Sebta : « L’Italie n’accepte ni ultimatum ni impositions de l’extérieur », réplique Rome à Madrid

L’Italie a rejeté vendredi l’ultimatum posé par l’Espagne, réaffirmant le maintien de ses contrôles frontaliers instaurés après la crise migratoire à Sebta, jusqu’au 15 août au moins.

Un rejet immédiat et sans ambiguïté
L’Italie a répliqué le jour même à l’ultimatum espagnol. « Nous n’avons en aucun cas l’intention de revoir notre décision de suspendre l’application de l’accord de Schengen aux ressortissants de pays tiers arrivant d’Espagne », a affirmé le gouvernement italien dans un communiqué, précisant que cette mesure ne serait pas réexaminée avant le 15 août. « L’Italie n’accepte ni ultimatum ni impositions de l’extérieur en matière de sécurité nationale et de contrôle des frontières », poursuit le texte, ajoutant que la décision a été prise « sans préjudice » et s’inscrit « dans la continuité de mesures similaires » adoptées par le passé.

Une mesure ciblée mais fermement maintenue
Rome avait annoncé le 31 juillet la fermeture de ses points d’entrée maritimes et aériens aux ressortissants non européens en provenance d’Espagne, une mesure présentée comme « nécessaire pour protéger la sécurité de nos citoyens et défendre les frontières de l’Europe » par le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani. Le ministère de l’Intérieur italien avait précisé que ces contrôles n’auraient aucun impact sur les voyages des citoyens espagnols et européens vers l’Italie, tout en confirmant qu’à la suite de discussions avec la France, les deux pays allaient renforcer leurs contrôles aux frontières terrestres.

Une position qui traduit un isolement croissant de Madrid
Ce refus italien illustre les difficultés rencontrées par le gouvernement espagnol pour obtenir un soutien européen unanime dans la gestion de cette crise, l’Italie ayant été rejointe ces derniers jours par la Finlande et le Danemark dans ses critiques envers Madrid. Cette séquence contraste avec la coopération saluée entre Rabat et Madrid sur le terrain, où le retour des migrants vers le Maroc s’est déroulé à un rythme jugé rapide et efficace par les autorités espagnoles elles-mêmes, sans qu’un tel satisfecit n’ait pu être obtenu, à ce stade, de la part des partenaires européens de l’Espagne.

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