FIFM 2019 : Le film colombien “Valley of Souls” de Nicolas Rincon Gille décroche l’Etoile d’Or

Le film colombien "Valley of Souls" (Tantas Almas) de son réalisateur Nicolas Rincon Gille, a décroché, samedi soir le Grand Prix "Etoile d’Or" de la 18ème édition du Festival International du Film de Marrakech (FIFM), lors de la cérémonie de clôture qui s’est déroulée au Palais des Congrès de la cité ocre.

Ce long métrage revient sur les événements de la Colombie en 2002 à travers le personnage de José qui, après une nuit particulièrement mouvementée, rentre chez lui et est accueilli par sa fille en pleurs qui lui apprend la tragique nouvelle : "Ils les ont emmenés". José sait alors que ses deux fils sont morts et que leurs corps ont été jetés dans le fleuve.

Pour lui, c’est le début d’un terrible voyage à la recherche des corps de ses garçons disparus. En cours de route, il est l’objet de touchantes attentions, mais doit aussi compter sur la constante menace d’une violence environnante et peut-être même sur la divine intervention des Saints.

Portrait tout en finesse de la peur et du deuil, en même temps qu’odyssée troublante et curieusement sereine, "Valley of Souls" se veut un plaidoyer intense en faveur de la paix au sein d’une société que la guerre civile continue à déchirer.

Cette cérémonie de clôture a été également marquée par la remise du Prix d’interprétation masculine, décerné à l’acteur australien, Toby Wallace, pour son rôle dans le film "Babyteeth" de la réalisatrice Shannon Murphy, où il a incarné le rôle de Moses, un trafiquant de drogue à la petite semaine, plein de fantaisie bien qu’un peu perturbé, dont la jeune adolescente Milla Finlay fait la rencontre au moment même où elle doit commencer une chimiothérapie. Elle en tombe amoureuse et s’épanouit dans cette relation, au grand désespoir de ses parents, tour à tour modernes mais confus, permissifs à l’excès ou surprotecteurs.

S’agissant du Prix d’interprétation féminine, il a été attribué ex-aequo aux deux actrices britanniques, Roxanne Scrimshaw et Nichola Burley pour leur performance dans le film "Lynn+Lucy" de Fyzal Boulifa, où elles ont campé le rôle de deux amies depuis l’école et jusqu’à aujourd’hui, âgées d’à peine plus de vingt ans, qui vivent en face l’une de l’autre dans des logements sociaux.

Mère de famille depuis l’âge de dix-huit ans, Lynn vient de décrocher son premier emploi. Lucy, elle, l’éternelle fêtarde, vient d’avoir un bébé. Quand Lucy est confrontée à un drame épouvantable, elle peut compter sur son amie Lynn pour lui venir en aide, même si le fidèle soutien de celle-ci peut se trouver écorné par de malveillants ragots.

Quant au Prix de la mise en scène, il est revenu au réalisateur tunisien Ala Eddine Slim pour son film "Tlamess", un long-métrage qui immerge les cinéphiles dans une expérience cinématographique étrange et singulière, une méditation unique sur les fondamentaux de l’existence actuelle et de la catastrophe à venir, ainsi que sur la relation de l’humain à la Nature, à l’amour, à la communion et à la procréation.

Le Prix du Jury, lui, a été remporté ex-aequo par les films chinois "Mosaic Portrait" de Zhai Yixiang et saoudien "Last Visit" (Akher Ziyara) de Abdulmohsen Aldhabaan.

"Mosaic Portrait" relate l’histoire de la jeune Ying, âgée de seulement 14 ans, qui est enceinte. Quand elle désigne l’un de ses professeurs comme responsable de son état, elle met en branle tout un engrenage d’enquêtes, de dénis et autres mécanismes de défense, à forte dominante masculine, mené par un père habituellement absent, des forces de police, un journaliste d’investigation et des supérieurs peu recommandables de son collège, alors que "Last Visit" raconte l’histoire de Nasser, qui a quitté son village natal il y a plusieurs dizaines d’années pour s’installer à Riyad, avant de décider de retourner chez lui en voiture, avec son fils Waleed âgé de seize ans, pour une dernière visite à son père mourant.

S’exprimant à cette occasion, la présidente du Jury, Tilda Swinton s’est dite très heureuse d’être à Marrakech, tout en se félicitant de cette expérience "magique" vécue tout au long de cette 18ème édition du FIFM.

Ce rendez-vous cinématographique international a permis aux membres du Jury et aux cinéphiles de faire la découverte et de célébrer ensemble des films et des cinéastes formidables, tout en établissant de nouvelles connaissances dans le cadre d’un esprit de camaraderie, s’est elle réjouie.

De leur côté, les lauréats de ce 18ème FIFM ont été unanimes à exprimer leur immense joie et grande émotion pour les distinctions qu’ils ont reçues dans le cadre d’un aussi prestigieux Festival devenu un rendez-vous cinématographique incontournable sur la scène mondiale.

Placée sous le Haut Patronage du Roi Mohammed VI, la 18ème édition du Festival International du Film de Marrakech a permis aux festivaliers et amoureux du cinéma de découvrir pas moins de 98 films provenant de 34 pays répartis en plusieurs sections : "La Compétition officielle", "les Séances de gala", "une section Hommage au cinéma australien", "les Séances spéciales", "Le 11è Continent", "le Panorama du Cinéma marocain", "la section Jeune Public", "les Projections Jemaa El Fna", "le Cinéma en audiodescription" et "la section Hommages".

A travers ses différentes sections, le Festival a proposé une sélection éclectique de films, qui a mis à l’honneur plusieurs univers cinématographiques originaires de différentes régions dans le monde, reflétant ainsi la diversité et la créativité de la production cinématographique internationale.

Ne dérogeant pas à sa règle, le FIFM a rendu une série d’hommages à des figures emblématiques du 7ème art, à savoir l’immense réalisateur, producteur et acteur américain Robert Redford, le grand cinéaste français Bertrand Tavernier, la star du cinéma marocain Mouna Fettou et l’icône de Bollywood Priyanka Chopra Jonas.

Par ailleurs, douze grands noms du cinéma mondial ont été en conversation libre (In Conversation With) avec le public de la cité ocre lors de cette édition. Il s’agit notamment du cinéaste, acteur et producteur américain Robert Redford, l’actrice française oscarisée Marion Cotillard, le multi-récompensé réalisateur palestinien Elia Suleiman, le producteur britannique indépendant Jeremy Thomas, ou encore l’acteur américain culte Harvey Keitel, ainsi que les stars Priyanka Chopra Jonas, Golshifteh Farahani, Hend Sabri et Luca Guadagnino.

Le Festival a été marqué, en outre, par l’organisation de la 2ème édition des "Ateliers de l’Atlas", un programme dédié aux cinémas d’Afrique et du Moyen-Orient, qui a réuni 270 professionnels internationaux autour d’une sélection de 28 projets portés par une nouvelle génération de cinéastes marocains, arabes et africains.

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