Tunisie: Le Premier ministre reconnaît des “relations compliquées” avec Essebsi

Le Premier ministre tunisien, Youssef Chahed, reconnaît des relations "parfois compliquées" avec le président Béji Caïd Essebsi, dans un entretien accordé au quotidien français Le Figaro.

"Le président est un homme d’État. Je traite avec lui dans le respect de la Constitution. Les relations ont pu être compliquées par moments, mais ce fut au niveau des institutions et non pas des personnes", déclare M. Chahed, en visite officielle à Paris jusqu’à vendredi.

Interrogé sur ses liens avec le parti islamiste Ennahdha, le Premier ministre se défend d’en être l’allié.

"Ce n’est pas moi qui ai amené Ennahdha au pouvoir. Je suis arrivé à la tête du gouvernement d’union nationale sous les auspices d’accords parrainés par le président de la République. Moi, je gère les affaires du pays".

Enfin, M. Chahed refuse de confirmer une éventuelle candidature aux élections qui doivent se tenir cette année: "Je n’y pense pas tous les jours en me rasant le matin…", lance-t-il avec humour, parodiant l’ancien président français Nicolas Sarkozy – qui lui, avait avoué "y penser (à la magistrature suprême) tous les jours en se rasant".

"Concernant les élections, ma première ambition est de réussir à les organiser, comme nous l’avons fait pour les municipales (en mai dernier). Ce sont des échéances importantes pour une jeune démocratie", conclut-il.

La Constitution tunisienne de 2014 prévoit que les législatives aient lieu dans les 60 jours avant la fin du mandat de l’Assemblée, soit entre début octobre et début décembre de cette année. La présidentielle est prévue entre fin octobre et fin décembre.

M. Chahed, qui doit rencontrer vendredi le président Emmanuel Macron, s’est auparavant entretenu à la mi-journée avec son homologue français, Edouard Philippe.

"Le couple tuniso-français se porte bien, en ce jour de Saint-Valentin", a-t-il lancé en souriant à la presse à l’issue de cette rencontre.

"La sécurité est un défi commun qui préoccupe nos deux pays", a répondu le Premier ministre tunisien à une question sur la difficile gestion du retour dans leur pays d’origine des jihadistes ayant combattu dans les rangs du groupe Etat islamique (EI).

"La question est sensible, regardée avec beaucoup d’attention, en très bonne coopération et avec un grand souci de discrétion", a abondé Edouard Philippe, en vantant "l’amitié forgée face à des défis communs".

"Je veux saluer le renforcement de notre coopération, les résultats qui ont été obtenus" contre la radicalisation et le financement du terrorisme, a ajouté le Premier ministre français.

Plusieurs accords ont été paraphés par des représentants des deux pays, notamment une conversion de dettes en projet de développement pour financer un projet d’hôpital, à hauteur de 60 millions d’euros.

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