.com/l3XJCzSf9c</a></p>
<p>— Marion Maréchal (@MarionMarechal) <a href="https://x.com/MarionMarechal/status/2100113713176928589?ref_src=twsrc%5Etfw">September 16, 2026</a></p></blockquote>
<p><script async src="https://platform.x.com/widgets.js" charset="utf-8"></script>A signaler qu&rsquo;aucun jouer du FC Barcelone n&rsquo;a porté ce maillot lors du match contre Levante. Un fait que beaucoup ont amis de souligner.</p>
<p>Quant à l&rsquo;international marocain, Abdessamad Ezzalzouli, il a fini par sortir de son silence pour répondre aux critiques  provoquées par son port du maillot avec le slogan de soutien à l’espagnolité de Ceuta occupée, dans un contexte marqué par une campagne de dénigrement contre le Maroc.</p>
<p>Sans présenter d&rsquo;excuses aux Marocains indignés, voire même refuser de les présenter, le natif de Beni Mellal nie toute intention politique et réaffirme son attachement au Maroc.</p>
<p>«Tout d’abord, je veux que les choses soient claires: à aucun moment le maillot faisant référence au peuple de Ceuta n’a été utilisé dans un but politique ni par mépris envers mon peuple, le peuple marocain. C’était un maillot à caractère social, en soutien à une population et à ses habitants, quelle que soit leur nationalité, qui traversaient une situation difficile. Cela dit, ceci n’est une excuse envers personne. Tous ceux qui souhaitent s’en servir pour douter de mon amour pour mon pays sont libres de le faire. Je continuerai à vivre chaque jour la tête haute et à représenter mes racines avec fierté et sacrifice», a écrit le joueur dans une story Instagram.</p>
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		<title>Ceuta, 1979 : le jour où le roi d&#8217;Espagne a imaginé autre chose</title>
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		<dc:creator><![CDATA[infoatlas]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 22 Aug 2026 10:55:57 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Un télégramme américain déclassifié établit qu&#8217;en avril 1979 Juan Carlos envisageait de céder Melilia au Maroc et de placer Sebta (Ceuta) sous statut international. Quarante-sept ans plus tard, après l&#8217;entrée de dizaines de milliers de jeunes Marocains dans l&#8217;enclave, l&#8217;archive rappelle que le statu quo n&#8217;a jamais été la seule hypothèse — même à Madrid. &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<h3><strong><em>Un télégramme américain déclassifié établit qu&rsquo;en avril 1979 Juan Carlos envisageait de céder Melilia au Maroc et de placer Sebta (Ceuta) sous statut international. Quarante-sept ans plus tard, après l&rsquo;entrée de dizaines de milliers de jeunes Marocains dans l&rsquo;enclave, l&rsquo;archive rappelle que le statu quo n&rsquo;a jamais été la seule hypothèse — même à Madrid.</em></strong></h3>
<p>Le 30 avril 1979, au palais de la Zarzuela, le roi d&rsquo;Espagne reçoit pendant près de deux heures le sénateur Edmund Muskie, envoyé spécial du président Carter, et l&rsquo;ambassadeur des États-Unis à Madrid, Terence Todman. L&rsquo;entretien est secret ; le roi le dit lui-même, et c&rsquo;est pour cela qu&rsquo;il parle. Le compte rendu que l&rsquo;ambassade adresse ensuite au Département d&rsquo;État contient une phrase que personne en Espagne ne prononcerait en public : le grand problème entre l&rsquo;Espagne et le Maroc, ce sont les deux enclaves.</p>
<p>Ce télégramme — référence 1979MADRID06274, daté du 8 mai 1979, classé secret et réservé à quelques destinataires — a dormi trente-cinq ans. Déclassifié par le Département d&rsquo;État le 20 mars 2014, il est sorti des archives en mai 2017, quand l&rsquo;historien Charles Powell l&rsquo;a cité dans un ouvrage collectif sur Juan Carlos et que l&rsquo;agence Europa Press, après avoir consulté l&rsquo;original, l&rsquo;a porté dans toute la presse espagnole. Il refait surface aujourd&rsquo;hui, dans un autre contexte : celui des 30 et 31 juillet 2026, où près de 49 000 personnes, selon le ministère espagnol de l&rsquo;Intérieur, sont entrées à Sebta en vingt-quatre heures, par la mer et par terre, et où au moins dix-huit d&rsquo;entre elles sont mortes.</p>
<h3><strong>Ce que dit le câble</strong></h3>
<p>Le passage tient en dix lignes, à la rubrique « Afrique du Nord ». Le roi annonce d&rsquo;abord qu&rsquo;il se rendra au Maroc le 5 juin, à sa propre insistance : il juge le régime de Hassan II fragile, pense que l&rsquo;Algérie souhaite sa chute, et estime devoir faire tout ce qu&rsquo;il peut pour le soutenir. C&rsquo;est dans ce cadre — consolider le voisin, pas lui céder — qu&rsquo;il aborde les enclaves.</p>
<p>Juan Carlos distingue les deux villes. Melilia, où vivent alors environ 10 000 Espagnols, pourrait être cédée au Maroc dans un délai assez court. Le roi anticipe la réaction de l&rsquo;armée : elle sera furieuse, estime-t-il, pendant deux mois environ, et il saura la tenir. Sebta, avec ses 60 000 habitants espagnols, est une équation différente : un transfert direct est difficile, mais un statut international, sur le modèle du Tanger d&rsquo;avant 1956, pourrait être la meilleure solution. Et le roi ajoute la raison de cette urgence : sans règlement, une autre Marche verte créerait de sérieux problèmes.</p>
<p>Il faut tenir ce document pour ce qu&rsquo;il est. Ce n&rsquo;est pas un accord entre Rabat et Madrid, ni une offre adressée au Maroc, ni une décision. C&rsquo;est le compte rendu américain d&rsquo;une conversation confidentielle, rédigé par l&rsquo;ambassadeur, envoyé en brouillon au sénateur Muskie, et transmis à Washington sans qu&rsquo;il y demande la moindre modification. Dès 2017, un chroniqueur d&rsquo;El Confidencial appelait à la prudence sur ce que le roi voulait réellement. La prudence est fondée sur les intentions. Elle ne l&rsquo;est pas sur l&rsquo;existence du câble, documentée par plusieurs sources indépendantes, ni sur son contenu.</p>
<p>Sept semaines après la Zarzuela, le 16 juin 1979, El País rend compte des entretiens de Juan Carlos avec Hassan II : un ministre y nie que Sebta et Melilia aient été abordées. Voilà la diplomatie publique. Le télégramme, c&rsquo;est l&rsquo;autre.</p>
<h3><strong>Un statu quo qui n&rsquo;était pas éternel</strong></h3>
<p>Ce mot mérite qu&rsquo;on s&rsquo;y arrête. Statu quo : l&rsquo;état dans lequel les choses sont. Le discours espagnol l&rsquo;a présenté, depuis un demi-siècle, comme l&rsquo;état dans lequel les choses doivent rester — au point qu&rsquo;évoquer les enclaves est devenu, à Madrid, une faute de goût diplomatique, et au Maroc, un sujet que l&rsquo;on préfère ne pas rouvrir pour ne pas compromettre un partenariat utile aux deux rives. L&rsquo;archive dit autre chose : en 1979, au sommet de l&rsquo;État espagnol, dans les premières années fragiles de la démocratie et deux ans avant le coup d&rsquo;État manqué du 23 février 1981, le statu quo n&rsquo;était qu&rsquo;une hypothèse parmi d&rsquo;autres. La moins coûteuse à court terme. Pas la seule.</p>
<p>Ce qui frappe, avec le recul, c&rsquo;est la nature de la crainte du roi. Il ne redoute pas une armée marocaine. Il redoute une foule : une autre Marche verte. C&rsquo;est-à-dire un événement qui ne se négocie pas, qui ne se signe pas, qui déborde les instruments de l&rsquo;État. Ce que les autorités espagnoles ont vu arriver le 30 juillet dernier, sous une autre forme et pour d&rsquo;autres raisons — une décision de justice mal lue en ligne, une jeunesse sans horizon à Fnideq, un détroit franchi à la nage —, c&rsquo;est exactement la figure que Juan Carlos décrivait aux Américains en 1979.</p>
<h3><strong>Ce que l&rsquo;archive change</strong></h3>
<p>Elle ne donne raison à personne. Elle déplace la question. Pendant un demi-siècle, le sujet des deux villes a été tenu, des deux côtés du détroit, comme un sujet qui ne se pose pas : à Madrid par principe, à Rabat par prudence. Le câble établit qu&rsquo;il s&rsquo;est posé — au plus haut niveau de l&rsquo;État espagnol, devant l&rsquo;allié américain, avec des chiffres, des délais et une formule. Une formule intermédiaire, qui n&rsquo;était ni la souveraineté espagnole ni le transfert, et dont le modèle, Tanger, appartient à l&rsquo;histoire commune des deux pays.</p>
<p>Elle dit aussi quelque chose sur les frontières elles-mêmes. Celle de Sebta n&rsquo;a pas cédé le 30 juillet sous le poids des corps. Elle avait cédé, bien avant, dans les têtes — dans une phrase fausse qui circulait sur un réseau, « Sebta a ouvert ». Celui qui tient le sens de l&rsquo;événement avant les autres tient la frontière ; celui qui le laisse se faire dans les rumeurs, ou dans les archives des autres, la perd. Le câble de 1979 et la traversée de 2026 racontent la même chose à deux échelles.</p>
<p>Un statu quo ne tient pas parce qu&rsquo;il est juste, il tient parce que personne n&rsquo;ose le nommer. Il y a quarante-sept ans, un roi l&rsquo;a nommé, à voix basse, devant deux Américains. L&rsquo;archive est désormais publique. La question aussi.</p>
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		<title>Ceuta: quand le cyber franchit la frontière</title>
		<link>https://atlasinfo.fr/ceuta-quand-le-cyber-franchit-la-frontiere.html</link>
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		<dc:creator><![CDATA[infoatlas]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 14 Aug 2026 08:45:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la Une]]></category>
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					<description><![CDATA[La crise de Sebta (Ceuta) du 30 juillet 2026 n’a pas commencé lorsque des dizaines de milliers de personnes ont atteint les abords de la frontière. Elle avait commencé d'abord dans l’espace numérique, lorsqu’une information devenue croyance a produit une anticipation, puis une décision et finalement un mouvement collectif.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux, des informations trompeuses et une interprétation erronée d’une décision de la justice espagnole ont installé l’idée qu’une possibilité exceptionnelle de passage vers Sebta s’était ouverte. Selon le ministère marocain de l’Intérieur, environ 40 000 personnes ont été impliquées dans le mouvement vers Sebta, tandis que 1 135 autres ont été empêchées de pénétrer à Melilia. En quelques jours, ce qui circulait sur les écrans s’est matérialisé sur le territoire. Ce qui s’est joué à Sebta dépasse ainsi la question migratoire : le cyber a contribué à transformer une représentation du réel en événement territorial.</p>
<p>Le mécanisme mérite d’être regardé pour ce qu’il révèle. Une vidéo montre des personnes ayant réussi à atteindre Sebta ; d’autres la reprennent comme la preuve qu’une fenêtre s’est ouverte. Une décision judiciaire espagnole encadrant les refoulements en mer est transformée en promesse de passage. Les premières tentatives produisent leurs propres images, qui renforcent à leur tour la conviction que le franchissement est possible. Des jeunes prennent alors la route après avoir vu sur leurs réseaux socoaix d’autres personnes atteindre l’enclave. Le numérique n’a donc pas seulement raconté ou amplifié l’événement après son déclenchement. Il a participé à sa formation en transformant une information en anticipation collective, puis cette anticipation en comportement.</p>
<p>C’est précisément ce qui fait de Sebta un cas stratégique. Nous continuons souvent à penser le cyber à travers l’image d’une attaque contre un système informatique : intrusion, vol de données, paralysie d’un réseau. Sebta montre une autre réalité. Le premier système affecté peut être le jugement humain. Une information modifie une perception. Cette perception transforme le calcul d’un individu. Des milliers de décisions similaires deviennent une mobilisation ; la mobilisation produit ensuite un effet physique sur une frontière, des dispositifs de sécurité, une ville et finalement les relations entre Etats.</p>
<p>La chaîne est désormais continue : signal numérique, croyance, décision, mouvement collectif, effet territorial, crise stratégique. Le cyber n’est plus seulement un espace dans lequel on attaque des machines. Il devient un espace dans lequel se forment des comportements capables de produire un événement dans le monde réel.</p>
<p>Cette dimension prend une portée particulière parce que Sebta n’est pas, pour le Maroc, une frontière comme une autre. Avec Melilia et les autres territoires concernés, elle appartient à une question territoriale ancienne, inscrite dans l’histoire et la conscience nationale marocaines. Le Royaume demeure attaché à leur récupération dans le cadre du parachèvement de son intégrité territoriale, tandis que l’Espagne les considère comme parties intégrantes de son territoire. Ce contentieux suffit à donner à tout événement majeur survenant à Sebta une profondeur politique qui dépasse la seule gestion d’un flux migratoire.</p>
<p>Le calendrier renforce encore cette portée. La crise a atteint son paroxysme le 30 juillet, jour de la Fête du Trône, l’une des dates les plus symboliques de la continuité de l’Etat marocain. Le territoire, le moment et le mode de mobilisation numérique forment ainsi une même configuration stratégique. Une dynamique constituée dans l’espace informationnel a produit, en quelques heures, une pression physique considérable sur un territoire auquel le Maroc demeure profondément attaché, au moment même où le Royaume célébrait sa fête nationale. L’enjeu dépasse dès lors la police des frontières. Il concerne la capacité d’un Etat à détecter suffisamment tôt la formation numérique d’un événement susceptible d’affecter directement ses intérêts stratégiques.</p>
<h3><strong>Espace numérique Vs espace réel</strong></h3>
<p>Cette transformation oblige à repenser la prévention. Contrôler une frontière lorsque des dizaines de milliers de personnes sont déjà en mouvement revient à intervenir au terme de la chaîne. L’anticipation commence auparavant : identifier les récits qui circulent, comprendre les communautés auxquelles ils s’adressent, mesurer leur vitesse de propagation, repérer le moment où une information trompeuse devient une anticipation collective et lui opposer rapidement une information crédible et vérifiable. Les nouveaux appels diffusés en ligne pour des tentatives de franchissement le 15 août montrent que cette dimension de la crise demeure active. Une information fausse, lorsqu’elle modifie simultanément le comportement de milliers de personnes, cesse d’être un simple problème de communication. Elle devient un enjeu de sécurité nationale.</p>
<p>La dimension criminelle s’inscrit dans cette même continuité. Les autorités marocaines ont associé les informations trompeuses circulant en ligne à l’action des réseaux de trafic d’êtres humains. Le cyberespace offre à ces économies clandestines une capacité nouvelle : produire à grande échelle une perception du possible. Une vidéo, une interprétation juridique détournée, le récit d’un passage réussi et leur circulation accélérée peuvent toucher en quelques heures un nombre de personnes qu’un réseau physique aurait autrefois dû approcher individuellement. La lutte contre ces filières ne peut donc plus se limiter à leurs structures logistiques, financières ou humaines. Elle doit intégrer l’environnement numérique dans lequel se forment les anticipations dont elles peuvent tirer profit.</p>
<p>Sebta révèle ainsi une évolution plus profonde de la sécurité nationale. Protection du territoire, cybersécurité, intelligence économique et maîtrise de l’environnement informationnel ne peuvent plus être pensées séparément. Pour le Maroc, protéger ses intérêts suppose naturellement de combattre les réseaux criminels et de préserver les vies humaines. Cela exige aussi de détecter les dynamiques informationnelles avant qu’elles ne deviennent des mouvements physiques. La souveraineté numérique acquiert ici une dimension immédiatement stratégique : comprendre assez tôt ce qui se forme dans l’espace numérique pour conserver la maîtrise de ce qui adviendra dans l’espace réel.</p>
<p>La leçon de Sebta montre que le numérique n’abolit pas la géographie, il en déplace les premières lignes. Un territoire peut être mis sous pression avant même que le mouvement physique n’ait commencé, parce que les conditions informationnelles et cognitives de ce mouvement ont déjà été réunies ailleurs.</p>
<p>Au XXIᵉ siècle, une frontière ne se défend donc plus seulement là où elle se franchit. Elle se défend aussi là où se forme la croyance qu’elle peut être franchie.</p>
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		<item>
		<title>Ceuta et Melilla : entre héritage colonial et nouvelles réalités de la géographie politique</title>
		<link>https://atlasinfo.fr/ceuta-et-melilla-entre-heritage-colonial-et-nouvelles-realites-de-la-geographie-politique.html</link>
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		<dc:creator><![CDATA[infoatlas]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 13 Aug 2026 17:26:22 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Les événements survenus à Ceuta (Sebta) ces derniers jours ont remis en lumière un dossier que beaucoup considèrent comme un héritage du passé. Cette lecture ne suffit plus. Derrière les tensions apparues à la frontière se dessine une réalité plus profonde. ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Ceuta et Melilla occupent aujourd&rsquo;hui une place qui excède le cadre des relations maroco-espagnoles. Sécurité des frontières, migrations, fondamentalisme religieux, criminalité organisée ou stabilité de la Méditerranée occidentale se rencontrent aujourd’hui dans un même espace.</p>
<p>Les réponses sécuritaires peuvent contenir une crise ou restaurer temporairement l&rsquo;ordre public. Elles ne modifient ni les causes du différend ni les facteurs qui expliquent sa permanence. Ce dossier ne relève plus du seul registre diplomatique. Il s&rsquo;inscrit dans une configuration géopolitique profondément différente de celle qui l&rsquo;a vu naître.</p>
<p>Pourtant, la plupart des analyses continuent d&rsquo;aborder Ceuta et Melilla à travers le droit international ou la mémoire historique. Ces approches restent indispensables, mais elles n&rsquo;épuisent plus le sujet. Une autre dimension s&rsquo;est graduellement imposée : celle de la géographie politique. Le débat ne porte plus sur la seule attribution juridique de ces territoires. Il concerne les effets que leur localisation produit sur l&rsquo;exercice de la souveraineté, les rapports de force et les choix stratégiques des États concernés.</p>
<h2><strong>Une singularité qui dépasse l&rsquo;héritage historique</strong></h2>
<p>Dans un espace méditerranéen en pleine recomposition, Ceuta et Melilla occupent une place singulière dans les relations internationales. Peu de situations réunissent aujourd&rsquo;hui deux villes administrées par un État européen tout en étant situées sur le continent africain. Cette particularité fait de ce dossier l&rsquo;un des derniers héritages de l&rsquo;expansion ibérique à avoir traversé les grandes vagues de décolonisation du XXᵉ siècle.</p>
<p>L&rsquo;origine de cette situation remonte aux débuts de l&rsquo;expansion portugaise et espagnole sur les côtes africaines. Ceuta est occupée par le Portugal en 1415 avant de passer sous administration espagnole en vertu du traité de Lisbonne de 1668. Melilla est occupée par l&rsquo;Espagne depuis 1497. Depuis cette époque, les empires ont disparu, les frontières ont été redessinées et la plupart des situations héritées de la période coloniale ont trouvé une issue. Le statut de ces deux villes, en revanche, est resté inchangé.</p>
<p>Cette permanence explique en partie la sensibilité du dossier. Elle ne suffit pas à en rendre compte. L&rsquo;héritage historique ne suffit plus à expliquer la place qu&rsquo;occupent aujourd&rsquo;hui Ceuta et Melilla. Les recompositions de la Méditerranée occidentale ont profondément modifié l&rsquo;environnement stratégique dans lequel ce dossier évolue.  C&rsquo;est dans cette mutation que réside, à mes yeux, la principale clé de lecture de ce différend.</p>
<h2><strong><span style="font-size: 14pt;">Lorsque la géographie redéfinit les rapports de force</span></strong></h2>
<p>L&rsquo;existence d&rsquo;un titre juridique ne dispense pas d&rsquo;analyser les conditions concrètes dans lesquelles la souveraineté est exercée. Or, ces conditions sont largement déterminées par la configuration géographique des deux villes.</p>
<p>Les transformations intervenues depuis la fermeture du commerce atypique ont mis cette réalité en évidence. Pendant longtemps, le fonctionnement des deux villes reposait sur un modèle économique qui atténuait les effets de leur enclavement. La réduction des échanges frontaliers, l&rsquo;augmentation du coût du contrôle des frontières et la pression migratoire ont révélé les limites de cet équilibre. Aujourd’hui, Ceuta et Melilla apparaissent moins comme deux villes européennes tournées vers leur métropole que comme deux espaces dont le fonctionnement dépend, dans une large mesure, de leur environnement géographique immédiat.</p>
<p>Cette évolution conduit à distinguer deux réalités qu&rsquo;il convient souvent de ne pas confondre. La première relève de la souveraineté juridique. La seconde concerne les conditions concrètes dans lesquelles cette souveraineté est exercée. Cet écart constitue l&rsquo;une des principales spécificités de Ceuta et Melilla.</p>
<p>L&rsquo;écart de puissance économique entre l&rsquo;Espagne et le Maroc ne modifie pas cette donnée. Madrid dispose de ressources financières, militaires et institutionnelles largement supérieures à celles de Rabat. Pourtant, aucune de ces capacités ne supprime les contraintes créées par la localisation des deux villes. L&rsquo;approvisionnement, les flux de circulation, une partie des activités économiques et la stabilité du voisinage immédiat restent étroitement liés au territoire marocain. Ce constat rappelle une règle classique de la géographie politique : la puissance permet d&rsquo;agir sur un espace, mais elle n&rsquo;efface jamais les contraintes que cet espace impose.</p>
<p>Cette observation dépasse le cas de Ceuta et Melilla. Lorsque les réalités géopolitiques s’éloignent des arrangements juridiques établis, le coût politique, économique et sécuritaire du statu quo augmente. La géographie ne modifie pas les frontières en droit, mais elle transforme les conditions de leur administration.</p>
<p>Cette dimension apparaît aussi dans le regard porté sur ce dossier par les institutions européennes. L&rsquo;Union européenne considère Ceuta et Melilla comme faisant partie du territoire espagnol tout en leur appliquant des régimes douaniers et fiscaux distincts. Les Nations unies ne les classent pas parmi les territoires non autonomes. Ces éléments relèvent du droit positif. Ils n&rsquo;épuisent pourtant pas le débat. Dans une partie du monde, la persistance de deux enclaves européennes sur le continent africain continue d&rsquo;alimenter des interrogations sur la manière dont les principes de l&rsquo;intégrité territoriale et de la décolonisation sont appliqués selon les contextes.</p>
<p>La question ne consiste pas à assimiler Ceuta et Melilla à d&rsquo;autres différends territoriaux. Chaque situation possède sa propre histoire et son propre cadre juridique. En revanche, le débat sur la cohérence des principes défendus par les puissances occidentales demeure légitime. Il transcende le seul cas espagnol et renvoie à une question plus large sur l&rsquo;influence des rapports de force dans la hiérarchie des priorités internationales.</p>
<h3><strong>Lecture sous prisme de l&rsquo;expansionnisme</strong></h3>
<p>Une partie des élites politiques, médiatiques et sécuritaires espagnoles continue de lire les positions marocaines à travers le prisme de l&rsquo;expansionnisme. Cette grille, largement héritée de la seconde moitié du XXᵉ siècle, concentre l&rsquo;analyse sur les intentions prêtées à Rabat et relègue au second plan les transformations du voisinage méridional de l&rsquo;Europe. Elle présente ainsi un dossier vieux de plusieurs siècles comme le produit d&rsquo;une stratégie marocaine contemporaine.</p>
<p>Le maintien de la situation actuelle répond aussi à des intérêts plus concrets. Avec le temps, une économie institutionnelle s&rsquo;est développée autour des deux villes. Les dispositifs militaires, les structures chargées du contrôle des frontières, les régimes fiscaux particuliers et les transferts budgétaires représentent une part importante de leur fonctionnement. Cette réalité explique pourquoi la réflexion ne se limite pas à une opposition entre les positions officielles du Maroc et de l&rsquo;Espagne. Elle doit également prendre en compte des acteurs locaux dont les intérêts convergent avec la préservation du statu quo.</p>
<p>Ces intérêts contribuent également à entretenir une lecture sécuritaire qui tend à faire du Maroc la principale source de menace. Une telle représentation facilite la justification de certains dispositifs administratifs et sécuritaires. Elle laisse pourtant de côté un élément essentiel : La proximité géographique crée une interdépendance durable que ni les discours politiques ni les alternances gouvernementales espagnoles ne peuvent supprimer. La question stratégique n&rsquo;est donc pas de savoir si cette interdépendance existe, mais comment elle sera organisée.</p>
<p>Au fond, le cas de Ceuta et Melilla excède la seule question de leur statut juridique. Elles montrent que la géographie ne redistribue pas mécaniquement la souveraineté ; elle transforme progressivement les conditions dans lesquelles celle-ci peut être exercée. C&rsquo;est cette évolution qui constitue aujourd&rsquo;hui le principal défi stratégique pour Madrid. Le véritable enjeu n&rsquo;est plus de défendre un statu quo hérité du passé, mais d&rsquo;apprécier sa capacité à demeurer viable dans un espace méditerranéen dont les équilibres connaissent une recomposition profonde.</p>
<h1><span style="font-size: 14pt;"><strong>Que révèlent les précédents internationaux ?</strong></span></h1>
<p>Les différends de souveraineté ne suivent pas une trajectoire prédéterminée. L&rsquo;ancienneté d&rsquo;un contentieux ne le rend ni irréversible ni insusceptible d&rsquo;évolution. L&rsquo;histoire des relations internationales montre au contraire que ces situations changent lorsque leur environnement politique et stratégique se transforme.</p>
<p>L&rsquo;expérience internationale met en évidence plusieurs chemins possibles. Certains territoires ont retrouvé leur souveraineté à l&rsquo;issue d&rsquo;une négociation, d&rsquo;autres ont connu une période de transition destinée à accompagner un changement de statut. Dans d&rsquo;autres cas, les parties ont choisi d&rsquo;organiser la gestion de certaines fonctions sans régler immédiatement la question de la souveraineté. Il n&rsquo;existe donc ni modèle unique ni séquence obligatoire.</p>
<p>Le retour de Hong Kong et de Macao à la Chine illustre la première hypothèse. Plusieurs décennies d&rsquo;administration britannique et portugaise n&rsquo;ont pas empêché un transfert négocié lorsque les conditions politiques sont devenues favorables. Goa conduit à une conclusion comparable. La durée de la présence portugaise n&rsquo;a pas transformé une situation coloniale en réalité intangible. Le changement est intervenu lorsque le contexte international issu de la décolonisation a profondément modifié les équilibres politiques.</p>
<p>Gibraltar appartient à une logique différente. Le différend entre Londres et Madrid demeure ouvert, mais les accords conclus ces derniers mois montrent qu&rsquo;un désaccord sur la souveraineté n&#8217;empêche pas l&rsquo;organisation de solutions concrètes concernant la circulation des personnes, les échanges commerciaux ou la coopération sécuritaire. Les positions juridiques restent inchangées ; les contraintes imposées par la géographie conduisent pourtant les parties à rechercher des mécanismes de fonctionnement commun.</p>
<p>Ces précédents ne constituent pas des modèles transposables à Ceuta et Melilla. Chaque contentieux possède sa propre histoire, son propre cadre juridique et son propre contexte politique. Leur intérêt réside ailleurs. Ils montrent que les questions de souveraineté évoluent rarement sous l&rsquo;effet du temps lui-même. Elles changent lorsque leur environnement stratégique se transforme.</p>
<p>C&rsquo;est précisément ce qui distingue Ceuta et Melilla. Les deux villes ne se trouvent pas dans une situation insulaire ni dans un espace éloigné de l&rsquo;État qui revendique leur souveraineté. Elles sont implantées au cœur du prolongement géographique du Maroc. Cette donnée ne tranche pas le différend, mais elle influence directement les conditions de son administration. L&rsquo;espace dans lequel s&rsquo;exerce une souveraineté n&rsquo;est jamais neutre ; il crée des contraintes, produit des interdépendances et redéfinit progressivement les marges de manœuvre des acteurs.</p>
<p>Ainsi, la comparaison internationale conduit à déplacer la question. L&rsquo;enjeu n&rsquo;est pas de rechercher un précédent identique, mais de comprendre ce qui fait évoluer un contentieux de souveraineté. L&rsquo;expérience montre que le droit, à lui seul, explique rarement les transformations observées. Elles résultent plus souvent de l&rsquo;évolution de l&rsquo;environnement stratégique, des rapports de force et de la géographie politique.</p>
<p>Sous cet angle, Ceuta et Melilla apparaissent moins comme une exception historique que comme l&rsquo;expression d&rsquo;un phénomène plus général : la souveraineté ne s&rsquo;exerce jamais indépendamment de l&rsquo;espace dans lequel elle s&rsquo;inscrit. En effet, les textes en définissent le cadre ; la géographie en conditionne les possibilités d&rsquo;exercice.</p>
<h1><span style="font-size: 14pt;"><strong>La gouvernance fonctionnelle : organiser l&rsquo;espace avant de résoudre le différend</strong></span></h1>
<p>Les différends de souveraineté ne se résolvent pas toujours par un accord politique global. L&rsquo;expérience internationale montre qu&rsquo;ils évoluent souvent par étapes. Avant même qu&rsquo;un compromis n&rsquo;intervienne sur les questions les plus sensibles, les États sont conduits à organiser la gestion des contraintes que leur impose le terrain. De fait, la géographie crée des besoins de coopération qui précèdent parfois le règlement du différend lui-même.</p>
<p>C&rsquo;est dans cette perspective que s&rsquo;inscrit la gouvernance fonctionnelle. Elle ne remet pas en cause les positions juridiques des parties et ne cherche pas à redéfinir la souveraineté. Son ambition est différente : créer un cadre stable pour administrer les domaines dans lesquels la proximité géographique rend la coordination inévitable. Les frontières, la circulation des personnes et des marchandises, la coopération sécuritaire, le renseignement, la protection des espaces ou la lutte contre les réseaux criminels relèvent de cette logique.</p>
<p>L&rsquo;intérêt d&rsquo;une telle approche tient à sa capacité à dissocier deux niveaux qui sont souvent confondus. Le premier concerne les revendications de souveraineté, qui demeurent inchangées. Le second relève de la gestion quotidienne d&rsquo;un espace partagé. Les traiter séparément ne règle pas le différend, mais réduit les tensions, améliore la prévisibilité des relations et crée un environnement plus favorable au dialogue.</p>
<p>Ceuta et Melilla illustrent particulièrement cette problématique. Leur insertion dans le prolongement géographique du Maroc place les deux villes au cœur d&rsquo;un même espace fonctionnel. Les flux économiques, la sécurité des frontières, les migrations, la surveillance des espaces de circulation, la lutte contre le jihadisme ou contre la criminalité organisée relèvent d&rsquo;une réalité opérationnelle commune. Cette interdépendance ne procède pas d&rsquo;un choix politique ; elle résulte de la géographie.</p>
<p>La gouvernance fonctionnelle répond à cette contrainte. Elle ne consiste ni à partager la souveraineté ni à élaborer un statut intermédiaire. Elle répond à une question beaucoup plus concrète : comment administrer durablement un espace où certaines fonctions ne peuvent être exercées sans coordination ? Plus l&rsquo;interdépendance territoriale est forte, plus cette question devient centrale.</p>
<p>Cette logique rejoint la démarche proposée par feu Sa Majesté le Roi Hassan II lorsqu&rsquo;il appelait à la création d&rsquo;une commission conjointe chargée d&rsquo;examiner l&rsquo;ensemble des dimensions du dossier. L&rsquo;objectif n&rsquo;était pas de contourner le différend, mais d&rsquo;éviter qu&rsquo;il ne bloque toute possibilité d&rsquo;organiser les intérêts communs. Cette intuition conserve aujourd&rsquo;hui toute son actualité.</p>
<p>Les recompositions de l’arc euro-maghrébin renforcent encore cette nécessité. Les menaces transnationales ou la protection des infrastructures critiques ne peuvent être prises en charge par un État agissant seul. Aucune de ces menaces ne s&rsquo;arrête aux frontières administratives ; toutes s&rsquo;inscrivent dans un espace géographique partagé.</p>
<p>À ce titre, la gouvernance fonctionnelle ne constitue donc pas une alternative à la souveraineté. Elle répond à une autre logique. Elle reconnaît qu&rsquo;un différend peut subsister tout en rendant indispensable l&rsquo;organisation de fonctions communes. Dans le cas de Ceuta et Melilla, elle ne préjuge pas de l&rsquo;avenir juridique des deux villes. Elle offre un cadre permettant d&rsquo;administrer une interdépendance que la géographie impose déjà.</p>
<p><span style="font-size: 14pt;"><strong>Vers une nouvelle lecture des relations maroco-espagnoles</strong></span></p>
<p>Les transformations qui traversent aujourd&rsquo;hui le détroit de Gibraltar ont profondément modifié la place qu&rsquo;occupe le dossier de Ceuta et Melilla dans les relations entre Rabat et Madrid. Longtemps traité comme un contentieux bilatéral, il s&rsquo;inscrit désormais dans un espace où se croisent plusieurs enjeux géostratégiques. Ces évolutions ont changé la nature du problème bien davantage que son fondement juridique.</p>
<p>Le maintien du statu quo répond-il encore aux intérêts stratégiques de l&rsquo;Espagne ? Pendant longtemps, cette option apparaissait comme la moins risquée. L&rsquo;environnement régional a changé. La gestion des deux villes mobilise aujourd&rsquo;hui des moyens diplomatiques, sécuritaires et financiers croissants, alors même que les défis qui se développent dans l&rsquo;espace euro-africain exigent une concentration des ressources sur d&rsquo;autres priorités.</p>
<p>Ceuta et Melilla renvoient ainsi à une question plus large : la place que Madrid entend accorder au Maroc dans sa stratégie méditerranéenne et euro-africaine. Le Maroc est devenu un acteur central dans la gestion des défis sécuritaires communs, des interconnexions énergétiques et des échanges entre l&rsquo;Europe et l&rsquo;Afrique. Une lecture centrée sur le seul différend territorial ne rend plus compte des intérêts sécuritaires, énergétiques et économiques qui structurent les relations entre Rabat et Madrid.</p>
<p>Il s&rsquo;agit de l&rsquo;un des principaux défis auxquels la politique espagnole est confrontée. Les alternances gouvernementales, les équilibres parlementaires internes ou les discours politiques partisans influencent régulièrement le traitement des questions liées au Maroc. Or les intérêts géopolitiques ne suivent pas le calendrier électoral. Ils s&rsquo;inscrivent dans la durée. Les États qui partagent un même espace stratégique ont besoin d&rsquo;une continuité qui sorte de la logique des majorités politiques du moment.</p>
<p>Les expériences observées ailleurs conduisent à un constat différent. En effet, un désaccord sur la souveraineté n&#8217;empêche ni la coopération ni la mise en place de mécanismes de coordination lorsque les contraintes du terrain l&rsquo;imposent. L&rsquo;enjeu ne réside pas dans l&rsquo;abandon des positions de principe, mais dans la capacité à adapter les instruments de gestion à une réalité géopolitique en mutation.</p>
<p>Le Maroc et l&rsquo;Espagne resteront liés par une donnée qui ne dépend ni des gouvernements ni des circonstances : la géographie. Aucune décision politique ne modifiera leur voisinage, ni les interdépendances qui en découlent. Cette proximité fait de Ceuta et Melilla bien davantage qu&rsquo;un dossier de souveraineté ; elle en fait un révélateur de la manière dont les deux États choisissent d&rsquo;organiser leur coexistence stratégique.</p>
<p>Le débat devrait être reformulé en ces termes. La véritable question n&rsquo;est pas de savoir si le différend subsistera encore longtemps. Les contentieux territoriaux peuvent durer plusieurs générations. La question est différente : les instruments utilisés pour le gérer correspondent-ils encore aux réalités géopolitiques du bassin méditerranéen occidental ? Rien n&rsquo;est moins certain.</p>
<p>L&rsquo;avenir des relations maroco-espagnoles dépendra moins de la capacité des deux pays à effacer leurs désaccords que de leur aptitude à empêcher ces désaccords de structurer l&rsquo;ensemble de leur relation. C&rsquo;est là que se situe aujourd&rsquo;hui le véritable enjeu stratégique. Une relation bilatérale aussi dense ne peut rester durablement organisée autour d&rsquo;un héritage du XVe siècle alors que l&rsquo;environnement régional, les rapports de puissance et les interdépendances entre l&rsquo;Europe et l&rsquo;Afrique connaissent une recomposition profonde.</p>
<h3><span style="font-size: 14pt;"><strong>Dynamiques de l&rsquo;interface Europe–Afrique</strong></span></h3>
<p>Ceuta et Melilla sont souvent abordées sous l&rsquo;angle du droit ou de l&rsquo;histoire. Ces deux dimensions demeurent essentielles, mais elles ne suffisent plus à expliquer la trajectoire de ce dossier. Les titres juridiques évoluent lentement. Les rapports de force, eux, se transforment au rythme des mutations géopolitiques. C&rsquo;est dans cet écart que se joue aujourd&rsquo;hui une grande partie de l&rsquo;avenir de ces deux villes.</p>
<p>Pendant plusieurs décennies, le débat s&rsquo;est concentré sur la question de la souveraineté. Les dynamiques de l&rsquo;interface Europe–Afrique ont déplacé le centre de gravité du problème. Les migrations, les menaces transnationales, les interconnexions économiques, la sécurité sahélo-saharienne ou les nouvelles dynamiques euro-africaines ne constituent pas des questions périphériques ; elles façonnent désormais l&rsquo;environnement dans lequel s&rsquo;inscrit ce différend.</p>
<p>C&rsquo;est à travers ce prisme que devrait être posée la question en Espagne. Le véritable enjeu n&rsquo;est pas de savoir si les positions juridiques des parties demeurent inchangées. Il consiste à déterminer si les instruments hérités d&rsquo;un autre contexte historique restent adaptés aux réalités stratégiques du XXIᵉ siècle. Aucune politique étrangère ne peut durablement ignorer les transformations de l&rsquo;espace dans lequel elle s&rsquo;exerce.</p>
<p>Cette réflexion ne concerne pas seulement la seule question de Ceuta et Melilla. Elle concerne la place qu&rsquo;occupe le Maroc dans la politique méditerranéenne de l&rsquo;Espagne. Les deux pays coopèrent sur des dossiers qui engagent directement la sécurité et la stabilité de leur voisinage commun. Une lecture centrée exclusivement sur le différend territorial ne rend plus compte de la densité des intérêts qui structurent aujourd&rsquo;hui les relations maroco-espagnoles.</p>
<p>La relation avec le Maroc gagnerait à devenir un sujet de consensus stratégique plutôt qu&rsquo;un thème régulièrement réinvesti par le débat et les querelles politiques internes. La persistance des désaccords n&rsquo;interdit pas la construction d&rsquo;une relation stratégique stable. Elle impose seulement de distinguer les intérêts permanents des controverses politiques.</p>
<p>Le droit fixe les positions. La géographie transforme les conditions de leur exercice. C&rsquo;est dans cette tension, plus que dans les héritages du passé que se jouera l&rsquo;avenir de Ceuta et Melilla.</p>
<h3>Cherkaoui Roudani</h3>
<h1></h1>
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		<title>Sebta : l’ambition contre le contentieux</title>
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		<pubDate>Tue, 11 Aug 2026 10:57:34 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Le 4 août, en visioconférence, le ministre espagnol de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, a révisé son bilan à la hausse devant ses vingt-six homologues : 72 000 entrées irrégulières à Sebta (Ceuta), contre 50 000 estimées les premiers jours, et 70 000 retours déjà effectués vers le Maroc. Le chiffre a fait la une. La phrase &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><em><span style="font-size: 14pt;">Le 4 août, en visioconférence, le ministre espagnol de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, a révisé son bilan à la hausse devant ses vingt-six homologues : 72 000 entrées irrégulières à Sebta (Ceuta), contre 50 000 estimées les premiers jours, et 70 000 retours déjà effectués vers le Maroc. Le chiffre a fait la une. La phrase qui l’accompagnait, moins. En trois heures de discussion, les ministres ont convenu que l’espace Schengen n’était pas en cause, exprimé leur solidarité à l’Espagne et  acté le déploiement d’agents de Frontex sur place. Aucun d’entre eux n’a prononcé le mot qui décrit pourtant le lieu où se tenait la crise : un territoire dont le statut n’a jamais été réglé.</span></em></p>
<p>Ce silence n’est pas un oubli. C’est un choix de catégorie, et un choix de catégorie est déjà une décision politique.</p>
<h3><strong>Ce que la catégorie fait</strong></h3>
<p>Depuis des jours, deux lectures se disputent l’événement. La première, dominante dans la presse européenne, range Sebta (Ceuta) dans la rubrique des crises migratoires instrumentalisées. Un État aurait relâché ses contrôles pour envoyer un message, selon la grammaire désormais familière de la « guerre hybride ». La seconde, minoritaire, y voit l’effet combiné d’une décision de justice espagnole, d’une rumeur numérique et d’une détresse sociale localisée.</p>
<p>L’écart entre les deux n’est pas d’interprétation. Il est de nature. Dans le premier cas, on tient une ambition — un désir, une pulsion, quelque chose qui relève de la psychologie des puissances et qu’on contient par la dissuasion. Dans le second, on tient un contentieux — un désaccord de droit, quelque chose qui se traite par la négociation. On ne négocie pas avec une ambition. On la surveille. Voilà pourquoi la qualification précède toujours le dispositif. Elle en détermine la forme.</p>
<p>Le dispositif adopté le 4 août dit exactement ce qui a été qualifié. Frontex sur place, Europol mobilisé contre les passeurs, hubs de retour en discussion avec des pays tiers, frontières intérieures préservées. C’est une réponse sécuritaire à un problème que personne n’a pas été défini autrement.</p>
<h3><strong>Ce que la catégorie efface</strong></h3>
<p>Trois faits résistent mal à cette lecture, et c’est pourquoi ils disparaissent des récits. Le premier est juridique et espagnol. Le 8 juillet, le Tribunal suprême a jugé que le renvoi immédiat sans procédure administrative préalable ne s’applique pas aux personnes arrivées par voie maritime. C’est de cette décision, et de sa circulation déformée sur les réseaux, qu’est partie le mouvement.</p>
<p>Pedro Sánchez lui-même a parlé d’une interprétation erronée de l’arrêt de justice. Le déclencheur documenté est donc endogène. Dans la lecture dominante, il devient un simple « amplificateur » d’une cause extérieure supposée. L’ordre des facteurs est inversé pour que la conclusion tienne.</p>
<p>Le deuxième est économique et marocain. Les départs sont partis de Fnideq. Ce n’est pas un hasard géographique, c’est une conséquence. Cette ville a vécu pendant des décennies de l’économie de la contrebande vivrière liée au poste-frontière. Sa fermeture a supprimé, sans substitution immédiate, la ressource principale de milliers de foyers. Effacez cette donnée, et il ne reste plus qu’une seule explication disponible à la concentration des départs en un point précis : l’orchestration. L’omission ne complète pas la thèse de la manipulation. Elle la produit.</p>
<p>Le troisième est statistique et européen. Dans un courrier adressé le 3 août au chef du gouvernement espagnol, Ursula von der Leyen rappelait que les arrivées irrégulières dans l’Union ont chuté de 55 % en deux ans et de 37 % depuis le début de 2026. Une pression migratoire instrumentalisée de manière continue ne produit pas ces courbes. Sebta a été un pic, pas une tendance. Un pic s’explique par un événement. Une tendance s’explique par une stratégie. Ceux qui invoquent la stratégie doivent expliquer pourquoi elle produit, hors de ces soixante-douze heures, l’inverse de ce qu’elle viserait.</p>
<h3><strong>L’asymétrie qui ne se dit pas</strong></h3>
<p>Reste la question que la réunion du 4 août n’a pas posée et que la presse pose peu : de quoi Sebta est-elle le nom en droit ?</p>
<p>L’Espagne défend à New York pour Gibraltar une doctrine simple : la continuité territoriale et l’intégrité du territoire national fondent une revendication que la possession prolongée n’éteint pas. Elle déclare cette même doctrine irrecevable dès qu’on l’applique à sa propre rive Sud.</p>
<p>Sebta a été prise en 1415, transmise à la couronne espagnole par le traité de Lisbonne de 1668. Melilia est occupée depuis 1497. Ces dates sont antérieures au Maroc contemporain — c’est l’argument espagnol. Elles sont aussi antérieures à l’Espagne contemporaine, et surtout antérieures à tout le droit international qui régit aujourd’hui les transferts de souveraineté. Un titre acquis avant l’existence des règles ne se prévaut pas des règles.</p>
<p>Un même gouvernement ne peut pas soutenir que la géographie fonde un droit au Nord du détroit et qu’elle ne fonde rien au Sud. Ce n’est pas une accusation, c’est une contrainte logique. Elle vaut examen, pas indignation.</p>
<h3><strong>Ce qui vient</strong></h3>
<p>Quatre échéances méritent d’être tenues à l’œil, et elles sont liées:<br />
La session plénière du Parlement européen de septembre décidera si le cadrage sécuritaire du 4 août devient doctrine ou reste circonstance. Une doctrine se défait beaucoup plus difficilement qu’un communiqué.<br />
Le calendrier onusien sur le Sahara marocain, à l’automne, sera lu à Madrid comme à Rabat à travers ce qui vient de se passer. Les deux dossiers ne sont pas juridiquement liés ; ils sont politiquement contemporains, ce qui suffit.<br />
Les élections législatives espagnoles de 2027 pèsent déjà. La position espagnole reconnaissant au plan marocain d’autonomie un caractère sérieux et crédible reste attachée à un premier ministre, non à un consensus d’État. Toute lecture stratégique doit intégrer cette fragilité.<br />
La quatrième échéance n’a pas de date. C’est celle de Fnideq et des villes du nord. Soixante-douze mille personnes (selon l&rsquo;Espagne) ne se déplacent pas que sur la base d&rsquo;une rumeur même si celle-ci y a beaucoup contribué. C&rsquo;est un énoncé politique adressé d’abord au gouvernement de leur propre pays. La réponse marocaine ne doit pas se limiter qu&rsquo;au registre sécuritaire au moment où l’on reproche à l’Europe de n’avoir à la bouche que celui-là.</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Crise migratoire à Sebta: mise u point du ministère marocain de l&#8217;Interieur</title>
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		<pubDate>Sun, 02 Aug 2026 19:49:57 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>A la suite des événements qu’ont connus récemment les points de passage menant aux villes de Sebta et Mellilia, le ministère marocain de l&rsquo;Intérieur souligne que les différentes données recueillies et analysées révèlent que ces événements ne sont pas dus à des facteurs conjoncturels ou spontanés, mais plutôt le résultat de l’interaction de plusieurs facteurs intriqués, à leur tête l&rsquo;instrumentalisation tendancieuse de l&rsquo;espace numérique, la diffusion d&rsquo;informations trompeuses, le rôle des bandes de traite d’êtres humains et des interprétations erronées de données juridiques et administratives qui visaient à faire croire à la possibilité d’accès facile à l&rsquo;espace européen sans conséquences juridiques.</p>
<p>Dans une déclaration à la presse, dimanche à Rabat, le porte-parole du ministère de l’Intérieur, Rachid El Khalfi, a indiqué que les autorités publiques, conscientes de la nature et des indicateurs de ces développements, ont, dès le départ, mis en œuvre une approche proactive et globale s’appuyant sur la détection précoce des différents signaux, le rehaussement du niveau de vigilance et de mobilisation, le renforcement de l’opérationnalité des différents services de sécurité et des autorités territoriales, ainsi que l&rsquo;intensification de la surveillance terrestre et maritime, à même de permettre le contrôle de la situation, la protection des vies, le maintien de l&rsquo;ordre public et la sécurisation des frontières, dans le strict respect des dispositions de la loi et du principe de proportionnalité des interventions.</p>
<p>Les données statistiques précises dont disposent les autorités compétentes, fournies grâce aux dispositifs de surveillance et de suivi sur le terrain, mis en place aux points de départ des personnes ayant pris part à ces tentatives de passages irréguliers, ont permis de déterminer le nombre exact des personnes concernées, a-t-il poursuivi.</p>
<p>Ce nombre s&rsquo;est élevé à près de 40.000 personnes à destination de la ville de Sebta et à près de 1 135 personnes à destination de la ville de Mellilia, où il a été procédé au renvoi immédiat de toutes les personnes ayant réussi à atteindre cette ville, a fait savoir M. El Khalfi.</p>
<p>Ce bilan, a-t-il expliqué, repose sur des données statistiques et de terrain précises, collectées grâce à des mécanismes techniques de surveillance et de suivi, ce qui en fait la référence, contrairement à certains chiffres véhiculés qui ne reposent pas sur des données fiables ou des fondements objectifs.</p>
<p>Dans ce cadre, ont été mises en avant, en particulier, les dernières décisions issues des autorités judiciaires espagnoles concernant la possibilité de restreindre l’application des mesures de renvois immédiats de certains migrants irréguliers interceptés en mer, a-t-il ajouté.</p>
<p>Ces décisions et leurs interprétations erronées véhiculées ont nourri une conviction chez certains candidats qu’ils peuvent éviter le renvoi immédiat, ce qui a contribué à l’émergence d’un mode unique des tentatives de migration irrégulière, à savoir la traversée à la nage en tant que moyen qui offre, selon certains, une grande opportunité pour s’épargner le renvoi immédiat, a fait remarquer le porte-parole du ministère de l’Intérieur.</p>
<p>Selon M. El Khalfi, ces événements ont donné lieu, jusqu’à présent, à un seul cas de décès accidentel suite à la chute d’une zone rocheuse près de la ville de Sebta, outre le décès de 10 personnes par noyade.</p>
<p>Il a indiqué que cet état de fait révèle que la courte distance, moins de 70 mètres, et sa profondeur profondément limitée, qui ne dépasse pas 2 mètres au niveau de certains points, ont nourri chez certains participants le sentiment trompeur de la facilité de la traversée, ce qui les a poussés à minimiser le degré du risque et à faire des tentatives dont certaines ont eu des fins tragiques.</p>
<p>S’agissant des informations véhiculées au sujet d’autres cas de décès dans la ville de Sebta, il a noté que les autorités marocaines poursuivent, via les canaux de coopération et de coordination officiels avec leurs homologues espagnoles, les opérations de vérification de la véracité de ces données, ainsi que du nombre réel des personnes concernées, de leurs identités et de leurs nationalités, afin de parachever les mesures juridiques, administratives et humanitaires requises.</p>
<p>Parallèlement, le retour des personnes concernées a été rendu possible dans le cadre de la coopération établie avec la partie espagnole et conformément aux procédures en vigueur et ce, à travers l&rsquo;ouverture des passages pour les personnes souhaitant rentrer de leur plein gré, ce qui a contribué à faciliter le retour à la normale de la situation dans la région de manière progressive, a-t-il dit.</p>
<p>M. El Khalfi a, dans ce sens, précisé que que le Parquet compétent a procédé, dans le cadre de ses attributions juridiques, à l’ouverture d’enquêtes judiciaires au sujet des différents actes et faits liés à ces événements, afin d&rsquo;en déterminer tous les tenants et aboutissants, d&rsquo;établir les responsabilités et d&rsquo;en tirer les effets juridiques conformément aux dispositions de la loi.</p>
<p>Tout en réaffirmant que la gestion du phénomène migratoire ne peut s’effectuer que dans le cadre d’une approche globale fondée sur la responsabilité partagée, la solidarité effective et le partage des charges, le ministère de l’Intérieur souligne que le Royaume du Maroc demeurera, comme il l&rsquo;a toujours été auprès de ses partenaires, un partenaire fiable et responsable, résolument engagé à renforcer la coopération et la coordination internationales en matière de lutte contre la migration irrégulière et la traite des êtres humains, a-t-il soutenu.</p>
<p>En même temps, le Royaume du Maroc ne ménagera aucun effort pour prendre toutes les mesures nécessaires afin de préserver l’ordre public, de protéger la sécurité des frontières et d’assurer la sécurité des personnes et des biens, dans le cadre du respect de la primauté de la loi et des engagements nationaux et internationaux du Royaume, a-t-il ajouté.</p>
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		<title>À Sebta, ce n&#8217;est pas une frontière qui a cédé, c&#8217;est une décolonisation inachevée</title>
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		<pubDate>Sat, 01 Aug 2026 08:48:37 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Le 30 juillet, jour où le Maroc célébrait le vingt-septième anniversaire de l&#8217;accession au Trône de Mohammed VI, des milliers de jeunes ont contourné à la nage la jetée de Tarajal pour entrer à Sebta. Environ 60 000 entrées en quelques jours, selon le président du gouvernement local, Juan Vivas — l&#8217;équivalent de 70 % &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><em><span style="font-size: 14pt;"><strong>Le 30 juillet, jour où le Maroc célébrait le vingt-septième anniversaire de l&rsquo;accession au Trône de Mohammed VI, des milliers de jeunes ont contourné à la nage la jetée de Tarajal pour entrer à Sebta. Environ 60 000 entrées en quelques jours, selon le président du gouvernement local, Juan Vivas — l&rsquo;équivalent de 70 % de la population de la ville. Vendredi soir, le ministère espagnol de l&rsquo;Intérieur comptait déjà plus de 48 300 retours vers le Maroc. Le bilan humain, encore provisoire, se compte en dizaines de morts.</strong></span></em></p>
<p>L&rsquo;Europe a répondu à sa manière. L&rsquo;Italie a suspendu Schengen avec l&rsquo;Espagne, suivie de près par la Finlande, le Danemark, les Pays-Bas, la Suède et la République tchèque. La France a quintuplé ses effectifs aux Pyrénées et le président du groupe Les Républicains au Sénat, Mathieu Darnaud, a écrit au Premier ministre pour réclamer une réponse rapide. Ursula von der Leyen a jugé les images « inacceptables » et chargé la commissaire Dubravka Šuica de prendre attache avec le chef de la diplomatie marocaine Nasser Bourita — pendant que son propre commissaire aux affaires intérieures constatait qu&rsquo;aucun mouvement n&rsquo;avait été détecté vers le continent. On renforce donc des polices aux Pyrénées pour une ville d&rsquo;Afrique dont personne ne veut nommer le statut.</p>
<p>L&rsquo;Europe a vu une crise migratoire. Ce qui s&rsquo;est rappelé à elle, cette semaine, c&rsquo;est une décolonisation qu&rsquo;elle n&rsquo;a jamais voulu conduire à son terme.</p>
<h3><strong>Un contentieux, pas un flux</strong></h3>
<p>Sebta et Melilia sont les seules frontières terrestres de l&rsquo;Union européenne en Afrique. Melilia est sous contrôle espagnol depuis 1497 ; Sebta, sous occupation portugaise en 1415, a été cédée à l&rsquo;Espagne par le traité de Lisbonne en 1668. Villes autonomes depuis 1995, intégrées à l&rsquo;espace Schengen, elles restent hors de l&rsquo;union douanière européenne. S&rsquo;y ajoutent les îles Jaafarines au large de Ras Kebdana, les rochers de Vélez de la Gomera et d&rsquo;Al Hoceïma, et l&rsquo;îlot Leila, qui avait suffi en 2002 à mettre deux armées en mouvement, espagnole et marocaine.</p>
<p>Le Maroc désigne cet ensemble, depuis son indépendance en 1956, comme les derniers vestiges de la présence coloniale sur ses côtes, dont il demande la restitution au titre du parachèvement de son unité territoriale.</p>
<p>Devant l’ONU, Madrid soutient, à propos de Gibraltar, que la décolonisation d&rsquo;un territoire peut passer par sa restitution à l&rsquo;État dont il prolonge le sol, au nom de l&rsquo;intégrité territoriale. Le Maroc ne dit pas autre chose au sujet des présides que Madrid occupe. La contradiction espagnole porte sur le principe invoqué. L’Espagne ne peut pas défendre à New York, pour elle-même, une doctrine qu&rsquo;elle déclare irrecevable dès qu&rsquo;elle s&rsquo;applique à sa propre rive sud.</p>
<h3><strong>1987, l&rsquo;occasion refusée</strong></h3>
<p>Le Maroc n&rsquo;a jamais posé ce dossier en ultimatum. Dans son discours du Trône du 3 mars 1987, Hassan II proposait la création d&rsquo;une cellule de réflexion bilatérale sur l&rsquo;avenir des deux villes. Le gouvernement espagnol a refusé, au motif que Sebta et Melilia étant espagnoles, un tel organe ne se justifiait pas. José María Aznar raconte dans ses mémoires que le Souverain lui rappelait encore cette proposition une décennie plus tard, et qu&rsquo;il lui répondit n&rsquo;être pas venu au Maroc pour parler de deux villes espagnoles.</p>
<p>Ce refus a été présenté quarante ans durant comme un acte de fermeté. C&rsquo;était la décision de ne produire aucun cadre. Depuis, cette frontière fonctionne comme un point de tension permanent, où une rumeur, un arrêt de justice mal compris peuvent à tout moment tourner au drame. Au moins vingt-trois morts en juin 2022 à la clôture de Melilia, selon le décompte officiel marocain — davantage selon les organisations de défense des droits humains. Des dizaines cette semaine dans les eaux de Sebta. Chaque fois les mêmes images, la même indignation, et le dossier reposé exactement là où il était.</p>
<h3><strong>Ce que la semaine a démontré</strong></h3>
<p>Une thèse a circulé en quelques heures : Rabat aurait ouvert une brêche. Les faits disent l&rsquo;inverse : interceptions et sauvetages au large de Fnideq et de Belyounech, barrages sur les axes menant au littoral, un millier et demi d&rsquo;interpellations dans le Nord, puis un accord de reprise de l&rsquo;ensemble des personnes entrées irrégulièrement, sans régularisation — à rebours du précédent de 2021.</p>
<p>Le ministre espagnol de l&rsquo;Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, a salué une coopération qu&rsquo;il a lui-même qualifiée d&rsquo;exemplaire. Rabat, dans le même temps, n&rsquo;a rien proclamé.</p>
<p>La ligne était d&rsquo;ailleurs fixée depuis 2021, quand Nasser Bourita rappelait que le Maroc « n&rsquo;a pas besoin d&rsquo;être noté par l&rsquo;Espagne ». Treize mille tentatives de migration irrégulière déjouées depuis 2017, plus de quatre mille réseaux démantelés, et le coût d&rsquo;un bon voisinage assumé pour l&rsquo;essentiel par le Royaume. Un État qui tient cette ligne au plus fort de la tempête est fondé à demander que l&rsquo;on discute enfin de ce qui la produit. Un littoral où trois cents mètres d&rsquo;eau séparent Fnideq d&rsquo;une ville que le Maroc n&rsquo;a jamais cessé de tenir pour sienne, sans qu&rsquo;aucun horizon politique n&rsquo;ait été proposé aux populations des deux rives. Les réseaux criminels n&rsquo;ont pas créé cette situation. Ils la monétisent. Une lecture opportuniste d&rsquo;un arrêt du Tribunal suprême* espagnol rendu début juillet leur a suffi.</p>
<h3><strong>Le sol a bougé</strong></h3>
<p>Le contexte n&rsquo;est plus celui de 1987. En mars 2022, Pedro Sánchez a reconnu dans le plan d&rsquo;autonomie marocain la base la plus sérieuse de règlement au Sahara. En octobre 2025, le Conseil de sécurité a consolidé cette orientation. Et fin avril 2026, la commission des crédits de la Chambre des représentants américaine a inséré dans un rapport budgétaire une formule sans précédent : Sebta et Melilia y sont décrites comme des villes administrées par l&rsquo;Espagne mais situées en territoire marocain, objet d&rsquo;une revendication ancienne du Royaume, et le secrétaire d&rsquo;État y est encouragé à favoriser un engagement diplomatique entre Rabat et Madrid sur leur statut futur.</p>
<p>Même si ce rapport d&rsquo;accompagnement budgétaire n&rsquo;a aucune portée législative , sa valeur est ailleurs. Pour la première fois, un document du Congrès traite comme ouverte une question que Madrid tenait pour close ;</p>
<h3><strong>Ouvrir le dialogue</strong></h3>
<p>La solution ne viendra ni d&rsquo;une suspension de Schengen, qu&rsquo;aucun texte européen ne prévoit sous cette forme, ni d&rsquo;un mur supplémentaire. Elle viendra de ce que l&rsquo;Espagne refuse depuis 1987 : une table, un ordre du jour, un calendrier. On y traiterait le statut des deux villes et des îles ; le régime frontalier et douanier des provinces de Tétouan et de Nador, qui vivent de cette frontière ; les garanties dues aux habitants de Sebta et de Melilia, dont une part importante est de culture marocaine et musulmane et la lutte conjointe contre les réseaux criminels qui s’enrichissent sur les drames et les morts par noyade.</p>
<p>Le Maroc ne demande ni marche ni coup de force. Il demande que la question soit posée entre voisins et entre alliés. Une décolonisation inachevée ne se referme pas d&rsquo;elle-même. Elle se rappelle.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>*L&rsquo;arrêt du Tribunal suprême espagnol  interdit le refoulement immédiat des migrants passant par mer</strong></p>
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		<title>Crise migratoire à Sebta: Laurent Nuñez active la Force frontière d&#8217;intervention rapide </title>
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		<pubDate>Sat, 01 Aug 2026 05:01:58 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Alors que des milliers de migrants sont entrés ces derniers Espagne par Sebta, ville en terre marocaine occupée par Madrid, Laurent Nuñez, ministre français de l&#8217;Intérieur a annoncé ce vendredi 31 juillet, le renforcement du contrôle à la frontière franco-espagnole. Laurent Nuñez a activé la Force frontière d&#8217;intervention rapide (FFIR) qui lutte contre l&#8217;immigration clandestine et &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Alors que des milliers de migrants sont entrés ces derniers Espagne par Sebta, ville en terre marocaine occupée par Madrid, Laurent Nuñez, ministre français de l&rsquo;Intérieur a annoncé ce vendredi 31 juillet, le renforcement du contrôle à la frontière franco-espagnole.</strong></p>
<p>Laurent Nuñez a activé la Force frontière d&rsquo;intervention rapide (FFIR) qui lutte contre l&rsquo;immigration clandestine et la fraude documentaire.</p>
<p>Dans la soirée, Madrid a annoncé que plus de 48.000 migrants étaient retournés volontairement au Maroc.</p>
<p>« Des contacts sont par ailleurs en cours avec les autorités espagnoles et marocaines afin d’assurer un suivi étroit de la situation et de renforcer la coordination entre les différents services concernés », a indiqué l&rsquo;entourage du président cité par BFMTV.</p>
<p>Le président de la République « a également souligné que la France se tient prête à apporter aux autorités espagnoles tout l’appui nécessaire, si celles-ci en expriment le besoin, y compris au travers de l’agence Frontex ».</p>
<p>« Ces mesures s’ajoutent à celles déjà prises en 2020 pour renforcer le dispositif de sécurisation de la frontière espagnole: doublement des forces de sécurité à la frontière espagnole, réforme du code Schengen en 2024 pour renforcer les contrôles, brigades communes et action coordonnée avec les autorités espagnoles pour lutter contre l’immigration clandestine », d&rsquo;après l&rsquo;entourage d&rsquo;Emmanuel Macron à BFMTV.</p>
<p>L’Espagne a assuré ce soir que la « quasi-totalité » des migrants entrés dans Sebta « sont déjà retournés au Maroc ». Madrid affirme que « l&rsquo;intégrité de l&rsquo;espace Schengen est absolument garantie ».</p>
<p>En Italie, le gouvernement a décidé de suspendre son espace de libre circulation avec l’Espagne pour un mois à partir de demain.</p>
<p>Les contrôles aux frontières aériennes et maritimes seront « ciblés » et ne concerneront que les ressortissants non européens arrivant d&rsquo;Espagne.</p>
<div class="content_post">
<p>Magnus Brunner, commissaire européen aux Affaires intérieures et aux Migrations, a répété ce soir sur X que « pas une seule personne n&rsquo;a franchi la frontière vers le continent européen ».</p>
</div>
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		<title>Les forces de l&#8217;ordre marocaines stoppent une tentative d&#8217;émigration clandestine à Fnideq</title>
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		<pubDate>Sun, 15 Sep 2024 13:54:04 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Les forces de l&#8217;ordre marocaines ont repoussé dimanche des centaines de Marocains et de ressortissants d&#8217;autres pays africains qui cherchaient à rallier l&#8217;enclave occupée Sebta (Ceuta), après des  appels sur les réseaux sociaux à l&#8217;émigration clandestine. Ces migrants, dont beaucoup de mineurs en majorité marocains, se sont dirigés dans l&#8217;après-midi vers le poste-frontière de la &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<h4><strong>Les forces de l&rsquo;ordre marocaines ont repoussé dimanche des centaines de Marocains et de ressortissants d&rsquo;autres pays africains qui cherchaient à rallier l&rsquo;enclave occupée Sebta (Ceuta), après des  appels sur les réseaux sociaux à l&rsquo;émigration clandestine.</strong></h4>
<p>Ces migrants, dont beaucoup de mineurs en majorité marocains, se sont dirigés dans l&rsquo;après-midi vers le poste-frontière de la ville marocaine de Fnideq, voisine de Ceuta, avant d&rsquo;être éloignés par la police.</p>
<p>Les candidats à l&rsquo;exil, dont un certain nombre originaires de pays d&rsquo;Afrique subsaharienne et des Algériens, se sont ensuite repliés vers des collines dans la zone frontalière.</p>
<p>Plus tôt dans la journée, un autre groupe de centaines de migrants avait tenté de rejoindre Ceuta, avant d&rsquo;être bloqué par les forces de sécurité.</p>
<p>Un important dispositif sécuritaire avait été déployé ce week-end à Fnideq après des appels sur les réseaux sociaux à rejoindre dimanche Ceuta, située sur la côte nord du Maroc, à environ 300 km de Rabat.</p>
<p>Malgré ce déploiement, des centaines de jeunes Marocains se sont rendus à Fnideq et les policiers ont passé toute la nuit à essayer de les attraper pour les renvoyer par autocar vers leurs villes d&rsquo;origine, selon les médias locaux.</p>
<p>Soixante personnes dont des mineurs ont été interpellés entre le 9 et le 11 septembre dans plusieurs villes marocaines, pour « fabrication et diffusion de fausses informations sur les réseaux sociaux incitant à l&rsquo;organisation d&rsquo;opérations collectives d&rsquo;émigration clandestine ».</p>
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		<title>Maroc: enquête judiciaire pour diffusion de « fake news » incitant à l&#8217;immigration illégale</title>
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		<pubDate>Wed, 29 Sep 2021 19:12:57 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[enquête]]></category>
		<category><![CDATA[Fake News]]></category>
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					<description><![CDATA[La préfecture de police de Tétouan a ouvert, mardi soir, une enquête judiciaire sous la supervision du parquet compétent pour identifier et interpeller toutes les personnes impliquées dans la diffusion de « fake news » et de contenus numériques via les systèmes informatiques incitant à l&#8217;immigration illégale et prétendant, à titre frauduleux, l&#8217;allègement des procédures de contrôle &#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>La préfecture de police de Tétouan a ouvert, mardi soir, une enquête judiciaire sous la supervision du parquet compétent pour identifier et interpeller toutes les personnes impliquées dans la diffusion de « fake news » et de contenus numériques via les systèmes informatiques incitant à l&rsquo;immigration illégale et prétendant, à titre frauduleux, l&rsquo;allègement des procédures de contrôle frontalier.</p>
<p>Les services de veille informatique relevant de la Sûreté nationale avaient détecté des postes publiés sur les réseaux sociaux et les applications de messageries instantanées sur les téléphones portables incitant à l&rsquo;immigration illégale, ce qui a nécessité le renforcement de la présence sécuritaire le long du littoral menant vers la ville de Fnideq, et ce en coordination avec les autres services sécuritaires compétents, indique un communiqué de la Direction Générale de la sûreté nationale (DGSN).</p>
<p>Lors de la mise en œuvre de ces dispositifs de sécurité, certains candidats à l&rsquo;immigration illégale ont procédé délibérément à des jets de pierres envers les forces publiques et refusé d&rsquo;obtempérer, ce qui a causé des dégâts matériels à deux véhicules particuliers garés près des lieux de l&rsquo;intervention, ajoute la même source, précisant que les patrouilles de police ont interpellé cinq personnes impliquées dans ces actes criminels.</p>
<p>Les cinq mis en cause ont été placés en garde à vue pour les besoins de l&rsquo;enquête judiciaire menée sous la supervision du parquet compétent, alors que les recherches et expertises techniques se poursuivent pour identifier l&rsquo;ensemble des complices impliqués dans la diffusion de ces contenus et de ces fausses informations incitant à la commission de ces actes criminels, conclut le communiqué.</p>
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